Aucune chose n'est en soi ou par nature " commune ". C'est l'activité des hommes qui la soustrait aux logiques d'appropriation en la réservant pour l'usage commun, en fonction de la détermination collective de fins sociales. Une réflexion passionnante sur la sortie possible du capitalisme, par les auteurs de La Nouvelle raison du monde.
Partout dans le monde, des mouvements contestent l'appropriation par une petite oligarchie des ressources naturelles, des espaces et des services publics, des connaissances et des réseaux de communication. Ces luttes élèvent toutes une même exigence, reposent toutes sur un même principe : le commun .
Pierre Dardot et Christian Laval montrent pourquoi ce principe s'impose aujourd'hui comme le terme central de l'alternative politique pour le XXI e siècle : il noue la lutte anticapitaliste et l'écologie politique par la revendication des " communs " contre les nouvelles formes d'appropriation privée et étatique ; il articule les luttes pratiques aux recherches sur le gouvernement collectif des ressources naturelles ou informationnelles ; il désigne des formes démocratiques nouvelles qui ambitionnent de prendre la relève de la représentation politique et du monopole des partis.
Cette émergence du commun dans l'action appelle un travail de clarifi cation dans la pensée. Le sens actuel du commun se distingue des nombreux usages passés de cette notion, qu'ils soient philosophiques, juridiques ou théologiques : bien suprême de la cité, universalité d'essence, propriété inhérente à certaines choses, quand ce n'est pas la fin poursuivie par la création divine. Mais il est un autre fil qui rattache le commun, non à l'essence des hommes ou à la nature des choses, mais à l' activité des hommes eux-mêmes : seule une pratique de mise en commun peut décider de ce qui est " commun ", réserver certaines choses à l'usage commun, produire les règles capables d'obliger les hommes. En ce sens, le commun appelle à une nouvelle institution de la société par elle-même : une révolution .
Pierre Dardot, né le 28 octobre 1952, est chercheur rattaché au laboratoire Sophiapol de l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense et professeur en classes préparatoires à Paris. Titres universitaires : Agrégation de philosophie (1980) et Doctorat en lettres et sciences humaines (philosophie) de l’Université de Paris Ouest Nanterre La Défense (1988). Animateur depuis 2004 du groupe d’études et de recherches « Question Marx » avec Christian Laval. Ouvrages : Sauver Marx ? (avec Christian Laval et El Mouhoub Mouhoud), La Découverte, 2007 ; La Nouvelle raison du monde (avec Christian Laval), La Découverte, 2009 ; Marx, prénom : Karl (avec Christian Laval), Gallimard, 2012 ; Commun (avec Christian Laval), La Découverte, 2014.
Voici un ouvrage dense et épais qui devrait parler a tous mais s'adresse avant tout a des spécialistes. Au centre de cette passionante réflexion la question des communs - que les auteurs preferent nommer "commun" - notion qui émerge depuis plusieurs années pour lutter contre les appétits du capital.
L'ambition des deux auteurs est d'assoir philosophiquement le concept de commun et de proposer des pistes pour instaurer le commun.
Un essai stimulant pour qui cherche à penser une transformation radicale de notre société.
Común es un ensayo contundente, de 600 páginas y mucha información e ideas sobre historia, derecho, política, economía y filosofía. Lo he disfrutado de principio a fin, aunque pide leerlo poco a poco para ir absorbiendo toda su sabiduría.
Su propuesta de pensar la política desde las prácticas de las personas autoorganizadas me parece muy convincente y podría ser perfectamente un ideal regulador. También me gusta cómo su propuesta redefine la democracia social desde el libertarismo sin caer en el anarquismo pedestre del siglo XIX y superando a su vez los modelos liberales y neoliberales que asolan nuestro presente.
Un libro imprescindible para articular propuestas emancipatorias y radicales en el siglo XXI.
Um livro que exercita a imaginação política — um arcabouço teórico para o “outro mundo possível”. Faz uma arqueologia do conceito de comum (commons) e das suas implicações políticas (a ideia de “bem comum”, por exemplo, difundida em algumas lutas políticas, traz consigo uma contradição do regime jurídico de “bens” e, portanto, de propriedade). É uma obra densa, não se aproveita numa tacada. Merece ser lida e discutida por partes, em um grupo de estudos, curso ou algo do tipo.
Dardot et Laval sont littéralement les auteurs contemporains les plus pertinent qui m’a été donné de lire. Écrire un review sur ce livre serais interminable. Il est la suite logique de leur œuvre magistrale : la nouvelle raison du monde qui était la construction de l’outil de compréhension de la rationalité néolibérale. Tandis que celui ci est la deconstruction vers la révolution du commun. Pour résumé très très rapidement : le commun est le principe politique de base , il est idéologie , action , démocratie , structure sociale et surtout nouvelle rationalité révolutionnaire . Encore une fois à lire !! Je recommande x 1000.