« Avant, il y avait l’enfance. Je le sais. » Mais, Judith Godrèche, quelle enfant fut-elle ? Qui pour le dire ? Que lui a-t-on fait ? Et surtout qu’en a-t-elle fait ?
Judith Godrèche est actrice et réalisatrice. Elle a publié un premier roman, Point de côté, chez Flammarion (1995).
Juliette Godrèche raconte les VSS qu’elle a subies dans le milieu du cinéma. Un récit fort, courageux, nécessaire, combatif, parfois tortueux, qui remonte le temps et explore les souvenirs d’une enfant violentée.
« Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux » est la phrase posée sur une affiche qu’a vue Judith Godrèche dans une salle d’attente. Il y a deux ans, elle porte plainte pour viol dans cet endroit. Dessous, il y a un gros ours et une dînette. Judith Godrèche porte plainte contre Benoît Jacquot. Mis en examen, il présente leur relation comme une histoire d’amour consentie. On connaît la suite, les César, ses interviews, etc. Dans ce récit, assez décousu, Judith Godrèche se réapproprie sa vie en remodelant ses mots, pour trouver sa voie. Ses hésitations sont bouleversantes, naviguant entre justifications et révélations. De nos jours, il est de notoriété publique qu’à l’âge de quinze ans, une enfant est manipulée par son prédateur. Seulement, sa révélation, à mon avis, produit un tsunami qui va bien au-delà. Judith Godrèche propose une sorte de kaléidoscope à partir de photos, de lettres, de poèmes et de réponses à ses détracteurs. Cet essai démontre la déstabilisation qu’elle a subie, et qu’elle subit encore. « Prière de remettre en ordre avant de quitter les lieux » illustre la détérioration que de telles indignités provoquent. Chronique entière et illustrée ici https://vagabondageautourdesoi.com/20...
Le plume est très belle et c’est quelque chose qui me mets très en colère bizarrement. Savoir que des hommes (bien plus âgés) ont vampirisé le talent d’une toute jeune fille, qu’on ne saura jamais vraiment la carrière qu’elle aurait pu avoir sans avoir rencontré le fameux BJ. Comme tous les hommes de son genre, il aimait se croire pygmalion, il était la pour la mettre en valeur, pour la voir devenir une femme… ils sont tous incroyablement identique ça en est pathétique. Et puis quand la poupée se rebelle, le monsieur passe aux menaces de suicide, encore une fois, ils sont tous exactement pareils. C’est un livre un peu déroutant parfois car il ne s’agit pas d’une autobiographie linéaire ou d’un récit précis de sa relation avec le réalisateur, c’est plutôt une suite de réflexions sur qui elle était à l’époque, qui elle est aujourd’hui, et l’impact de cette relation sur tout le reste de sa vie. Elle y parle aussi de ses parents, de la souffrance de certaines réactions quand elle a commencé à parler, mais aussi de la manière dont les gens ignoraient totalement à quel point cette relation était malsaine à l’époque. Il y a des extraits d’interviews qui sont assez dingues quand même.