Jump to ratings and reviews
Rate this book

Le Visage de la nuit

Rate this book
Dans le huis clos d’un village, le déchaînement des passions autour d’un monstre et d’un ange.

C’était un bel enfant mais, à la suite d’une fièvre mortelle et de l’intervention d’un guérisseur, il paie sa guérison d’un visage atrocement défiguré. Il vivra mais, aux yeux de tous, il sera un monstre. Abandonné par son père, un homme détesté de tous, il est alors recueilli, éduqué et caché par le prêtre du village car, au sein du Fond-du-Puits, un tout petit hameau isolé, les passions sont violentes et les haines ancestrales.

En dépit de sa monstruosité, il devient un garçon intelligent, aimable et vif. C’est dans la forêt, la nuit, qu’il trouve sa liberté, et bientôt sa vocation d’embaumeur. Un soir, il rencontre pour la première fois une jeune fille de son âge dont la famille vit en marge du village. Son frère aussi doit demeurer caché : il porte, lui, le fardeau d’une trop grande beauté. Une beauté dangereuse car elle suscite des passions malsaines. Se noue alors entre la jeune fille et le monstre une relation forte et dangereuse.

On retrouve dans Le visage de la nuit le village perdu du Fond-du-Puits, où se situait déjà le précédent roman de Cécile Coulon, La langue des choses cachées. Alors que ce dernier était dense dans son intrigue et son écriture, Le visage de la nuit se déploie sur une quinzaine d’années et donne à lire une histoire complexe aux personnages toujours aussi ambivalents. Anges et monstres se confondent, l’idiotie côtoie la connaissance, l’amour mène au meurtre, la vie s’ancre dans la mort. Le lecteur est entraîné dans un maelström poétique aux sourdes résonances. Dans le huis clos d’un village damné s’affrontent toutes les passions que la langue lyrique de Cécile Coulon fait vibrer avec intensité.

288 pages, Paperback

Published January 8, 2026

13 people are currently reading
312 people want to read

About the author

Cécile Coulon

35 books155 followers
Cécile Coulon est née en 1990. Après des études en hypokhâgne et khâgne à Clermont-Ferrand, elle entre à l’Université en Lettres Modernes.

Son premier roman Le voleur de vie et son recueil de nouvelles Sauvages ont paru aux Éditions Revoir.

Outre son goût prononcé pour la littérature, de Steinbeck à Maupin en passant par Tennesse Williams et Prévert, elle est aussi passionnée de cinéma (Pasolini, La nuit du chasseur, The Big Lebowski, L’année dernière à Marienbad, etc..) et de musique (Elvis Presley, Jerry Lee Lewis, Chuck Berry, Ramones).

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
103 (39%)
4 stars
110 (42%)
3 stars
40 (15%)
2 stars
7 (2%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 30 of 47 reviews
Profile Image for Jo.
1,231 reviews246 followers
December 15, 2025
Cécile Coulon nous entraîne une nouvelle fois dans un village qui semble coupé du monde, un lieu où les destins se façonnent dans le silence, les superstitions et les ombres. Au cœur de cet espace clos grandit un enfant que la maladie a marqué d’une manière irréversible. Caché, préservé, isolé, il apprend à vivre loin des regards, dans une quasi nuit permanente qui devient pour lui un refuge plutôt qu’une prison.

L’enfant, devenu garçon, se déploie dans les bois comme dans un territoire intime : un espace où il retrouve souffle et puissance et où il devient presque autre chose que lui-même. L'obscurité, les animaux et les arbres l’adoptent et le façonnent et cette fusion avec le vivant est racontée avec une précision qui fait vibrer chaque page.

Sa rencontre avec une jeune fille, elle aussi porteuse d'un fardeau qui l'emprisonne, fait basculer le récit vers quelque chose d’à la fois tendre, inquiétant et inévitable. Deux êtres qui se reconnaissent dans leur différence, deux âmes cabossées qui cherchent une échappée hors du destin que le village leur assigne. Né alors un lien traversé d'un désir contenu, d'une joie de reconnaître ses peurs en l'autre et d'une ivresse bouleversante d'être enfin compris et vu.

J’ai trouvé le roman vraiment très bon et envoûtant. À mesure que j’avançais, j’avais l’impression d’entendre les feuilles bouger, de sentir la terre humide, d’être moi-même enveloppé par cette forêt où la nuit n’effraie pas mais protège. L’écriture de l'autrice est d’une densité étonnante et charmante à lire : terreuse, organique, presque minérale parfois, avec des pointes acérées et un souffle végétal qui semble provenir directement du sol pour nous être envoyé au visage à travers les pages du roman. Elle compose un récit où la vie et la mort ne s’opposent plus, où le monstrueux et le merveilleux se confondent dans une même pulsation, où la nature cache autant qu'elle révèle.

"Le visage de la nuit" est un roman qui hypnotise autant qu’il renverse, un texte où les passions et les rages grondent sous la peau des personnages et dans les racines des arbres. Délicieusement sombre et élégamment écrit : foncez !
Profile Image for Laura.
1,352 reviews52 followers
January 11, 2026
Pas mal, mais pour moi ce texte ne va pas assez profondément dans la psychologie des personnages ainsi que leur noirceur. C'est un beau mélange entre Notre-Dame de Paris pour le côté Quasimodo et l'Embaumeur de Duquesnoy pour la partie macabre... mais trop en surface... dommage, l'écriture est réussie.
Profile Image for Sully Holt.
Author 34 books24 followers
February 5, 2026
Une fois de plus, Cécile Coulon s'empare des bases du conte – exempt de morale – et, sans surprise, livre un récit à l'atmosphère fascinante, joliment empreint de poésie dans une nature spectrale où l'on explore la différence, la souffrance, le mal et le pouvoir des éléments.

Comme toujours chez elle, la prose est magnifique, le verbe est charnel, les descriptions s'enchaînent avec une émotion, une précision incroyables. Les silences sont lourds de sens et la tension dramatique est constante.

Dans une campagne reculée, un enfant qu'on isole le jour à cause de sa formidable laideur s'affranchit des hommes chaque nuit, trouve refuge dans la nature et développe un talent rare. Ses actes, dissimulés au cœur de l'obscurité, se transforment en déclarations d'amour pour les bêtes et les créatures malmenées.

Dans cette tragédie inévitable, l'auteur explore le monde nocturne, les dangers des villages repliés sur eux-même, l'intolérance et la bêtise crasse dans lesquelles l'humain se drape depuis la nuit des temps... mais aussi les premiers émois adolescents et le pouvoir de la solitude. Elle évoque la puissance de l'enseignement et de la culture en butte à la stupidité et la violence. Avec délicatesse, elle nous dépeint un monde secret, lumineux, peuplé de richesses que seuls un oeil aguerri et un esprit libre peuvent entrevoir.

C'est une réussite toute en retenue et en non-dits.
Profile Image for Aude Bouquine Lagandre.
766 reviews240 followers
February 9, 2026
Dans « Le visage de la nuit », le dernier roman de Cécile Coulon, le lieu mentionné s'appelle le Fond du Puits, comme dans « La langue des choses cachées ». D'instinct, je sais que nous sommes à nouveau entre la fable noire et le conte. le village n'a pas encore livré tous ses secrets… comme dans son précédent roman, l'autrice nous entraîne par le fond, dans un récit âpre et sombre qui fait naître l'effroi et la compassion dans un même souffle.

Au commencement, une image terrible : un enfant de sept ans au visage détruit par la maladie. le regarder semble insoutenable. Sauvé de la mort par un guérisseur, il vivra en payant à la mort son tribut, le prix de son apparence. Son père, fou de chagrin et de dégoût, l'abandonne. C'est le prêtre du village qui le recueille, assisté de Madame, une ancienne institutrice devenue aveugle. Tous deux vont élever cet enfant entre les murs de l'église, loin des regards du monde. Il devient « Le visage de la nuit ».

Encore une fois, Cécile Coulon économise les temps, les prénoms pour construire un récit intemporel. Ce village oublié pourrait appartenir à n'importe quel siècle. Il y a quelque chose d'archaïque dans cette communauté qui fait penser au Moyen Âge, dans ses peurs, dans sa cruauté latente. Mais après tout, aujourd'hui, au creux des villages reculés, les rebouteux, l'utilisation des plantes et l'incantation aux esprits ne sont pas si invraisemblables. L'écrivaine convoque l'atmosphère des contes, mais pour mieux en détourner les codes… Ici, le monstre n'est jamais celui que l'on croit.

Lorsque la nuit entre en scène, elle devient le seul espace où l'enfant peut se déployer sans être immédiatement assigné à son visage. La nuit efface les contours, égalise les corps et autorise une rencontre avec une petite fille qui vient d'arriver au Fond du Puits. « Le visage de la nuit » peut maintenant déployer toute sa force dans ce jeu de miroirs entre deux enfants aux destins parallèles. D'un côté, le garçon défiguré. de l'autre, une petite fille qui protège un frère doté d'une singularité. Car ce frère reclus, protégé par sa famille qui a fui la ville pour s'installer là, est lui aussi condamné à l'invisibilité.

Quelle maestria que cette symétrie ! Cécile Coulon montre que la norme sociale broie aussi bien ceux qui s'en écartent par défaut que par excès. Ces deux enfants vivent la même relégation, subissent le même enfermement. Leurs familles respectives érigent toutes sortes de murs, physiques et symboliques afin de les soustraire au monde. Sauf que ces murs voulus protecteurs ne le sont pas vraiment… Ils isolent, ils étouffent les enfants et le lecteur avec eux.

La nuit devient alors leur manteau, un espace de tous les possibles. C'est dans l'obscurité que le garçon défiguré trouve une forme de liberté. C'est là qu'il rend la dignité à ceux qui ont péri. le garçon répare ce qui peut l'être et redonne de la beauté aux corps brisés. C'est aussi dans la nuit qu'il croise la soeur de l'enfant cloîtré. Ils marchent ensemble dans le noir, l'un derrière l'autre pour ne pas se voir, et ils parlent. Simplement. Ainsi, ils existent en dehors de leur apparence. Ensemble, ils sont « Le visage de la nuit ». On ne peut qu'être touché par la façon dont Cécile Coulon montre comment l'affection profonde peut naître précisément là où le regard s'efface.

Pourtant, des événements viennent faire exploser un récit saisissant de beauté. La violence des hommes frappe. L'escalade de l'horreur est en marche. Frontale. Inexorable. L'Homme devient rétif à ce qu'il ne comprend pas, ou jaloux de ce qui est considéré comme une injustice. Cécile Coulon montre comment la peur se transforme en haine, comment une communauté peut basculer dans la barbarie, comment des visages ordinaires, les habitants, deviennent les monstres du récit.

« Le visage de la nuit » est un roman dérangeant qui ne distribue pas un pardon facile. Personne n'est tout à fait innocent. Les adultes qui pensent protéger le(s) garçon(s) sont aussi ceux qui les enferment. La soeur du garçon captif est elle-même victime de l'emprise familiale et franchit une ligne irréversible. Cette zone trouble où la souffrance engendre la souffrance, et où les victimes deviennent parfois bourreaux nous sommes sommés de la voir en face.

L'écriture de Cécile Coulon porte tout cela avec une intensité remarquable. Sa langue des choses cachées est charnelle, tendue. Elle sait dire la texture des choses, terre, peau, sang. Ses phrases ont cette qualité rare d'être à la fois précises et poétiques. Quand le texte se fait plus lent, plus contemplatif, l'autrice nous replonge de manière inopinée dans la noirceur la plus totale. Ce rythme, ces respirations, épousent les mouvements de la nuit.

En refermant le livre, j'ai ressenti de l'admiration pour cette autrice qui sait écrire sur la monstruosité sans désigner de monstres. Elle démontre que nous sommes tous capables d'en devenir un. « Le (vrai) visage de la nuit » est celui de la cruauté ordinaire, celle qui se terre en chacun de nous et n'attend qu'une occasion pour surgir. La différence reste insupportable à ceux qui se croient « normaux » et l'enfermement, même dicté par l'amour, reste une prison. Dans cette fable noire et cruelle sur la condition humaine, « Le visage de la nuit » nous plonge face à nos propres abîmes. Acceptez d'entrer dans la nuit pour entrevoir une autre forme de lumière.

https://aude-bouquine.com/2026/01/09/...
Profile Image for Léa.
287 reviews48 followers
February 11, 2026
Une fois encore, j’ai été séduite par l’écriture poétique de l’autrice et son ambiance aussi étrange que bouleversante aux allures de conte.

On retrouve la plume de l’autrice dans ce livre, mais aussi le village du Fond du Puits et le personnage que nous avions laissé à la fin de son précédent roman « La langue des choses cachées », un jeune garçon sauvé de la fièvre par un guérisseur mais qui portera les séquelles d’un visage ravagé.
Ivre de douleur, son père se retrouvera à errer dans ce village perdu, n’apparaissant sur aucune carte, jusqu’à disparaître.

Un récit sous la forme d’un conte tragique, où le jeune garçon devra se reconstruire à l’abri des regards après l’abandon de son père. La nuit sera alors son refuge et sa liberté, lui qui ne peut montrer son visage au grand jour.

Un récit magnifique où la lumière vient des ténèbres, avec de belles réflexions sur l’acceptation de la différence.

La plume de l’autrice est toujours aussi envoûtante.
Un coup de cœur 🤎

« La nature tord parfois ses plus belles branches et décolore ses fleurs […]. Vous vivrez, mais vous vivrez en monstre. Ne craignez pas ce mot, il ne dit rien de ce que vous êtes, il dit seulement ce que les hommes penseront de vous s’ils vous voient. Et les hommes, capables du meilleur et du pire, craignent le monstre quand il ne vit pas en eux. »
1,427 reviews58 followers
March 30, 2026
Voici un roman envoûtant.

Je me suis laissée séduire par les odeurs de terre, d’humus, de renfermé et de poussière.

Je me suis laissée séduire par Madame, ancienne institutrice, qui répond à toutes les questions du jeune garçon.

Le visage du jeune garçon dont on ne saura jamais le prénom, est devenu hideux suite à une maladie qui aurait pu lui être fatale. Il est souvent appelé le monstre, ce qui devient de moins en moins péjoratif.

Du curé qui l’a recueilli, on ne saura presque rien, si ce n’est que son église est vide et qu’il ne semble pas faire particulièrement de prosélytisme.

J’ai aimé le nom du village : Le fond du puits.

J’ai aimé les sorties nocturnes du monstre, sa communion avec la nature, du crépuscule à l’aube.

J’ai aimé son amour naissant avec la jeune fille, leurs rencontres les nuits.

Mais encore une fois, j’ai trouvé ce roman pas vraiment abouti : il y est question de l’enfant laid qui cache un coeur d’or ; et de l’enfant beau comme un dieu qui est vide à l’intérieur.

Une lecture en demi-teinte mais dont l’atmosphère particulière m’a charmée.

L’image que je retiendrai :

Celle de la tombe de l’oiseau à l’entrée du presbytère.

https://www.alexmotamots.fr/le-visage...
Profile Image for Valentine.
14 reviews
January 15, 2026
« Comment d'autres âmes pourraient-elles supporter un tel visage s'il ne le tolérait pas lui-même ? Quand le prêtre lui avait interdit de sortir le jour, l'enfant s'était mis en colère, il l'avait frappé, oui, maintenant, il s'en souvenait, il avait cogné contre cet homme qui le protégeait, l'éduquait, le nourrissait, il avait osé frapper celui qui s'était plié à sa laideur. Le garçon vécut de nouveau la scène avec stupeur, sans comprendre pourquoi le prêtre n'avait pas bougé, acceptant les coups, recueillant cette violence qui n'abîmait personne sauf celui qu'elle habitait. Il voulut rentrer vite, réveiller le prêtre, demander pardon, et faire comme si tout cela n'avait jamais existé, reprendre les habitudes acquises ces derniers mois, ne plus penser à cette figure affreuse, mais l'oiseau était là, sous ses yeux, et s'il partait maintenant quelqu'un le jetterait plus loin, une bête le mangerait, ou des enfants jouertaient avec sa carcasse jusqu'à ce qu'elle tombe en morceaux. »
Profile Image for Caroline.
180 reviews5 followers
March 12, 2026
Je crois que je peux prendre une carte au fan club de Cecile Coulon.
J’aime vraiment son univers, son écriture, ce qu’elle arrive à partager. Le village recule, l’absence d’époque claire, les courses dans la nuits dans les sous-bois, on entend le ruisseau couler près de l’ancienne église, les rire des enfants dans les rues du Village, le silence dans les couloirs de l’église, les soupirs de Madame.
Bref, c’est beau.
On pense évidemment parfois à Quasimodo, caché aux yeux des autres pour le protéger de la méchanceté; pour le frère, j’ai eu un flash « scène finale du Parfum de suskin » en me demandant si finalement ce n’était pas mieux d’être le garçon hébergé à l’église plutôt que le frère.
Et pour une fois, la fin n’est pas « ratée » selon mes critères perso (j’avais été déçue les dernières fois) donc 10/10.
Profile Image for clara.
126 reviews5 followers
January 18, 2026
Pour moi c’est un 4,5. J’ai passé un ex-cel-lent moment de lecture, et mes attentes (qui étaient plutôt hautes, il faut le souligner) ont été comblées : de l’étrange qui frôle le surnaturel, des mystères, un ton poétique et intrigant. Je n’avais pas aimé l’unique et seul roman que j’avais lu de l’autrice, Seule en sa demeure, qui pourtant abordent des thématiques qui me parlent. Cette fois, le pari est réussi ! Une prose riche en images entre l’obscurité et la lumière, la vie et la mort, la beauté et la laideur, j’a-dore !!
Profile Image for Delphine Les.
66 reviews
March 26, 2026
Au Fond du Puit, il y a un enfant qui n’a plus de visage. La maladie l’a mangé. Sa mère est morte, son père est devenu fou, l’enfant est recueilli par le prêtre du village et l’ancienne institutrice Madame, qui a perdu la vue dans l’incendie de l’école. De peur de la réaction des habitants face à son visage ingrat, on lui interdit de sortir dans le village. Il n’aura le droit progressivement de ne sortir que la nuit, quand tout le monde dort.
L’enfant va prendre de l’assurance dans ces balades et grandira. Il rencontrera l’amour et la connaissance, l’affection et un métier qui le changera à jamais…
Cécile Coulon signe à nouveau une grande histoire toute en nature et en secret de village. On est au coeur de la nature et des éléments, on court avec cet enfant la nuit dans la forêt et peu à peu, on est amené comme lui à s’initier au monde. Les évènements sont tragiques, les personnages attachants et courageux, la fin surprenante. Une belle et grande lecture !
564 reviews50 followers
January 17, 2026
Cécile Coulon nous offre avec ce nouveau roman un conte fascinant. Un enfant au visage monstrueux grandit, caché de tout un village. Ses pérégrinations nocturnes sont ses seuls moments de liberté. L'écriture très sensorielle et poétique de Cécile Coulon nous fait ressentir toute la beauté des paysages parcourus. Une romancière au sommet de son art !
Profile Image for Anabelle Regis.
73 reviews3 followers
January 13, 2026
Pas de date, pas de noms, pas de prénoms, seulement un lieu mystérieux : le village du Fond du puits. Un enfant au visage monstrueux est recueilli par un prêtre qui lui intime de ne sortir qu’à la nuit tombée, qui deviendra inévitablement son terrain de jeu. Une histoire aussi sombre que magnétique, un merveilleux conte gothique où s’affrontent la violence des hommes, mais aussi leur inépuisable bonté.
Profile Image for Flavie.
97 reviews20 followers
March 18, 2026
Cécile Coulon signe ici probablement son meilleur roman.

Vie et mort se côtoient étroitement et se répondent à travers divers choix scénaristiques. Premièrement il y a cette opposition des visages de l'enfant "monstre" et de l'enfant magnifique. S'ils n'ont rien en commun de prime abord, ils sont tous deux prisonniers de leur condition, au point où ils ne peuvent vivre au yeux de tous.
Puis, il y a ce lieu, l'église, un lieu qui invoque à la fois la vie (la foi, les visites, les prières), mais aussi la mort (recueillement, cérémonie funéraire...). Un endroit important car il est le refuge du monstre, recueilli par le prêtre et Madame. Car si l'humain juge, Dieu lui, ne fait pas de distinction.
Si le Fonds du puis paraît être un lieu paisible, c'est en vérité le théâtre de tous les drames. Le passé douloureux de Madame qui l'a rendue aveugle, l'impuissance de l'instituteur, les moqueries et harcèlement des élèves, la folie du père de l'enfant monstre, puis le meurtre...

Le roman a un excellent rythme avec l'arrivée de personnages comme la sœur (de l'enfant magnifique) qui apporte douceur et amour face à l'enfermement du monstre. Puis, il y a l'homme des deux mondes qui lègue son savoir à l'enfant monstre, qui devient embaumeur.

"Alors l'existence du monstre devint pleine et joyeuse. Il apprenait son métier le jour, et l'amour la nuit."

Comme Baudelaire, il transforme la boue en or, fait de sa faiblesse une force. Car tout ce malheur, il n'y ait pour rien, et plusieurs fois il se demande, ce qu'il a bien pu faire pour être la source de la colère et de l'agressivité des autres. Il n'a pas choisi ce visage monstrueux.
Je trouve que ce choix est particulièrement audacieux et intelligent ; celui détesté de tous, assimilé à l'horreur, devient le dernier messager de la mort auprès des gens qui le renient. Il contribue ainsi à redonner vie aux morts des vivants.

"Seul comptait l'avenir près des morts dont il prenait grand soin puisque les vivants ne pouvaient plus rien pour lui, sinon l'humilier."

Enfin, il y a un côté enquête, presque polar qui intrigue et pousse à tourner les dernières pages, sans être invasif, c'est très bien réfléchi.

L'ambiance mystique et folklorique des petits hameaux est très réussi, on retrouve le côté "sorcier", imaginaire, presque magique des trois précédents romans de l'autrice. Toujours avec une écriture riche et détaillée, olfactive et sensitive et exaltante. Une immersion totale auprès de la Terre.

Presque un conte, si humaniste et si poétique.



Flavie (flavuera sur booksta :p)
This entire review has been hidden because of spoilers.
765 reviews
March 30, 2026
"Dans le huis clos d’un village, le déchaînement des passions autour d’un monstre et d’un ange.

C’était un bel enfant mais, à la suite d’une fièvre mortelle et de l’intervention d’un guérisseur, il paie sa guérison d’un visage atrocement défiguré. Il vivra mais, aux yeux de tous, il sera un monstre. Abandonné par son père, un homme détesté de tous, il est alors recueilli, éduqué et caché par le prêtre du village car, au sein du Fond-du-Puits, un tout petit hameau isolé, les passions sont violentes et les haines ancestrales.

En dépit de sa monstruosité, il devient un garçon intelligent, aimable et vif. C’est dans la forêt, la nuit, qu’il trouve sa liberté, et bientôt sa vocation d’embaumeur. Un soir, il rencontre pour la première fois une jeune fille de son âge dont la famille vit en marge du village. Son frère aussi doit demeurer caché : il porte, lui, le fardeau d’une trop grande beauté. Une beauté dangereuse car elle suscite des passions malsaines. Se noue alors entre la jeune fille et le monstre une relation forte et dangereuse.

On retrouve dans Le visage de la nuit le village perdu du Fond-du-Puits, où se situait déjà le précédent roman de Cécile Coulon, La langue des choses cachées. Alors que ce dernier était dense dans son intrigue et son écriture, Le visage de la nuit se déploie sur une quinzaine d’années et donne à lire une histoire complexe aux personnages toujours aussi ambivalents. Anges et monstres se confondent, l’idiotie côtoie la connaissance, l’amour mène au meurtre, la vie s’ancre dans la mort. Le lecteur est entraîné dans un maelström poétique aux sourdes résonances. Dans le huis clos d’un village damné s’affrontent toutes les passions que la langue lyrique de Cécile Coulon fait vibrer avec intensité."
Profile Image for Alexa Heinze.
32 reviews1 follower
April 7, 2026
Dans « Le visage de la nuit », Cécile Colon nous invite une fois encore en un lieu mystérieux, à l’écart du reste du monde. Un village tout aussi isolé que celui de son roman « La langue des choses cachées » (un ouvrage que j’avais dévoré!). Mais, cette fois-ci, l’ambiance générale est encore plus sombre…

Ayant survécu à une maladie mortelle, le protagoniste qui n’est alors qu’un enfant, voit sa vie basculer : il est bien vivant mais complètement défiguré. L’horreur est telle qu’il est insoutenable de le regarder… Son père devient fou et prend la fuite, laissant seul l’orphelin. Recueilli par un prêtre et par une ancienne institutrice devenue aveugle suite à un incendie, notre héros devra demeurer caché aux yeux de tous pour ne pas être violenté. Il n’aura le droit de sortir que la nuit, lorsque nul ne pourra jeter sur lui un regard… Mais, quelques années plus tard, il croisera une jeune fille tout aussi isolée que lui… Il découvrira l’amour… Et se trouvera une vocation !

J’ai beaucoup apprécié ce roman qui pose de vraies questions. La laideur, la difformité, la différence, l’isolement, la cruauté, la vie et la mort… Autant de sujets abordés ici. Et puis aussi (et peut-être surtout), le carcan familial, ce que l’environnement nous impose… La vie carcérale d’une jeune fille interroge sur la position de la femme dans la société. Elle qui s’efface, s’isole et refuse de vivre normalement pour protéger l’autre…

La fin est assez tragique… Je n’en dirais rien. Mais il en ressort qu’on ne peut totalement se libérer de sa vie, de celle que les autres nous ont tracée.
A découvrir !
Profile Image for Elpis.
54 reviews
April 18, 2026
4.5 ☆ arrondi à 5.

Le Visage de la nuit est le premier livre de Cécile Coulon que j'ai pu lire, et j'ai été conquise.

Un conte à l'ambiance gothique, dans ce petit village coupé de tout et presque hors du temps, où l'horreur et le grotesque côtoient le sublime. Mainte fois, au cours de ma lecture, j'ai eu en tête Frankenstein, Notre-Dame, ou encore Lucifer et l'Enfant, et cela m'a agréablement surprise. Tous ces personnages que l'on ne nomme pas sont pourtant bien définis, et nous paraissent tout autant en chair que la nature environnante nous parait vivante, être silencieux témoin de cette fable.

J'ai absolument adoré la plume de cette autrice, et j'espère pouvoir lire un autre de ses ouvrages très bientôt.
25 reviews
March 14, 2026
La beauté dans le moche, le grotesque voire le dégoût.
Le début est annonciateur du physique de notre personnage mais nous sommes constamment dans l’attente de ce merveilleux être qui enterrant en collision dans son monde. Mais rien de tout cela. Il est très empathique et curieux, nous le suivons tout autant durant ses explorations nocturnes, ses relations quotidiennes, son apprentissage et son contact avec le monde extérieur. L’histoire se concentre sur la tolérance et l’acception de cette personne qui ne peut se retrouver dans les standards de normalité qui essaye de trouver qui il est et ce qu’il pourrait être sans heurter les autres et être celui qu’il veut ou qu’il peut.
Profile Image for Chloé.
36 reviews18 followers
January 20, 2026
Aussi sombre que fascinant, « Le visage de la nuit » est un texte viscéral et envoutant. Explorant la monstruosité et les violences qui animent un petit hameau isolé, ce roman narre à travers les ombres et les secrets, l’enfance puis l’adolescence d’un garçon atrocement défiguré. À travers ses multiples personnages, Cécile Coulon investi la figure du monstre et compose, tant pas son ambiance singulière que sa plume. « Le visage de la nuit » est une histoire aussi sombre que magnétique dont j’ai eu beaucoup de mal à me défaire avant la dernière page.

Sauvé de la fièvre qui risquait de l’emporter par l’intervention d’un guérisseur, un enfant échappe de justesse à la mort. Défiguré, abandonné par son père, le garçon est recueilli par le prêtre du village. Éduqué et caché au sein de l’église, il grandit à l’abri des regards, trouvant refuge au cœur de la nuit, là où les contours de son visage ne peuvent être définis. Ainsi, c’est dans la forêt, aux heures les plus sombres, qu’il s’épanouit et s’improvise embaumeur. Une nuit, il fait la rencontre d’une jeune fille. Elle et sa famille vivent en marge du village car son jeune frère porte le fardeau d’une trop grande beauté…

Refermée sur elle même, l’histoire s’épanouie tel un huis clos. L’existence du garçon s’établie entre les murs de l’église et les bras de la forêt une fois la nuit tombée. La violence imprègne cette histoire mais questionne la main qui en est l’auteur car en vérité, « Le visage de la nuit » écrit la volonté d’exister, bien qu’en son sein, la vie s’ancre dans la mort.

Décrits avec sensibilité, les corps, soustraits au monde pour leurs monstruosités, trouvent ici dignité. Cécile Coulon parvient à faire naitre, entre ses personnages, une affection là où le regard s’affranchit.

Intense, « Le visage de la nuit » s’arme d’une plume lyrique pour narrer la monstruosité et l’ambivalence que renferme ce terme. Dans une ambiance sourde et âpre, Cécile Coulon partage une histoire, à la lisière du conte, sensorielle et ample. Chaque page est empreinte d’odeurs, de matières, invitant le lecteur à une totale immersion.

« Le visage de la nuit » est une lecture singulière et marquante aux multiples facettes qui donne envie de découvrir l’ensemble du travail de son autrice !
Profile Image for aphrodtyhs.
103 reviews1 follower
February 23, 2026
Comme à son habitude, une écriture poétique et qui se mange comme du petit pain - j’adore ses personnages, ses histoires toujours dans une France d’un autre temps qui manque souvent dans les romans français - maïs également comme à son habitude, des fins vraiment abruptes qui coupent d’un seul coup le roman et qui laisse un goût amer..je pense aussi que le découpages assez étrange et rapide des chapitres accentue cette impression.
Profile Image for justine fourboul.
16 reviews1 follower
May 8, 2026
Fable métaphorique ayant un peu du réalisme magique - un enfant d’une laideur monstrueuse et un autre d’une beauté monstrueuse.
Stylé nouveau roman sans prénom.
Personnages du prêtre et de madame qui semble avoir lu tous les livres de communication non violente dispo à la bibliothèque du village

Un scène à retenir : le monstre en balade avec sa pote qui se fait humilier par des enfants du village puis deus ex maquina de l’enfant beau qui apparaît comme le dieu dans princesse mononoké
This entire review has been hidden because of spoilers.
Profile Image for Louna.
44 reviews
February 9, 2026
Je n’avais encore jamais lu de roman de cette autrice, j’ai reçu cette nouveauté au travail et quelle découverte !

L’histoire de ce jeune garçon et la plume de l’autrice m’ont directement transporté.e à ses côtés. J’ai rarement lu des romans qui me captivaient à ce point dès les premiers chapitres.

Je vais à coup sûr me pencher sur les autres livres de cette autrice !
303 reviews
March 29, 2026
Le beau et le laid, le sublime et le monstre, deux existences qui subissent l’opprobre des autres et doivent vivre cachés.
Comment traverser cette vie, comment se découvrir, comment aimer ?
L’histoire nous emmène à la suite de ce héros peu ordinaire. Original dans le scenario mais écriture assez facile.
104 reviews
April 18, 2026
La première partie du roman augure une histoire pas banale; un enfant victime de maladie devient un monstre, un monstre de laideur.
Quand une famille emménage dans son village, avec en son sein un autre monstre, un monstre de beauté...j'ai imaginé leur confrontation, leur fraternité ou...Mais que nenni !
L'histoire s'oriente vers une improbable fin, quelle déception !
Profile Image for Nils Borkey.
115 reviews4 followers
April 26, 2026
9 eme livre de la sélection du prix inter
Un beau conte sur la différence et l’acceptation
Un petit garçon survit à une grande fièvre grave son visage devient méconnaissable le prête du presbytère va le recueillir. Quand il rentre dans l’âge de l’adolescence il fit la connaissance d’une jeune fille de son âge avec un secret . Un roman sulfureux
Profile Image for Hajer.
771 reviews
January 30, 2026
comme toujours, Céline Coulon séduit par la fluidité de sa plume et la subtilité des thèmes qu'elle traite.
dans un village lointain et inconnu, cadre cher à l'autrice, évolue une intrigue qui tourne autour de la laideur, de la bonté, de l'acceptation et de la résilience..
Profile Image for Delph.
111 reviews
February 14, 2026
Très poétique, moins sombre « gratuitement » que la Langues de choses cachées.
J’ai bcp aimé : les personnages construits en opposition qui questionnent où est la véritable monstruosité ?
Se lit d’une traite
Profile Image for Lolita Tardy.
34 reviews1 follower
January 1, 2026
Cécile Coulon est une magicienne je ne vois pas d’autre explication possible
Profile Image for Jordana Simon.
Author 5 books23 followers
January 25, 2026
Está muy bien escrito. Pero la historia no me trajo nada. El final fue muy decepcionante para mi.
Displaying 1 - 30 of 47 reviews