Keiko Takemiya (竹宮惠子), earlier known as 竹宮恵子 (note: it's the first kanji in her given name, 恵→惠) is a Japanese mangaka.
She is one of the 24-Gumi (Magnificent 49ers), the group of female manga artists that pioneered the shoujo genre. Professor of manga studies at Kyoto Seika University.
C'est une nouvelle lecture des plus intense et égratignante qui attend le lecteur dans ce tome charnière pour l'histoire. Vous n'en ressortirez pas indemne.
L'autrice l'explique très bien dans l'interview qui clôt le tome. Il y avait besoin de connaître Gilbert pour mieux le comprendre et l'accepter. Un tel personnage, aussi trouble, aussi libre, aussi insaisissable, avait besoin d'éclairage. C'est ce qu'elle nous offre depuis le précédent volume. Mais quel malaise !
Il est dur de juger et analyser ce que l'autrice présente. Gilbert est un enfant abandonné en quête d'affection. Il tombe malheureusement sur un oncle/père bousillé par les viols incestueux dont il a été victime. Attaché à cet homme, Gilbert va développer des sentiments bien perturbant envers lui, que celui-ci va encourager de manière trouble et malsaine, en mode ''aime-moi, je te fuis'', ajoutant du trauma au trauma. Et pire, il va le vendre et le laisser se faire violer à son tour, avant de le reprendre mais sans lui accorder jamais l'attention et l'amour qu'il souhaite. Comment aurait-il pu grandir sereinement T.T
Ce tome est cependant plus calme sur le plan du vice et de la détresse. Je l'ai trouvé paradoxalement moins violent alors qu'on se rapproche pourtant des débuts de notre histoire. Il explique les derniers mécanismes qui ont conduit Gilbert au pensionnat où on l'a découvert. Certes, sa famille est encore des plus tordues et il subit de nouvelles violences psychologiques achevant de le bousiller, mais au moins, a-t-on moins / peu de violences sexuelles, ce qui était le plus dur pour moi. Cela reste quand même extrêmement malsain, puisque nous avons quand même un oncle/père qui le met à la rue, une victime qui se rend chez son violeur et lui demande protection en échange de son corps, une famille qui le rejette à nouveau et finit par prendre la décision de ''l'enfermer'' dans une école bon chic bon genre pour qu'il ne fasse plus de vague. Horrible !
J'ai donc à nouveau beaucoup souffert à ses côtés et j'ai vécu finalement comme un soulagement qu'on se tourne dans la dernière partie du tome vers le passé de Serge, cette fois, ce jeune pensionnaire qui va s'intéresser à Gilbert et devenir sa bouée de sauvetage malgré lui. L'autrice va pour cela remonter à la racine du ''problème'' de Serge : ses origines, et donc, la rencontre de ses parents. Elle va pour cela nous conter le destin de son père dans un premier temps, l'héritier Battour, qui va connaître un burn out afin de vouloir complaire aux exigences scolaires de son père et à sa passion pour le piano, cherchant à être libre à sa façon, sans y parvenir. Se révélant en plus tuberculeux, Aslan, n'aura pas un parcours facile. Mais c'est un esprit libre et puissant, qui ne se laisse pas abattre, à l'image de celui qui sera son fils. J'ai donc pris énormément de plaisir à suivre son combat et j'ai hâte de découvrir sa rencontre avec la mère de Serge.
Ce tome riche et passionnant ne serait rien sans le talent de l'autrice. Et je dois dire qu'ici elle a encore déployé un charme fou en peignant la folie de Gilbert et la douceur d'Aslan avec ses pinceaux et crayons. Lire Le poème du vent et des arbres est vraiment une expérience sensorielle puissante grâce aux dessins de Keiko Takemiya. Cela aide à supporter l'horreur indicible de son texte qui continue de dénoncer les maltraitances physiques et psychologiques que des familles, de toutes classes sociales, font peser sur leurs enfants. J'ai d'ailleurs trouvé l'interview finale de l'autrice passionnante pour nous raconter son parcours, ses influences, la réception de son oeuvre. Il faut la lire !
Sombre et magique moment encore qui revient aux racines de l'oeuvre et des perturbations de son duo mythique, ce 4e tome est moins violent au 1e degré mais tout aussi rude intérieurement dans sa dénonciation de l'abandon et la maltraitance de nos enfants. L'autrice explique ainsi les origines de la personnalité trouble de Gilbert et met en lumière les origines nobles de Serge et ce que son père a dû affronter. Une lecture entre ombre et lumière puissante !