« Clara s’imagina en femme qui n’a pas peur de faire mal, et ressentit une bouffée de pouvoir. Tous ces hommes, regards figés sur leurs téléphones, qui ne pensaient même pas à la voir autrement qu’une petite fille dont disposer, ils l’entendraient, clac-clac, et il serait déjà trop tard. » Aux yeux de tous, Clara est une jeune fille ordinaire et inoffensive. Mais sous ses airs d’étudiante timide, elle est en colère. Contre le patriarcat omniprésent, contre un monde qui ne la craint pas, contre les limites qu’on lui impose. Elle pense enfin trouver sa place lorsqu’elle fait la rencontre d’Ari, mystérieuse cheffe d’un groupe féministe radical, qui fait d’elle sa dernière recrue. Mais qu’est-il arrivé aux précédentes ? Entre satire sociale et polar contemporain, Hélène Coutard nous offre un premier roman vertigineux sur la violence féminine, la soif d’appartenance et les histoires qu’on se raconte pour survivre. Une bombe à faire exploser… ou à désamorcer ?
hum ? je ne sais pas trop quoi penser de cette lecture, sujet hors du commun mais pas assez approfondi à mon goût. j’a failli me perdre à certains moments entre les personnages ou à comprendre certaines situations. pas été une de mes lectures préférés mais reste agréable à lire. full TW. on sent la rage monté au fur et à mesure dans le personnage de clara
Pour moi, ce bouquin est l’équivalent romanesque de l’essai de Pauline Harmange, Moi les hommes, je les déteste. C’est bourré de bonnes intentions, c’est indubitablement féministe, ça veut dénoncer tout en réfléchissant et ça se veut misandre MAIS… il y a plusieurs ombres au tableau.
Pour commencer positivement : l’écriture est sympa et ça se lit vite. L’autrice parvient à nous tenir en haleine tout le long et on entre facilement dans l’intrigue. Les alternances de points de vue entre les différentes protagonistes se font bien, pas de quoi être déboussolé, c’est bien ficelé. L’énumération fréquente de faits horrifiants pour mettre en exergue le désastre qu’est le système patriarcal, ça fonctionne très bien. Le boulot est fait et pas si mal.
Bon, maintenant, pour les points sur lesquels il va être dur de s’entendre (pour moi) :
1/ Alors, ça semble être un détail de rien du tout mais j’ai été trigger dès le début par le choix d’études supérieures attribué à Clara. Les études de genre, en Île-de-France en tout cas, ne sont absolument pas enseignées au sein d’une formation de licence à part entière intitulée « licence d’études de genre ». Je sais que les gens qui détestent l’enseignement supérieur public fantasment ce genre de choses à longueur de journée, mais non, les universités pseudo-wokes n’ont pas encore créé de formation bac+3 en études de genre. On peut y être introduit en licence de sciences sociales (sociologie, science politique, etc.), mais à proprement parler, pour l’instant, il n’y a que quelques masters d’études de genre (que l’on peut dénombrer sur les doigts d’une main), pas de licences :)
2/ Maintenant, pour les choses un peu plus sérieuses… La misandrie, comme avis tout personnel, aucun souci ; mais comme projet politique, ça ne rime à pas grand-chose et ça ne peut déboucher sur rien de productif car ça ne prend pas en compte les matrices de classe et de race (parmi d’autres encore). J’entends l’envie d’« explorer » ce pan du militantisme féministe, et même si c’est assez bien fait, il y a quelques passages caricaturaux. Il y a aussi une sorte de complaisance ou d’admiration/béatitude un peu étrange, que je peux comprendre de prime abord, mais elle n’est que trop peu déconstruite intellectuellement puisque la morale de l’histoire semble trop floue (voire inexistante ?) et que le reste du récit ne s’y consacre pas. On sort de cette histoire assez peu changé·e sur ses positions puisque ni le lecteur manichéen (« les méchantes misandres vs les pauvres gens censés »), ni celui qui adule la misandrie ne seront déstabilisés/poussés dans leurs retranchements.
3/ Clara, qui est donc censée être le personnage principal, est trop peu attachante. Son parcours, les questions qu’elle se pose, ce qu’elle en vient à remettre en question : voilà tant de choses auxquelles nombre de ± jeunes femmes peuvent s’identifier, mais, malgré elle (et malgré l’autrice), elle ne m’a que peu touchée finalement. Elle n’avait de cesse de me renvoyer l’image du fi-fille un peu co-conne qui se fait bien avoir parce qu’elle n’a développé aucun esprit critique.
4/ J’ai été bien + touchée par le personnage de Judith. Elle a quelque chose de très despentien dans sa construction, son parler, son attitude. J’ai l’impression que c’était l’effet recherché par l’autrice, qui a l’air d’avoir bien révisé ses classiques féministes français, mais il y a quelque chose qui coince : tout cela – malgré le vernis de brutalité/violence – est bien trop lisse. C’est un ouvrage finalement bien scolaire. On a bien révisé ses classiques, un peu trop, on name-drop, on connaît les mots-clés militants, les façons de faire dans la plupart des collectifs féministes franciliens. À tel point que j’ai presque eu l’impression par moments de lire la fiche bristol d’un RG. C’est trop peu naturel. Justement, ce qui est percutant chez la jeune Despentes autrice ce sont les aspérités, les passages rugueux (pas hardcore, attention) de sa narration. Là, la brutalité paraît trop artificielle puisqu’elle est constamment introduite après une forme de démonstration sociologisante qui essaye quand même de se faire littéraire. Et on en vient donc à un autre point de désagrément dans ma lecture…
4/ Où est la recherche de forme littéraire ? J’ai eu l’impression, et je ne le dis pas péjorativement là, de lire une enquête journalistique un peu fantasmée. Pas de la narrative non-fiction, mais véritablement une tentative qui emprunterait un peu à la sociologie, un peu au journalisme et un peu à la littérature, sans parvenir à exceller dans l’un de ces domaines. C’est dommage parce qu’il y a des passages intéressants, que globalement j’ai eu du mal à reposer le bouquin parce que je voulais réellement savoir ce qui allait advenir, et que ça avait du potentiel parce que l’autrice sait faire des recherches, sait construire des intrigues et une narration qui a du sens, mais la finalité me déçoit par sa paresse littéraire. Je comprends, la fiction produite par de « jeunes » auteurices au 21e siècle qui vend, est censée être dépouillée et minimaliste. Mais là, ça excède un peu trop ça, pour moi. Puis il y a aussi le problème que pose le gloubi-boulga de débats Twitter/débats féministes historiques/problématiques de trentenaires bisexuelles complexées/encore bien trop de choses. À trop vouloir s’ancrer dans l’actualité, on ne fait plus un livre qui pourrait se dire d’intervention mais une denrée périssable très (trop) rapidement.
En somme, j’ai l’impression de voir ici les mêmes défauts que dans Cher connard, moins l’humour grinçant de VD. C’est dommage parce que c’était prometteur cette histoire de militantes féministes kamikazes. Mais, encore une fois, et comme avec beaucoup d’auteurices contemporain·es, il est compliqué de dépasser le « réalisme capitaliste » (comme disait Mark Fisher) et de s’imaginer des perspectives radicalement différentes.
3,5/5 Difficile de faire un retour sur un tel texte avec les problématiques qu'il aborde. Féminisme, radicalité, violence, mais aussi et surtout la colère des femmes. L'histoire s'inscrit dans notre modernité, avec différents pdv de personnage, met en avant le ressenti des femmes face à la monter des violences sexuelles. Comment répondre, se défendre, vivre parmi les hommes, parmi le sexisme, le machisme, les agressions, les viols ? Si ce roman n'apporte pas de réponses, il propose une fiction capable de creuser et de réfléchir sur la partie radicale : répondre à la violence par la violence. La plume est intéressante et on pénètre au coeur de la psychologie de différents personnages qui ont des histoires et des âges différents. Il y a quelque chose d'intriguant de et fascinant dans ce roman tout en proposant une radicalité qui bouscule. Je n'adhère pas à la violence de manière générale, ce qui m'empêche d'apprécier entièrement le texte et notamment sa fin. Néanmoins, c'est un roman dont le propos doit être entendu car il interroge foncièrement des problématiques importantes de la société d'aujourd'hui. Il met en mots la colère et démontre les mécanismes psychologiques qui nous pousse, parfois, à tous les extrêmes.
Clara a toujours été une jeune fille banale jusqu'à ce que ses horizons s'ouvrent à la fac et qu'elle découvre lentement un féminisme radical et révolutionnaire.
J'ai beaucoup aimé cette lecture qui m'a forcément dérangé en temps qu'homme, l'on y croise le parcours de Clara, jeune femme attachante qui découvre de nouveaux horizons qui nous portent dans des recoins insoupçonnés (bon j'avoue, un peu soupçonnés quand même vu le nom du livre et l'introduction).
L'autrice, Hélène Coutard, répond ici à la question : que se passerait-il si les femmes en avaient marre et se mettaient à répondre par la violence à la violence qu'elles subissent des hommes ? Au fond, qui n'a jamais eu d'éclater la tête de son agresseur ? On sent que l'écriture a ici un effet cathartique et à répondre aux bas instincts tant féminins qu'humains.
L'écriture est efficace : on enchaîne les chapitres avec impatience de connaître la suite, le livre est un régal à lire, il dit ce qu'il a à dire sans chichi.
Bravo à l'autrice pour ce premier roman !
Merci à Netgalley et Grasset pour l'envoi d'une version numérique
c’est tellement difficile de mettre cette note à ce livre parce que le féminisme et la radicalité ça me parle et j’aurais adoré être emporté dans ma lecture mais ce ne fu malheureusement pas le cas… le sujet de répondre à la violence par la violence je le répète est tellement intéressant mais je serais pas dire pq j’ai eu tellement de difficulté à lire ce livre que j’ai littéralement aucune foutre idée de ce que je viens de lire, j’aurais certainement mis des mois si j’avais pas eu un trajet d’une journée en train.
Ouah, assez fou comme roman. Il aborde un sujet hyper fort et clivant, mais c'était super intéressant. Les décisions des personnages s'appuient sur des arguments réfléchis et valables, c'est hyper intéressant de suivre leurs réflexions. C'était super d'avoir plusieurs visions différentes du féminisme, même si elles sont toutes du même groupe et qu'elles luttent pour la même chose.