Born in Lyons in 1968, Éric Vuillard is a French author and film director. His books include Conquistadors (winner of the Ignatius J. Reilly prize 2010), and La Bataille de l'occident and Congo, for both of which he was awarded the 2012 Franz-Hessel prize and the 2013 Valery-Larbaud prize. Sorrow of the Earth is the first of his titles to be translated into English.
Eric Vuillard utilise ce découpage qui m’a tant plu dans l’Ordre du jour ou Une sortie honorable, en fixant son histoire (l’Histoire?) par vignettes. Et donc ici Billy the Kid. Ou plutôt (parce que Billy est une légende de l’Ouest) les bases sur lesquelles se sont construits les Etats-Unis. Car c’est de ça qu’il s’agit (et qui chercherait une vie du Kid serait déçu): les bases d’un pays (démocratie, économie libérale, maitrise du territoire) issues de la violence, le vol, les tueries. C’est ici un livre éminemment politique, et le lire après le mois de janvier 2026, pendant lequel les US n’ont cessé de nous surprendre, donne une saveur particulière. J’aime le style de Vuillard, sa langue, sa limpidité. Très plaisant et intéressant
Difficile d’écrire à propos de Billy the Kid, héros de l’Ouest américain dont, finalement, on ne sait que peu de choses… L’essentiel a en effet été raconté par ceux qui l’ont pourchassé (shérifs, juges…) ou par des comparses qui ont tiré bénéfice de son aura. Une aura qui se développe, comme l’écrit l’auteur, dans les années 1930.
Un roman court qui incite à la réflexion : ces hors-la-loi ont été encouragés par le gouvernement américain à perpétrer toutes sortes de crimes à la fin du 19e siècle pour accaparer un maximum de territoires à l’Ouest de pays, chassant au passage Indiens et Mexicains qui résidaient en ces lieux depuis longtemps… Jusqu’au jour où, devenant gênants pour un Etat se centralisant quelque peu, on a cherché à les éliminer… Les Etats-Unis, pays de bandits ?… (On comprend mieux à la lecture de cet ouvrage certains évènements de l’actualité…)
J’aime beaucoup la plume d’Eric Vuillard : une écriture sensible, poétique parfois, drôle à l’occasion et j'ai passé un excellent moment en la compagnie de Billy the Kid et de tous les despérados qui hantent ce récit. A lire sans attendre !
Eric Vuillard continue par ses petits récits à la fois sourcés et romancés à dresser une contre-histoire du monde, l’histoire entre les lignes, celle que le roman national ou ici les mythes américains tentent à tout prix de dissimuler. Dans le cas de Billy, l’histoire de pauvres garçons vachers, voleurs de pacotilles, vagabonds, rebuts, qui vont, à un moment précis et à leur insu, être au centre de la construction d’une nation et au cœur de son mensonge originel, celui de l’Amérique comme « une terre d’opportunité pour tous ».
Sa mécanique habituelle est moins solide, moins convaincante ; c'est bien normal, toute la vie du Kid est hypothétique, peu de traces, tous les récits le racontant viennent de ses ennemis, de ceux qui l'ont exploités pour des sous. Ce doute, ce "peut-être",il s'en sert pour décrire ce qu'est les États-Unis.
Le manque de source, de preuve, de document, laisse place à une qualité de style que je ne soupçonnais pas vraiment. Des phrases ciselées et souples, parfois de l'ironie, un peu de rage et de tendresse et beaucoup d'amertume.
Oui, Éric vuillard utilise ses bonnes techniques habituelles, mais cette fois ci ça ne fonctionne pas très bien. Le premier E. Vuillard raté? Dommage !