Mais commençons par ce que j'ai aimé : les témoignages de personnes à qui l'on prête des mots, sans avoir d'espace pour s'exprimer. Les photos et les oeuvres sont magnifiques, soulignent ce manque de représentativité, tant voulu. Mettre les mains dans la fetichisation, l'exotisation, les vécus des personnes racisées dans les relations romantiques, et les rapports difficiles qu'on peut avoir à soi, son amour propre et son image, c'est siiiii précieux.
Ce que j'ai moins aimé, démarre avec la confusion dans la construction de ce numéro. L'introduction annonce aborder uniquement l'amour romantique, pour ouvrir le premier chapitre sur l'amour de soi. Ensuite, l'amour communautaire, l'amour filiale et l'amour romantique. La ligne floue entre attirance sexuelle et attirance romantique, l'heteronormativité et l'amatonormativité comme modèles intrinsèques aux relations intimes (ici amoureuses) m'ont quelque peu perdu sur le chemin. :( En tant que personne queer racisée, ce n'est pas tant une revue qui me parle sur ce coup-ci, bien que je l'ai trouvé intéressant sur bien des aspects. Un petit cœur pour la chronique sur le désir de non-enfant, et l'entrevue sur l'amour queer racisé avec un regard critique sur l'homonationalisme et les milieux queer blancs.
Cela reste tout de même une revue précieuse à partager et repartager.