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Homonationalisme
« L’homonationalisme est un régime d’inclusion différentielle. Ce n’est pas un complot ni une trahison, mais une manière d’organiser les différences : en rendant certaines visibles et célébrées, et d’autres invisibles, pathologisées ou criminalisées. »
En parlant d’homonationalisme, Jasbir K. Puar désigne un double mouvement : d’une part, l’intégration partielle et conditionnelle de certaines subjectivités LGBTQIA+ dans la norme nationale ; d’autre part, l’exclusion concomitante d’autres figures – migrant·es, musulman·es, femmes voilées, queers ou trans pauvres et/ou non-blanc·hes. Elle montre, avec une précision redoutable, que les politiques de diversité, d’inclusion et de droits sexuels peuvent devenir des instruments d’hégémonie, tout en consolidant les hiérarchies raciales, de classe et de genre.
La reconnaissance des minorités sexuelles n’est pas nécessairement un acte d’émancipation, mais peut fonctionner comme une technologie de pouvoir, qui distingue les sexualités « tolérables » et celles qui ne le sont pas, les citoyen·nes « civilisé·es » et les « autres », racialement ou religieusement marqué·es. C’est pourquoi Homonationalisme constitue un texte fondamental : il rappelle que toute critique véritable du pouvoir suppose de décrire les promesses qu’il fait – surtout celles qui se présentent comme progressistes.
En parlant d’homonationalisme, Jasbir K. Puar désigne un double mouvement : d’une part, l’intégration partielle et conditionnelle de certaines subjectivités LGBTQIA+ dans la norme nationale ; d’autre part, l’exclusion concomitante d’autres figures – migrant·es, musulman·es, femmes voilées, queers ou trans pauvres et/ou non-blanc·hes. Elle montre, avec une précision redoutable, que les politiques de diversité, d’inclusion et de droits sexuels peuvent devenir des instruments d’hégémonie, tout en consolidant les hiérarchies raciales, de classe et de genre.
La reconnaissance des minorités sexuelles n’est pas nécessairement un acte d’émancipation, mais peut fonctionner comme une technologie de pouvoir, qui distingue les sexualités « tolérables » et celles qui ne le sont pas, les citoyen·nes « civilisé·es » et les « autres », racialement ou religieusement marqué·es. C’est pourquoi Homonationalisme constitue un texte fondamental : il rappelle que toute critique véritable du pouvoir suppose de décrire les promesses qu’il fait – surtout celles qui se présentent comme progressistes.
- GenresTheory
256 pages, Paperback
First published January 1, 2026
About the author
Jasbir K. Puar
15 books197 followersJasbir K. Puar is Associate Professor of Women’s & Gender Studies at Rutgers University. She has also been a Visiting Lecturer in the Department of Performance Studies at NYU and a Visiting Fellow at the Institute for Cultural Inquiry in Berlin. She received her Ph.D. in Ethnic Studies from the University of California at Berkeley in 1999 and an M.A. from the University of York (UK) in Women’s Studies in 1993. Her research interests include gender, sexuality, globalization; postcolonial and diaspora studies; South Asian cultural studies; and theories of assemblage and affect.
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Community Reviews
Displaying 1 - 2 of 2 reviews
March 18, 2026
J'aurais adoré lire Terrorist Assemblages à sa sortie, forcément vingt ans plus tard on connait les grandes lignes de l'argumentaire très efficace de Puar. Son concept d'homonationalisme fait aujourd’hui pleinement partie du lexique queer et militant -- bien que, et Puar le regrette elle-même, la définition usuelle qu'on en fait est trop restreinte à la dénonciation de l'instrumentalisation fasciste du queer.
Terrorist Assemblages et le concept d’homonationalisme ne portent pas (que) sur l'intégration des queers blancs à l’appareil national, patriote et impérialiste. L’homonationalisme c’est l’émergence, aux US dans les années 1990-2000, d’un assemblage biopolitique au sein duquel se co-constituent une normativité sexuelle (hétéro et homo) nationaliste, impérialiste et sécuritaire, et un imaginaire du corps terroriste exogène, racisé, musulman et "pédalisé" (faggotized), qui est à la fois le produit et la condition de la nouvelle normativité sexuelle (blanche, américaine, patriote).
J'étais moins séduit par les détours sémiologiques du dernier chapitre sur les photographies d'Abou Ghraib, mais faut reconnaître que c'est une étude de cas efficace pour illustrer et clore son argumentaire.
Terrorist Assemblages et le concept d’homonationalisme ne portent pas (que) sur l'intégration des queers blancs à l’appareil national, patriote et impérialiste. L’homonationalisme c’est l’émergence, aux US dans les années 1990-2000, d’un assemblage biopolitique au sein duquel se co-constituent une normativité sexuelle (hétéro et homo) nationaliste, impérialiste et sécuritaire, et un imaginaire du corps terroriste exogène, racisé, musulman et "pédalisé" (faggotized), qui est à la fois le produit et la condition de la nouvelle normativité sexuelle (blanche, américaine, patriote).
J'étais moins séduit par les détours sémiologiques du dernier chapitre sur les photographies d'Abou Ghraib, mais faut reconnaître que c'est une étude de cas efficace pour illustrer et clore son argumentaire.
August 10, 2026
Je suis reconnaissante d'avoir pu lire cet ouvrage, surtout de comprendre mieux ce concept qu'on associe aujourd'hui à celui Pink washing, sans parfois prendre en compte son aspect historiquement situé. Ici, l'ouvrage insiste beaucoup sur les gender mais AUSSI terrorism studies en prenant en compte l'exemple de torture perpétuée en Irak et du "scandale" d'Abou Ghraib, ce qui rappelle fortement l'actualité avec des débats que l'on retrouve encore qui contredisent les logiques homonationalistes contemporaines (ex : Queers for Palestine, décrié la droite neoliberale).
Cependant, le livre est bien trop dense de références. Foucault et Mbembe sont pour moi les plus essentielles quant à ses conclusions. Mais je pense qu'il est essentiel de le contextualiser davantage. Plusieurs parties sont rendues bien trop complexes également via les formulations (est-ce la traduction de l'anglais au français qui fait cet effet ?
Je ne crois pas, les commentaires en vo font la même remarque), et cela complique parfois sans effet bénéfique la théorisation et l'argument de la chercheuse.
J'ai malgré tout hâte d'en lire davantage à ce sujet dans le cadre de ma recherche, car l'actualité de ce concept est essentielle à comprendre dans notre conception des discours politiques tenus en francophonie
Cependant, le livre est bien trop dense de références. Foucault et Mbembe sont pour moi les plus essentielles quant à ses conclusions. Mais je pense qu'il est essentiel de le contextualiser davantage. Plusieurs parties sont rendues bien trop complexes également via les formulations (est-ce la traduction de l'anglais au français qui fait cet effet ?
Je ne crois pas, les commentaires en vo font la même remarque), et cela complique parfois sans effet bénéfique la théorisation et l'argument de la chercheuse.
J'ai malgré tout hâte d'en lire davantage à ce sujet dans le cadre de ma recherche, car l'actualité de ce concept est essentielle à comprendre dans notre conception des discours politiques tenus en francophonie
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