dans un propos à la fois critique et nuancé, Hammar aborde l'obsession de la politique (et des partis/ dirigeant.es/ partisan.es sur l'ensemble du spectre politique) avec le hijab, et particulièrement les femmes musulmanes qui le portent. plusieurs passages m'ont marqués (j'ai arrêter de compter le nombre de phrases sur lesquelles je me suis attardée pour les souligner), surtout la question du libre arbitre, du choix, de l'intentionnalité que possèdent (ou non) ces femmes concernant le port du hijab : "L'un des plus gros préjugés à l'égard des femmes portant le hijab est qu'elles sont soumises, et qu'elles n'ont donc pas choisi de porter le voile. [...] Nous n'aurions aucune agentivité." cette idée, qui regroupe l'ensemble des femmes portant le hijab dans une seule catégorie, ne tenant aucunement compte du contexte dans lequel ces femmes évoluent, est profondemment ancré dans la pensée coloniale de plusieurs pays, et je dirais même au Québec. l'opposition de ce libre arbitre aux fantasmes de certains sur la domination physique, mentale et spirituelle des femmes portant le hijab donne toute la nuance au texte qui est également ponctué de récits personnels de l'autrice sur sa propre expérience en tant que femme kabyle portant le voile en France ey au Québec. c'est un essai important, une véritable pépite qui, je l'espère, sera lu par plusieurs.
un livre brillant, qui fait beaucoup de bien même s'il témoigne de la violence de l'islamophobie
particulièrement apprécié qu'elle revient sur des endroits communs du féminisme et qu'on croit tenir pour acquis en rajoutant des choses très pertinente. on est pas en face d'un énième bouquin féministe qui dit toujours à peu de choses près la même chose.
L'autrice a su poser des mots sur des choses que je ne parvenais pas bien à articuler au niveau de ma relation avec le hijab comme objet politique, revendicateur et subversif. je la rejoins totalement sur les deux lignes politiques et religieuses qui nous emmène au voile. puis de toute manière quand on me demande pourquoi je le porte je réponds souvent que je le porte d'abord pour ma relation avec Dieu, puis une deuxième fois pour mes sœurs.
il faut que je le relise, car il me semble être un très bon outil pour accompagner ses réflexions militantes de terrain.