Je connaissais Alice Pol comme comédienne, mais je n’avais encore jamais lu un de ses romans. Tout doit disparaître a donc été pour moi l’occasion parfaite de découvrir sa plume, et j’ai trouvé ce petit thriller à la fois singulier et divertissant. Même s'il est présenté comme un thriller, le roman se lit plutôt comme un récit d’enquête teinté d’humour et d’humanité. On y retrouve Charlie, capitaine de police déjà connue des lecteurs fidèles, mais ce troisième tome peut tout à fait se lire indépendamment. Charlie n’a rien d’une héroïne classique. Solitaire, un peu brute, elle préfère son chien aux relations humaines. Elle vit en retrait, observant le monde avec un mélange de distance et d’agacement. Pourtant, son instinct et son empathie la poussent à chercher la vérité, même quand celle-ci dérange. Cette fois, elle est appelée dans un vieux sanatorium où un groupe d’amateurs d’urbex a été victime d’un accident suspect. En creusant, elle découvre des zones d’ombre qui la conduisent plus loin qu’elle ne l’aurait voulu. J’ai trouvé intéressant de suivre une enquêtrice si atypique, même si certaines réactions de Charlie m’ont parfois laissée perplexe. L’alternance entre l’enquête principale et l’histoire parallèle de deux fillettes en quête de leur voisine apporte un contrepoint original, mais j’ai eu du mal à trouver la transition fluide. Le lien entre les deux récits arrive un peu tard, presque forcé. L’intrigue comporte quelques longueurs et s’éparpille parfois, mais le ton reste agréable et la lecture fluide. Ce n’est pas un thriller haletant, plutôt un roman policier tranquille, centré sur la psychologie et le quotidien d’une femme en marge. Peut-être pas le plus marquant des thrillers récents, mais un roman qui dresse avec justesse le portrait d’une femme cabossée, lucide et terriblement humaine, de quoi donner envie, malgré quelques réserves, de poursuivre un peu la route avec elle.