Virginia Woolf se serait-elle jetée dans la rivière si elle avait pu regarder Buffy contre les Vampires ? Le 28 mars 1941, sur le bord de la rivière où elle compte se donner la mort, Virginia trouve un objet étrange qui lui permet de regarder une série télévisée à propos d'une adolescente choisie pour combattre les forces du Mal. Curieuse, elle rebrousse chemin et, depuis son lieu à elle, commence son visionnage. Par son roman uchronique, Ivan Berquiez vise à participer à une relecture féministe et queer de la biographie de l'écrivaine britannique en repensant l'impact que sa bisexualité, sa maladie mentale ou encore son vécu de violences incestueuses ont eu sur sa vie et son œuvre.
Quand Virginia Woolf rencontre Buffy contre les vampires
Une fin qui pétille, une fin qui fait du bien. Un récit qui nous porte et qui vient appliquer du baume sur nos cœurs fatigués par nos luttes quotidiennes
Virginia Woolf s'apprête à mettre fin à ses jours, elle remplit ses poches de pierres et va à la rivière l'Ouze. Sur place, elle trouve une boite qu'elle ouvre, elle contient une espèce de miroir noir (écran) qu'elle touche et devant ses yeux ébahis, commence alors le générique de Buffy the Vampire Slayer. Intriquée et impressionnée (elle n'a jamais vu ça), elle interrompt son projet, rentre chez elle et comment à binge watcher la série. Ce pitch est ouf, complètement barré mais ça marche trop bien. Déjà c'est écrit de manière addictive, comme justement une série où à la fin de chaque chapitre (épisode), on a envie de savoir la suite. Très belle langue. Ensuite, l'auteur (oui, c'est le deuxième homme en un mois que je lis, 2026, plein de surprises) tisse un parallèle entre 2 femmes différentes, vivant dans 2 époques différentes mais avec toujours la même violence patriarcale. En regardant Buffy, Virginia va s'interroger sur sa propre vie, son œuvre et essayer de comprendre ses traumas, fêlures, blessures (c'est une forme de thérapie pour elle). L'auteur propose également une lecture queer de la série et c'est cool. Je n'ai jamais vu Buffy contre les vampires, je la regarde à travers les yeux de Virginia. Beaucoup de thématiques sont abordées : être femme et autrice, la rivalité féminine, l'amitié amoureuse, la bisexualité, le lesbianisme, le stress posttraumatique, le pouvoir des histoires, etc. J'ai un réel plaisir de lecture, complètement happée.
Alors c’était vraiment chouette et même sans avoir vu la série buffy j’ai beaucoup aimé. Il y a des chapitres moins bons que d’autres, quelques longueurs je dirai mais le centre du livre est vraiment très intéressant et touchant et la fin est très émouvante et belle !
J'ai lu ce livre parce que je suis une grande fan de Buffy (j'ai toute la série, celle d'Angel aussi) et que, ayant lu récemment "Une chambre à soi", j'avoue avoir été intriguée par le duo Virginia/Buffy ! En gros, au moment d'aller se jeter dans la rivière, Virginia, gravement malade, tombe sur un écran magique où elle découvre les aventures de Buffy. Elle dévore la série, les 6 saisons, en faisant des comparaisons entre la vie de Buffy, jeune femme du XXIe siècle forte mais qui aimerait pouvoir vivre différemment de sa... vocation, et celle des femmes de sa propre époque. C'est un livre féministe et bien que le concept même soit étonnant, j'ai beaucoup aimé les réflexions suscitées par ces aventures. J'ajouterai en plus qu'Ivan Berquiez écrit très bien et que j'ai passé un excellent moment de lecture.
J’ai beaucoup aimé la façon dont le livre est pensé. L’idée de faire se rencontrer ces 2 mondes, époques et surtout la mise en perspective du passé, du présent et de l’avenir. Un livre qui fait du bien, qui m’a donné de l’espoir et du courage.