avec cette plume très particulière, qui a de la classe et tout autant d’ironie, j’admire ce magnifique travail de Donna Haraway (où l’on alterne sans cesse entre des phrases très techniques (voire trop pour moi mais c’est mon ressenti) à des punchlines bien posées)
qu’est-ce que j’aimerai que cette habitude de « se situer » soit de plus en plus présente dans tous les mondes (académiques, artistiques, militants etc), mais encore souvent aujourd’hui quand on dit qu’on se situe on s’applique simplement des étiquettes de genre, de race, de classe, de professions … sans forcément ensuite en tenir pleinement compte dans nos manières de penser, de se parler ou de s’organiser. pour Donna Haraway, se situer c’est ne pas oublier que notre vision est toujours incarnée dans un corps particulier, avec toutes ces particularités. elle nous pousse à « tout réinscrire dans nos corps, car un savoir est essentiellement ancré dans un corps qui perçoit, sent, pense, avec certains organes aux facultés différentes, leurs biais, et ce corps se tient sur un sol, il est en relation avec un milieu. »
tout ça nous permettrait d’aller, comme elle le dit si bien, « vers un savoir suffisamment puissant pour construire des mondes qui soient moins organisés selon les axes de la domination »
en bref c’était génial, parfois très très technique et philosophique, scientifique, mais c’est aussi très chouette ça me sort de ma zone de confort et c’est surtout hyper inspirant (trop court par contre j’aurai pu lire des dizaines de pages encore, tout comme l’entretien avec Jeanne Burgart Goutal à la fin)