A-t-on le droit de voler l’histoire d’un peuple? Après avoir été ravagé par la guerre, l’Irak est en proie à un autre fléau, moins spectaculaire mais plus vicieux : le pillage de son patrimoine culturel. Après que toute sa famille a été décimée par une bombe, Maya grandit avec une juste colère qui l’entraîne vers les sphères opaques du pouvoir, et c’est sans relâche qu’elle traque ceux qui confisquent le futur en pillant le passé et en fabriquant les récits d’aujourd’hui. De Bagdad à Paris, de Londres aux musées les plus prestigieux du monde, Maya se lance dans une enquête périlleuse afin de démanteler un réseau international de trafiquants et, l’ironie s’en mêlant, c’est sur le tapis rouge de la plus mondaine des soirées new-yorkaises que celle-ci se dénouera. « Au Met Gala de New York, Kim Kardashian, posait, engoncée dans une robe lamée ornée d’une croix chrétienne aux côtés d’une icône tout aussi rutilante. Enrobé à la feuille d’or, le cercueil du prêtre Nedjemankh était le seul dont elle acceptait qu’il lui fasse de l’ombre, plus de 2 500 ans les séparant l’un de l’autre. Le sarcophage était là, dressé à côté de la star, impassible, sous une pluie de flashs dont il ne semblait pas vraiment comprendre le sens. » Saphia Azzeddine est romancière, scénariste et réalisatrice. Mémoire sous scellés est son neuvième roman.
Magnifique livre. C’est très dure mais très vrai hélas. Voir comment les américains ont inventés des preuves pour massacrer et piller un pays devant le monde entier qui a choisit de fermer les yeux par lâcheté. Et hélas cela ce passe encore à Gaza aujourd’hui.
Mémoire sous scellés de Saphia Azzeddine est un roman d'une force rare, extrêmement poignant et profondément instructif. C'est une fiction ancrée dans des faits historiques réels qui m'a captivée du début à la fin.
L'histoire suit le parcours éprouvant de Maya, une héroïne irakienne dont la famille a été décimée par une bombe. Animée par une colère légitime, elle s'attaque au pillage du patrimoine culturel irakien et traque sans relâche les réseaux de trafiquants d'art, de Bagdad à Paris, jusqu'à New York.
Dès le départ, le roman frappe fort avec le discours de Reema en 1990 devant le Congrès américain, une référence directe au vrai discours de Nayirah Al-Ṣabaḥ, utilisé pour diaboliser l'armée irakienne et inciter à l'intervention militaire. Tout l'aspect géopolitique a été une véritable révélation pour moi. Découvrir les coulisses des guerres en Irak, les révolutions, et surtout le pillage systématique du patrimoine culturel irakien et égyptien m'a révoltée, attristée et passionnée à la fois.
J'ai adoré le style de Saphia Azzeddine : un ton direct, percutant et vibrant d'une colère communicative. La construction narrative à double point de vue (Maya et l'Américain Arthur White) à travers le temps apporte une excellente dynamique. L'enquête est prenante, et l'intrigue tient en haleine jusqu'au bout.
C'est un ouvrage essentiel que tout le monde devrait lire. Seul petit regret : j'aurais aimé quelques notes de fin pour m'aider à démêler plus facilement la fiction de la réalité historique, tant les enjeux sur la restitution des œuvres d'art sont cruciaux. Les sujets abordés sont d'une importance capitale et me marqueront pour longtemps.
Roman… ? Oui mais pas tout à fait. Roman historique, roman politique, roman réel ?
Saphia Azzeddine se penche sur le pillage des oeuvres d’art en Irak. Sur l’hypocrisie, le cynisme ou l’aveuglement volontaire qui permet de dépouiller les patrimoines culturels dans les pays en guerre.
Un roman plus froid et distant, mais beaucoup plus encré dans la réalité que ces précédents