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A la chaîne

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" Eli Cranor est un brasier qui gagne du terrain à chaque livre ! " David Joy
Springdale, Arkansas. Gabriela et Edwin, tous deux d'origine mexicaine, travaillent depuis sept ans à la chaîne dans une usine de poulets, à quelques kilomètres du parc de caravanes où ils vivent. Espérant mettre assez d'argent de côté pour un jour partir ailleurs, ils supportent tant bien que mal leurs conditions de travail inhumaines et leurs salaires de misère. Le jour où le directeur de leur usine, Luke Jackson, renvoie Edwin sans ménagement ni réel motif, ce dernier est bien décidé à ne pas se laisser faire. Quitte à s'en prendre à Luke et à sa femme, Mimi, jeune mère au foyer. S'il veut seulement obtenir réparation et que justice lui soit rendue, les événements vont cependant très vite lui échapper. C'est le début d'une spirale infernale pour les deux couples, qui, de façon impitoyable, vont être mis face à leurs responsabilités.

Avec ce roman noir impérieux, salué par une critique unanime, l'auteur de Chiens des Ozarks nous donne à voir les conséquences du capitalisme sauvage, qui a fait du légendaire rêve américain un cauchemar sans nom. Au-delà de l'affrontement sans merci entre deux hommes, un nanti et un dépossédé, Eli Cranor s'attache ici avec une profonde empathie à leurs femmes, conférant ainsi à son récit un relief et une humanité saisissants. Cet état des lieux sans concession d'un désastre contemporain, d'un réalisme rare et d'un suspense de tous les instants, confirme avec éclat le talent de l'auteur, qui s'installe avec ce livre parmi les plus grands romanciers d'aujourd'hui.

" Eli Cranor fait son entrée parmi les plus grands. Je n'ai pas le terme exact pour décrire ce qu'il fait avec les mots : une prose posée mais empreinte de clairvoyance, et une attention constante pour ses personnages, leurs malheurs et leurs petites victoires, leurs rêves et leurs boulots minables, qui fait penser à Steinbeck. " Daniel Woodrell

" Eli Cranor est l'un de ces rares auteurs qui savent vous couper le souffle, vous tirer des larmes et vous faire jubiler, et tout ça en un seul paragraphe. " S. A. Cosby

302 pages, Kindle Edition

Expected publication February 5, 2026

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About the author

Eli Cranor

18 books485 followers
Eli Cranor played quarterback at every level: peewee to professional, and then coached high school football for five years. These days, he's traded in the pigskin for a laptop, writing from Arkansas where he lives with his wife and kids.

Eli's novel Don't Know Tough was awarded the Peter Lovesey First Crime Novel Contest and will be published by Soho Press in 2022. Over the course of his career, Eli's fiction has garnered multiple awards (2018-The Missouri Review; 2017-Greensboro Review). Along with fiction, Eli writes a nationally-syndicated sports column, and his craft column, "Shop Talk," appears monthly over at CrimeReads. Eli is currently at work on his next novel.

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Bruno Menetrier.
304 reviews4 followers
Review of advance copy received from Netgalley
January 21, 2026
Dans les Monts Ozarks, Eli Cranor revisite la lutte des classes à sa façon.
Mais son roman noir cache aussi une forte histoire de "mères" et il dédicace son livre « à toutes les mamans ici-bas ».

Eli Cranor avait fait une entrée remarquée l'an passé avec son premier roman traduit en français : Chien des Ozarks (Sonatine).
Avec À la chaîne, il nous emmène de nouveau chez lui, dans l'Arkansas, au pied des Monts Ozarks - une région déshéritée qui, décidément, aura inspiré toute une génération d'écrivains étasuniens.
Le lecteur aura ici la démonstration que « tout rêve américain naissait d’un cauchemar. Chaque fortune, même modeste, était bâtie sur un terrible péché ».
La traduction de l'américain est signée Emmanuelle Heurtebize.

Il y a là deux couples que tout oppose.
Du bon côté de la ville, chez les riches, Luke Jackson, sa femme Amelia dite Mimi et leur bébé Tucker : ils sont « au sommet de la chaîne alimentaire américaine ».
En face, dans l'Amérique d'en-bas, celle des pauvres d'un camp de mobil-homes, deux immigrés mexicains, Edwin et sa compagne Gabriela dite Gabby.
Luke Jackson est le patron d'une usine qui débite des poulets à la chaîne.
« Pour gérer une usine efficacement, on devait s’arranger avec la vérité, petits mensonges et données tronquées. Être le patron, dans quelque domaine que ce soit, exigeait cela. [...] C’était pour la bonne cause. Les gens avaient besoin de manger et la main-d’œuvre immigrée avait besoin de bosser. »
Comme beaucoup d'autres, les deux mexicains y triment depuis des années, dans des cadences infernales, obligés de travailler sans pause pipi, avec des couches pour incontinents.
Quant au paiement des heures supp, inutile de demander.
« À la fin de son service, comme chaque jour, plus de vingt mille poulets auraient défilé devant le poste de Gabby.
[...] Dire que sa mère s’imaginait encore que sa fille vivait le rêve américain. »
Le jour où tout s'enclenche dans ce roman noir, Edwin se fait virer de l'usine et décide sur un coup de tête, de kidnapper le tout jeune Tucker : « cela avait sonné le début de la fin ».

La rançon demandée ne sera pas bien élevée : cinquante mille dollars, c'est le décompte des heures supp non payées que Gabby tenait à jour scrupuleusement dans un cahier. Juste pour dire. De quoi se demander « quelle sorte de mère fait ça ? ».
« Sauf que personne ne connaissait vraiment Luke Jackson », personne ne sait vraiment qui peut se cacher derrière « un mari à peu près correct et un père aimant ».
« Les types comme Luke ne se retrouvaient pas au sommet par hasard. Cela impliquait des sacrifices. Des heures et des heures de travail » et il fera tout pour que « personne n’apprenne que Luke était passé à deux doigts de l’échec ».

C'est la recette habituelle de tout bon roman noir : dès les premières pages, l'auteur réunit tous les ingrédients pour que ça se passe mal, vraiment mal. Il suffit ensuite de laisser chauffer plus ou moins rapidement selon le résultat escompté.
Eli Cranor porte un regard pessimiste sur la société américaine et ses romans témoignent de son parti pris social. À la chaîne c'est un peu la lutte des classes selon cet américain qui revisite à sa façon l'enlèvement du petit Lindbergh.

La région des Monts Ozarks, au centre des US, c'est peu notre Massif Central. Avec tout ce que cela véhicule de clichés sur une population de campagnards taiseux, souvent un peu bas du front. Une région où l'on imagine volontiers les habitants voter pour faire une Amérique plus grande encore.
Une région qui aura inspiré beaucoup d'écrivains US contemporains comme Daniel Woodrell.
Même si l'on doit reconnaître que l'écriture d'Eli Cranor n'est guère originale et ne va sans doute pas bouleverser le paysage de l'Arkansas.

Mais la bonne surprise de ce roman, c'est qu'il nous raconte aussi une histoire de mères.
Eli Cranor dédicace d'ailleurs son roman « à maman, et à toutes les mamans ici-bas ».
Les deux femmes de l'histoire, Mimi et Gabby, captent presque toute la lumière au point d'éclipser un peu leurs compagnons.
Toutes deux souffrent de leur maternité : désœuvrée dans sa maison trop chic, Mimi se ronge d'angoisse pour son fils Tucker. À l'opposé, Gabby ne s'est jamais remise d'une fausse couche provoquée par ses conditions de travail à l'usine.
« Les choses avaient changé après sa fausse couche. Pour le meilleur, pendant un temps, puis pour le pire. Vraiment pire. »
Profile Image for Amandine.
96 reviews
Review of advance copy received from Netgalley
January 18, 2026
À la chaîne d’Eli Cranor m’a laissé une impression tenace, qui persiste longtemps après avoir refermé le livre. J’y ai surtout trouvé une galerie de personnages d’une grande justesse, dessinés sans complaisance mais avec une réelle empathie. Ils portent en eux la fatigue des vies cabossées, les espoirs minuscules, les colères sourdes, et c’est sans doute ce qui les rend si profondément humains et attachants.

Le roman déploie avec force un portrait de la société américaine contemporaine, vue depuis ses marges. Cranor s’attache à montrer les rouages d’un système qui broie les plus fragiles, notamment les immigrés, enfermés dans des difficultés financières chroniques, dépendants d’emplois précaires, pris dans un engrenage dont il semble presque impossible de s’extraire. La chaîne du titre devient alors métaphore : celle du travail, de la pauvreté, de la transmission de la violence sociale.

Cette violence, omniprésente, n’est jamais gratuite. Elle surgit comme une conséquence logique d’un monde où l’on manque de tout, à commencer par de la considération. Elle est physique, bien sûr, mais aussi morale, structurelle, inscrite dans les rapports de domination et les inégalités. Cranor ne la glorifie pas ; il la montre, sèche, brutale, parfois insoutenable, pour mieux en souligner l’absurdité et la fatalité.

J’ai été frappée par la puissance du récit, par sa capacité à faire ressentir l’étau qui se resserre, sans jamais tomber dans le pathos. L’écriture, tendue et précise, accompagne ce mouvement inexorable. À la chaîne est un roman social sombre, mais nécessaire, qui interroge la responsabilité collective et donne une voix à ceux que l’Amérique préfère souvent ne pas entendre.
Profile Image for Candille Caroline.
38 reviews2 followers
Review of advance copy received from Netgalley
February 2, 2026

Des États Unis, il est régulièrement question, ces dernières années. Des mesures sur l’immigration, la population mexicaine, les travailleurs sans papiers, en quête d’un meilleur avenir, de la misère, des répressions…

Ce roman noir fera résonnance à tous ces sujets, avec Gabriella et Edwin, travailleurs acharnés, exploités et sacrifiés, par un jeune patron américain, propriétaire d’usines de poulets, avide de reconnaissance et d’ambition.
Un homme prêt à tout pour son propre succès, quitte à humilier, écraser, maltraiter ses employés.

Quand Edwin est renvoyé soudainement, ce sentiment d’injustice va déclencher chez lui, une réaction qu’il ne soupçonnait pas et des conséquences effroyables.

C’est un portrait d’une certaine Amérique dont il est question, l’affrontement entre les puissants et les laissés pour compte.
Mais également, des portraits de femmes, car ici, le roman s’attache à ses héroïnes du quotidien. Celles qui sont dans l’ombre, qui subissent, une vie misérable, ou sous le joug d’un mari. On y parle aussi de maternité, de choix de vie, de décisions assumées.

C’est très fort, prenant, on tremble, on espère pour eux…et on rêve d’une fin heureuse.
A vous de la découvrir sans plus attendre.
Profile Image for Lapeyre Mathilde.
128 reviews4 followers
Read
January 19, 2026
Très contente d'avoir découvert ce roman noir qui n'est pas dans mes habitudes de lecture !!
Roman social + du suspense + des femmes incroyables, un joli combo pour me plaire ! Ce n'est pas un coup de cœur, j'aurai adoré que certains points soient approfondis mais c'était vraiment très bien ! ça me donne envie de lire son roman précédent
Displaying 1 - 4 of 4 reviews

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