Jump to ratings and reviews
Rate this book

La Dynastie rouge: Corée du Nord 1945-2014

Rate this book

En succédant en décembre 2011 à son père Kim Jong-il, qui avait pris la suite de son père Kim Il-sung en juillet 1994, Kim Jong-un, le nouveau maître de Pyongyang, a confirmé que la République démocratique et populaire de Corée était plus que jamais la première monarchie absolue communiste de l'histoire. Une contradiction aussi absurde aurait de quoi fasciner si la Corée du Nord ne s'avérait un des régimes les plus impitoyables et dangereux de la planète. L'ordre règne sans doute à Pyongyang, mais grâce à un pouvoir concentrationnaire qui n'a pas hésité à affamer le peuple coréen pour se doter de l'arme atomique.

Première biographie croisée des trois Kim qui ont imposé sans partage leurs volontés et leurs caprices à la Corée du Nord depuis trois quarts de siècle, ce livre, nourri aux meilleures sources internationales, donne à comprendre l'évolution d'un gouvernement unique dans l'histoire, entre violences endémiques, idéaux dévoyés, nationalisme exacerbé, absolutisme frénétique, culte du chef et terreur généralisée. Car la dynastie rouge n'est ni une aberration politique, ni une chimère coréenne, ni une métastase stalinienne, mais la mue cohérente d'un régime meurtrier et opportuniste, prêt à tout pour se maintenir au pouvoir.


446 pages, Kindle Edition

First published October 16, 2014

1 person is currently reading
10 people want to read

About the author

Pascal Dayez-Burgeon

19 books2 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
4 (40%)
4 stars
3 (30%)
3 stars
3 (30%)
2 stars
0 (0%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
Profile Image for Yves Gounin.
441 reviews68 followers
January 9, 2015
La Corée du Nord effraie autant qu’elle fascine. Les clichés font florès pour décrire « l’autre pays du matin calme » : « royaume ermite », « dictature ubuesque », « redoute stalinienne », « satrapie extrême-orientale », « Disneyland de l’horreur » … Les rumeurs les plus folles circulent sur la dynastie des « chers leaders » qui se sont succédé à sa tête depuis 1945 : comme l’écrit avec beaucoup d’ironie Pascal Dayez-Burgeon : « on s’imagine souvent les Kim en pachas des mille et une nuits, escortés d’odalisques lascives leur versant à toute heure le nectar et l’ambroisie » (p. 415).
Cette hyperbolisation est dangereuse. « Prétendre que les Kim sont des fous furieux ou, au contraire, qu’ils seraient redoutablement intelligents, rend hommage à Shakespeare mais n’explique pas grand-chose » (p. 413). Loin des clichés et des fantasmes, Pascal Dayez-Burgeon nous invite à comprendre la Corée du Nord.
Il rappelle les invariants géographiques. Car la division coréenne n’est pas seulement politique. Le 38ème parallèle sépare aussi deux biotopes. Au Sud les rizières verdoyantes et les littoraux riants. Au Nord les vallées encaissées et les hivers rigoureux où « depuis des siècles on se terre pour résister aux assauts de l’étranger » (p. 411). L’environnement régional de la péninsule est tout aussi déterminant. La Corée se compare souvent à une « crevette » entourée de « baleines » : le Japon qui la colonisa de 1910 à 1945, la Chine qui la regarde comme une marche turbulente, l’URSS qui en libéra la moitié septentrionale en 1945 en lui transmettant son idéologie, les États-Unis enfin pour lesquels elle constitue une zone tampon avec la Chine.
Mais la géographie n’explique pas tout. Pascal Dayez-Burgeon raconte comment Kim Il-sung a pris le pouvoir en 1945 et comment il a créé une « dynastie rouge », étrange oxymore rendant compte du mariage contre-nature d’une idéologie marxiste-léniniste avec des modalités monarchiques de dévolution du pouvoir. Le plan de son ouvrage est classiquement chronologique. Mais chaque chapitre tire des liens entre le passé et le présent.
Il réussit à trouver une logique dans un pouvoir dont on se trompe en pensant qu’il n’aurait d’autre règle que l’absurdité et la folie. Kim Il-sung, son fils et son petit-fils ont chacun à leur façon su, à l’intérieur, flatter la fibre nationaliste et, à l’extérieur, exercer un pouvoir de nuisance. On aurait tort de sous-estimer la première – sans ignorer pour autant le despotisme de fer qu’imposent les Kim à leur peuple : maîtres ès propagande, installés au pouvoir depuis près de 70 ans, les Kim ont réussi à reprendre à leur compte tous les symboles de la nation : Koryo, l’antique Corée – qui a donné son nom à la compagnie aérienne nationale et au principal hôtel de Pyongyang – Tangun, le père fondateur – dont les mânes sont invoquées chaque fois que l’État est en danger – le mont Paektu – où Kim Jong-il prétendait avoir vu le jour alors qu’il est né pendant la seconde guerre mondiale dans la banlieue de Khabarovsk où Kim Il-sung avait trouvé refuge …
A l’extérieur, les Kim ont compris que leur nocivité était leur meilleur atout. Ils ont multiplié les chantages. Chantage humanitaire quand la Corée du Nord, ruinée par le collectivisme et le poids des dépenses militaires, a été confrontée à une effroyable famine en 1995-1997. Chantage nucléaire avec la menace de se doter de l’arme nucléaire puis, après l’essai du 9 octobre 2006, la menace de l’utiliser. L’inconvénient de cette politique est qu’elle est condamnée à surenchérir pour rester crédible. Jusqu’où ira l’escalade ? L’ouvrage de Pascal Dayez-Burgeon pose autant de – bonnes – questions qu’il fournit de réponses. Il se conclut sur une ultime interrogation : « Les Kim sont encore là pour un certain temps. Mais ce temps est incertain » (p. 419).
165 reviews
April 5, 2023
Un retour passionnant sur les origines de la plus improbable dictature de la planète
Displaying 1 - 3 of 3 reviews

Can't find what you're looking for?

Get help and learn more about the design.