Depuis quarante ans, en Europe comme en Amérique du Nord, la notion de « civilisation judéo-chrétienne » a envahi l'espace public. Ce livre propose une analyse rigoureuse et fondamentale qui dévoile les mécanismes de cette invention et ses conséquences profondes sur la perception de l’histoire et des relations internationales contemporaines.
Sophie Bessis (Arabic: صوفي بسيس) is a Tunisian-born French historian, journalist, researcher, and feminist author. She has written numerous works in French, Spanish, and English on development in the Maghreb and the Arab world, as well as the situation of women. A history scholar and former editor-in-chief of the weekly magazine Jeune Afrique, she is currently a research associate at the Institute for International and Strategic Relations (IRIS) in Paris and Deputy Secretary General of the International Federation of Rights Leagues (FIDH). She has taught the political economy of development at the Department of Political Science at the Sorbonne and in the Institut national des langues et civilisations orientales (INALCO). She is a consultant for UNESCO and UNICEF, has carried out numerous missions in Africa.
je veux pas noter ma lecture parce que je suis pas assez renseignée sur le sujet pour savoir si c’est vraiment aussi bien que j’ai le sentiment que c’est, mais j’ai appris plein de choses et les réflexions sont super pertinentes
Raisonnement impeccable comme d habitude, érudition et intuitions démontrent comment l'objet forgé " judéo-chrétien" devenu un mot passepartout est une imposture qui occulte des siècles d antisémitisme, simplifie l histoire aux dépens de la diversité réelle, mais aussi plus dangereusement une arme qui exclut la part d orient en Europe, de judéité dans le monde arabe , est instrumentalisée par les extrêmes droites partout et sert actuellement au gouvernement d Israël à enrôler l'occident dans ses atrocités en barrant de tous côtés les routes vers la paix.ces routes passeront par les valeurs universelles auxquelles Sophie Bessis ne renonce pas.
Parfait résumé des éléments nous faisant dire à quel point parler de civilisation judéo-chrétienne est une absurdité historique et moral ne se basant que sur la haine et la peur des musulmans alors que la civilisation la plus violente envers les juifs était bien celle occidentale
Alors que l'Europe se voulait depuis deux millénaires l'héritère d'Athènes et de Rome, des intellectuels ont lancé depuis 40 ans l'dée que notre société occidentale serait maintenant judéo-chrétienne. C'est contre cette idée que l'historienne Sophie Bessis montre dans la nouvelle édition de son livre, à quel point cette notion est dénuée de fondements historiques. Désignant amis et ennemis, elle est en revanche soutenue à la fois par les extremistes israeliens et par les fondementalistes islamistes, mais aussi désormais par la droite et l'extrême droite occidentales, les partis de cette mouvance, souvent héritiers d'un terrible passé antisémite, cherchant à le faire oublier en se mobilisant sur une nouvelle cible.
A lire absolument pour comprendre le déni de la part de certains gouvernements européens face au génocide en Palestine.
« L’instauration, puis la sacralisation, d’une identité « judéo-chrétienne » a permis de clore sans autre forme de procès la longue séquence de l’antijudaïsme chrétien et d’occulter le fait que la première altérité contre laquelle s’est construite l’Europe chrétienne a été l’altérité juive. »
« L’innocence absolue d’Israël dont l’Occident, confortant de la sorte le roman sioniste, a fait l’incarnation du juif nouveau, du juif d’après le génocide, est la condition sine qua non de la restauration de l’innocence occidental. Le problème est qu’en face de l’innocent il doit toujours y avoir un coupable. Et puisque le Palestinien est l’ennemi d’Israël, celui qui conteste sa légitimité à conquérir, à occuper et à soumettre, il est devenu le coupable. A l’indispensable innocence d’Israël correspond donc la nécessaire culpabilité des Palestiniens. «
4.5 C'est un bon essai qui détaille l'imposture du "judéo-chrétien" et son instrumentalisation politique. L'occident est antisémite depuis des siècles et encore aujourd'hui. J'ai appris qu'une grosse partie du mouvement sioniste est également antisémite.
Point négatif : Lorsqu'elle parle de la "guerre" entre Israël et la Palestine (elle ne dut pas génocide), elle ne met pas du tout en avant le caractère systémique de la colonisation et du génocide. Israël tue et colonise intentionnellement, il suffit juste d'écouter les hommes qui gouvernent Israël pour le voir.
A short but very well-detailed analysis of the expression Judeo-Christian, which has replaced Greco-Roman as the bedrock of Western civilisation, with the underlying links with historical and crypto-antisemitism, and the exclusionary tactics this expression entails for especially Muslim-culture-originating people.
Le postulat accroche, le développement est très bien étayé, j'y connais pas grand chose mais le rappel historique et son analyse sont super fluides. Sophie Bessis rappelle à juste titre l'antisemitisme latent modelé en Europe occidentale. À lire !
simple à comprendre, va droit au but, cependant certains a priori et pre-supposés qui sortent un peu de nulle part après jv pas critiquer la rigueur d'une chercheuse mais bon
C'est très intelligent, comme toujours avec Sophie Bessis. Dans ce texte qui est plus un pamphlet qu'un réel essai historique, l'historienne analyse les logiques qui sous-tendent à l'utilisation ad nauseam de cette expression comme outil d'omission de l'oppression millénaire subie par les Juifs en territoire chrétien, comme instrument d'exclusion de l'Islam et comme tentative "d'occidentalisation" de deux religions orientales.
Brillante, aunque, en mi opinión, es una lástima que patine en ciertos aspectos hacia el final del libro.
Me parece muy desafortunado que afirme sin ningún tipo de complejo y con total rotundidad el supuesto antisemitismo ligado a los estados del Magreb y a sus nacionalismos y, luego, aclarado a pie de página con letras oportunamente diminutas desmienta lo dicho (con hechos indiscutibles) en un tono casi anecdótico. Obviando por supuesto el hecho de que los propios argelinos judíos reafirmaban su excepcionalidad al tomar bando con Francia tras siglos de convivencia y al aceptar su condición privilegiada de "ciudadanos de primera" frente al resto de argelinos durante la colonización. Ahí precisamente se refleja la voluntad de deshacerse de su parte oriental y difuminarse en esta supuesta civilización judeocristiana dominante. Por lo tanto, es absurdo e inaceptable señalar a los árabes, y en este caso al Magreb, como antisemitas y equiparar su rencor a haber sido despreciados y traicionados (en el mejor de los casos) por aquellos que SÍ veían como a su compatriotas al antisemitismo europeo.
Es una lástima que la conclusión centre casi toda su preocupación en el antisemitismo que pueda traer a largo plazo un "Estado" (del que antes no podía decirse nada, y ahora, de repente, todos quieren desvincularse) y deje en los márgenes la gravedad del crecimiento y la normalización de la cada vez más brutal violencia islamófoba actual.
Une lecture nécessaire qui remet en perspective l’existence même de l’expression « judéo-chrétien » et qui par cela tente d’expliquer ou en tout cas de comprendre des dynamiques contemporaines, qui sont tirées de dynamiques plus anciennes et ancrées dans nos sociétés. L’antisémitisme existe toujours, mais il est important de réaliser qu’il s’est transformé.
Cet ouvrage est encore plus nécessaire aujourd’hui, et il permet de mettre le doigt sur des dynamiques diverses qui explicitent l’existence de l’état d’Israel.
An extremely interesting essay on the construction of the concept of Judeo-Christian Civilisation and its political use in rewriting history in the West, particularly in converting right-wing anti-Semitism into philo-Semitism and constructing an age-old conflict between the “Arab-Muslim” enemy and "Judeo-Christian civilisation", while simultaneously serving as ideological support for Israel and its genocidal policies against the Palestinians. Essential reading!
Gran síntesis de los problemas derivados en aceptar como vértice central de la civilización occidental el término judeocristiano. Problemas que han derivado en guerras etno-religiosas abanderadas por una concepción falsa de la construcción de las sociedades en que vivimos.