Toujours plus obsédée par le besoin d’imaginer un monde sans prisons, sans police et sans punition de n’importe quel genre, j’ai plongé dans les mots de Gwenola Ricordeau, chercheuse et militante abolitionniste. Ça demande du courage et beaucoup d’effort pour décoloniser son esprit de cette idée absurde : guérir la société en emprisonnant les gens à des fins de « régulation » sociétale, alors que la prison ne sert à rien. Pire, elle légitime la violence et la vengeance, sert de piètre « lot de consolation » aux victimes sans rien régler et agit comme une déflagration pour les personnes incarcérées ainsi que leurs proches, souvent des femmes. Alors comment mettre fin à ce traitement inhumain, au service de l’ordre capitaliste, raciste, suprémaciste ? Comment démonter les argumentaires des légitimistes et des réformistes ? Comment mettre en place des « alternatives » qui existent déjà à plus grand échelle et enfin en finir avec cette pierre angulaire d’un système à bout de souffle ? À lire et vite!!
Pour le coup, j'ai préféré cet ouvrage à Pour elles toutes, il n'est pas forcément plus accessible ou plus simple pour autant. Je pense que celui-ci est plus pédagogique. Dans tous les cas, les deux se complètent.
"Une part de moi éprouve de la honte, honte que des êtres humains encagent d'autres êtres humains, honte qu'on ose encore prétendre que la prison soit une réponse adéquate à un préjudice ou à un problème social"
Le livre est condensé mais super accessible, redirige vers plein d'ouvrages plus poussés (Angela Davis, GB Shaw, etc) et présente succintement les bases du mouvement abolitioniste, ses critiques et les nuances à apporter aux différents courants. Ça questionne plein de choses avec lesquelles on m'a martelé depuis l'enfance, c'est parfois incomfortable mais je pense que c'est aussi le but de la remise en question de la logique rétributive et du système pénal tel qu'il est aujourd'hui.
Come toujours Gwenola Ricardo nous a cook une pépite. J’ai savouré chaque page. Les arguments sont riches, la biblio pareil et la construction de l’ouvrage rend le truc grave accessible.
un essai peu documenté et/ou sourcé, même si pas pénible à lire. on a beaucoup de mentions à des références sur l’abolitionnisme pénal, mais jamais d’approfondissement ou d’explications profondes.
j’ai trouvé « La prison est-elle obsolète » d’Angela Davis bien plus pertinent et complet, avec des chiffres clairs à l’appui