Est-il condamnable de tuer une personne responsable de la mort et de la souffrance de milliers d’autres ? Luigi Mangione, érigé en icône par une partie du monde, est accusé d’avoir assassiné Brian Thompson, PDG de la première assurance santé privée des États-Unis. Son geste présumé est évidemment illégal, alors que celui de sa victime, responsable d’une politique agressive de refus de remboursements de soins souvent vitaux, est tout à fait acceptable, voire estimable dans le système capitaliste. La violence du capitalisme, c’est une violence que l’on cache, qui est discrète, qui se décide avec des PowerPoint et qui pourtant s’exerce partout, aux États-Unis, en France et dans le reste du monde. Face à cette violence, ne devrions-nous pas hausser le ton et changer de tactique ? Jusqu’à quel point et à quel prix ? Ce sont ces questions que la personnalité de Luigi Mangione soulève, de façon spectaculaire et dérangeante. Ce sont ces questions que ce livre pose et qu’il se propose de traiter.
Lecture de rigueur à la veille du 10 septembre. Bien moins une éloge de l'assassinat politique que d'une tentative de décrire la violence dans la lutte des classes. Framont décrit la violence acceptable et invisible du capitalisme et de l'impérialisme, et la violence inadmissible et toujours trop visible de la moindre action radicale venue de ceux d'en bas. Le livre cherche à recentrer cette question de la violence de classe dans le débat, pas comme une solution à tout mais comme quelque chose d'omniprésent et dont il ne faut pas avoir peur par principe, de rappeler qu'aux yeux de la société capitaliste, cela revient au même de tuer un PDG, de faire grève ou de briser un abri bus, la violence n'est acceptable que quand elle vient d'en haut. De comment avoir abandonné la radicalité d'action (pas seulement la violence physique donc) n'a jamais servi à mieux lutter, à obtenir plus du capitalisme, mais lui a justement permis de mieux canaliser la lutte et les revendications des travailleurs à travers des faux semblants. Loin des beaux discours sur les valeurs de la République, le livre rappelle que la peine de mort ne sera jamais vraiment aboli tant que la bourgeoisie continuera de contrôler nos vies, et donc nos morts, au nom du profit. Ca se lit super bien, super vite, c'est très clair, très bien rythmé, encore un banger de Nicolas Framont.
Saint Luigi est un essai engagé et révoltant qui nous confronte concrètement à la violence exercée par les classes dominantes et le capitalisme. C’est aussi une analyse intéressante des moyens de lutte et de leur efficacité et de la pertinence du recours à la violence face à celle que nous subissons. Attention, on en ressort sincèrement en colère avec l’envie de tout cramer, mais c’est aussi un essai passionnant et important à lire pour les réflexions qu’il propose et qui sont plus que jamais nécessaires.
Essai et analyse très pertinente et nécessaire. Le livre est très sourcé et très riche d’histoires toutes plus déprimantes sur notre société capitaliste. Finalement le livre ne se concentre pas que sur l’affaire mangione, il va bien plus loin que cela et interroge le fonctionnement du système capitaliste sur différents aspects. Je trouve ce livre accessible, il peut parler de chose complexe mais toujours bien défini et sourcé ce qui rend la lecture agréable. Aussi l’auteur part quand même souvent dans plusieurs direction, très souvent il part sur une idée puis finalement revient sur autre chose et traite la première idée plus tard, personnellement ca ne m’a pas dérangé car je fonctionne aussi comme ça et que finalement c’est assez bien fait. Un livre nécessaire à lire qui nous questionne et plante des graines sur la réponse face à la violence du capitalisme.
En prenant pour point de départ l’affaire Luigi Mangione et le système de santé aux États-Unis et en France, Nicolas Framont signe une réflexion aboutie sur le rapport de force avec les gouvernements et les grandes entreprises, et interroge les moyens d’action face à la violence du capitalisme.
Un essai vraiment fluide et accessible à la lecture, condensé et néanmoins riche dans ce qu’il propose de constat et d’idées.
« Devenir Luigi Mangione, c’est refuser de vivre heureux dans un monde de malheur et d’injustice […] Devenir Luigi Mangione, c’est se demander comment on peut faire changer un système oppressif, selon quelle stratégie et en prenant quels risques, sur le plan moral, philosophique et politique. »
« Devenir Luigi Mangione, c'est se demander comment on peut faire changer un système oppressif, selon quelle stratégie et en prenant quels risques, sur le plan moral, philosophique et politique. »
Voilà comment je découvre Nicolas Framont, enfin, même si j’ai pu tomber sur ses autres écrits en librairie je n’avais encore jamais pris le temps de me poser pour le lire ; J’avoue que Saint Luigi m’a donné envie de réellement m’y mettre.
À travers 3 chapitres, il réussit à analyser et exposer avec des exemples [nous concernant tous] d’où vient l’acte qui aura changé la vie de Luigi Mangione. Je trouve que, même s’il est possible que vous puissiez penser que ce qu’il expose sont des faits connus de tous, c’est quand même super important de le lire et de réaliser qu’une révolution est toujours possible (même si je reste un tantinet pessimiste, mais bon). Le texte m’a donné, mainte et mainte fois, envie de m’arracher les cheveux parce que pour chaque thématiques, chapitres, exemples, j’avais moi même des exemples à sortir de ma propre vie et de mon entourage. C’était triste et révoltant d’être mis face au « je m’enfoutimse » dont fait preuve le gouvernement et la société quand on fait partie de la classe dominé.
Franchement, à offrir à vos potes qui pensent qu’ils vont devenir millionnaire comme le pense les Obama et Macron… Pour leur rappeler tout de la filière santé jusqu’au monde du travail nous rapproche plus d’une future vie de sans abris que d’Elon Musk.
J’ai vraiment envie de lire ses autres écrits parce que je sais qu’ils doivent encore meilleur que celui-ci.
Globalement pertinent. Le livre commence en plaçant le focus sur l’action individuelle, très discutable, pour ensuite dézoomer dans le but d’en faire l’analyse symbolique, éminemment politique. Le tout fonctionne bien et se lit plutôt facilement. Une bonne porte d’entrée pour ceux qui veulent commencer la lecture de bouquins anticapitalistes.
Dans ce court essai de 140 pages, Nicolas Framont part de l'assassinat de Brian Thompson, PDG de la première assurance santé privée des États-Unis, et de la figure médiatique de son assassin présumé, Luigi Mangione, érigé en icône mondiale, pour s'intéresser à la question de la violence politique et plus généralement des moyens d'action.
Face à la violence symbolique mais aussi physique de la classes bourgeoise, qui vole des vies, raccourcit nos espérances de vie ou de vie en bonne santé, quels sont nos moyens de résistance ? Comment éviter le piège du "dialogue social" inutile et démobilisateur ? Jusqu'où peut-on aller pour se défendre et défendre nos idéaux ? Y'a-t-il une ligne rouge à ne pas franchir, et où faut-il la tracer ? Comment faire la révolution sans sombrer dans le totalitarisme ? Autant de questions que l'auteur aborde dans ce texte accessible et mobilisateur.
J’ai beaucoup aimé les 50 premières pages. Toutefois, j’ai eu plus de difficulté à me reconnaître dans le reste du livre. Je comprends la colère exprimée, mais je ne me positionne pas de la même manière notamment sur la partie concernant la France avec laquelle je ne suis pas forcément d’accord. Cela dit, j’ai beaucoup appris sur les États-Unis. Le livre est très accessible et instructif mais je l’ai trouvé trop militant à mon goût.
Un chouette petit bilan des 10 années macroniste que nous venons (et allons encore) vivre tout en rappelant l’inspiration américaine qui se cache derrière cette crise social, écologique et économique. Un équilibre idéologique si je puis dire concernant Luigi Mangione et son acte.
Lecture très enrichissante et pertinente, dans ce livre l’affaire Luigi Mangione est très bien utilisée pour aborder différentes thématiques super intéressantes, sans sacralisation et en ayant une vraie réflexion politique sur nos luttes actuelles !
On passe notamment par l’explication de la violence du capitalisme dans le domaine de la santé (qui tue chaque jour) à travers un certains nombre de faits et de chiffres, puis par une réflexion sur nos luttes et nos modes d’actions toujours plus pacifiques et institutionnalisé (donc leur échec total à produire un rapport de force nécessaire à un réel changement social). On finit par un questionnement sur l’utilisation de la violence dans nos luttes et la nécessité de penser cette question dans les collectifs révolutionnaires.
Le livre est assez court et encore une fois Nicolas Framont a un propos clair, cohérent et percutant qui fait réfléchir et appel à l’action collective !
J’ai l’impression que ce livre pose plus de questions qu’il n’y répond, mais c’est peut-être ce dont on a besoin en ce moment, dans un premier temps : s’autoriser à se réinterroger sur la possibilité du recours à la violence contre les structures oppressantes et leurs représentants, du point de vue de la morale comme de l’efficacité. J’en sors assez convaincue de la pertinence du « principe de diversité des tactiques » auquel Framont dit souscrire avec Peter Gelderloos. J’ai aussi trouvé intéressante la comparaison du cas de Mangione avec les assassinats politiques des années 70 (Action Directe, Fraction Armée rouge, Brigades rouges…). Une bonne lecture.
j'avais très hâte de le lire et je vais sûrement le relire pour mieux comprendre. j'ai moins aimé les parties sur la france, mais j'ai vu des similarités avec le Québec