À vingt et un ans, Aica est prête à tout pour échapper à sa vie misérable et quitter la petite île des Philippines ou elle a grandi. Quand débarque Bob, un Américain quinquagénaire qui vit sur son voilier, Aica décide de partir avec lui. Mais si Bob se présente comme un célibataire naïf et débonnaire en quête de compagnie, tout le monde aux Philippines sait bien que les riches étrangers entre deux âges ne cherchent qu’une chose auprès des jeunes filles locales. Naviguant entre espoir et cynisme, Aica veut malgré tout tenter sa chance et elle s’enfuit avec Bob sur son bateau. Très vite, elle souffre de la promiscuité et du huis-clos qui s’installe à bord, mais pas question de revenir piteusement chez elle. Désormais, aucun retour en arrière n’est plus possible.
La Jeune Fille et la mer, le nouveau roman de David Vann est une fable morale sur l’émancipation et la quête de liberté d’une femme qui refuse d’être victime de son destin.
Published in 19 languages, David Vann’s internationally-bestselling books have won 15 prizes, including best foreign novel in France and Spain and, most recently, the $50,000 St. Francis College Literary Prize 2013, and appeared on 70 Best Books of the Year lists in a dozen countries. He has written for the Atlantic Monthly, Esquire, Outside, Men’s Health, Men’s Journal, The Sunday Times, The Observer, The Guardian, The Sunday Telegraph, The Financial Times, Elle UK, Esquire UK, Esquire Russia, National Geographic Adventure, Writer’s Digest, McSweeney’s, and other magazines and newspapers. A former Guggenheim fellow, National Endowment for the Arts fellow, Wallace Stegner fellow, and John L’Heureux fellow, he is currently a Professor at the University of Warwick in England and Honorary Professor at the University of Franche-Comté in France.
Je l’ai lu en 24h parce que c’est vraiment bien traduit et que l’histoire est haletante. Cependant, je ne sais pas si l’auteur n’a pas correctement fait ses recherches ou si le problème vient de la traduction mais la protagoniste parle Bisaya mais vient de Palawan. Alors oui, il y a des gens qui parlent Bisaya à Palawan mais les natifs de l’île parle soit un autre dialecte, soit Tagalog. Et puis parfois c’était un mélange bizarre entre du Bisaya et du Tagalog, parfois c’était du Tagalog tout court, parfois c’était même juste des erreurs et des mots qui existaient dans aucunes des deux langues. Donc un peu déçue là-dessus parce que quand j’avais lu qu’elle était Bisaya, ça m’a fait plaisir, c’est la première fois qu’un livre mentionne ma langue.
Je n’avais pas lu de David Vann depuis longtemps et ce roman reste fidèle à son œuvre : tension psychologique, relations complexes, personnage principal insaisissable… Une lecture qui vous marque quoi qu’il arrive !
Aica, 21 ans, vit pauvrement dans une petite île des Philippines . Comme ses soeurs et beaucoup d'autres jeunes filles avant elle, elle n'a qu'un rêve, quitter cette misère et pour cela elle doit se trouver un riche étranger blanc qui lui ferait un enfant et qui l'entretiendrait. Et voilà justement Bob , un touriste américain , qui débarque sur la plage avec son voilier blanc tout neuf, 50 ans , certes, mais «L'âge, c'est qu'un chiffre » pense Aica qui voit en lui la proie parfaite.
On sait qu'avec David van on va plonger dans le noir et les situations désespérées mais dans cette atmosphère souvent étouffante il construit d'ordinaire un récit qui tient la route et des personnages auxquels on s'attache. Cette fois, en nous dressant un tableau certainement très réaliste (il habite les Philippines depuis pas mal d'années ) de ces îles et du tourisme sexuel qui y sévit, il en fait un récit assez malsain avec une insistance très dérangeante dans toute la première partie du livre. S'ensuit un épisode lui aussi très glauque puis un retour sur l'île qui m'a paru totalement invraisemblable que la fin ne suffira pas à sauver….
Un roman où je n'ai pas vraiment retrouvé le talent de l'auteur et que j'ai refermé avec un certain soulagement.
Impossible à lâcher, haletant, mais quand on a fini on se sent un peu sale. Un bon divertissement mais pas une lecture qui reste. A noter : excellente traduction en français
David Vann revient avec La jeune fille et la mer, un roman qui a tout d’un ciel bleu et pourtant, dès les premières pages, on sent que l’orage gronde au large. L’histoire suit Aica, vingt-et-un ans, coincée sur une petite île des Philippines où la pauvreté colle à la peau et où l’avenir ressemble à une barque trouée. Elle rêve d’ailleurs avec une détermination farouche, quitte à s’accrocher à des mirages. Ce désir d’émancipation tourne presque à l’obsession, et c’est là que l'auteur appuie : que devient le rêve quand il se teinte d’illusion et de survie ? L’arrivée de Bob, quinquagénaire occidental perché sur un voilier immaculé, ouvre à Aica une échappée possible. On comprend vite que chacun voit en l’autre une porte de sortie, mais leurs attentes n’ont rien de romantique. Ce qui se joue entre eux relève moins de la rencontre que du marchandage silencieux, un jeu trouble où chacun prend ce qu’il peut pour combler ce qui lui manque. J’ai trouvé cela glaçant mais terriblement crédible, parce qu'il sait décrire sans détour cette zone grise où la domination se cache derrière les sourires. La première partie, en mer, a une force brute. On est sur le bateau avec eux, dans un huis clos poisseux où la tension monte sans faire de bruit. Aica n’est pas un personnage facile. Elle manipule, elle calcule, elle commet des choix qui déroutent. Mais comment lui reprocher ses angles quand elle n’a jamais eu l’espace pour en arrondir un seul ? A aucun moment l'auteur ne la juge, et c’est là que l’écriture frappe le plus fort. Le retour au village relâche un peu le souffle, comme si le récit perdait son cap avant de mieux repartir, et que dire de ce final. Brutal, sec, sans concession. On referme ce roman avec un mélange de malaise et d’admiration devant cette façon qu’a l'auteur de toucher l’endroit exact où ça fait mal. Un texte sombre, dérangeant, mais terriblement humain.