À Gaza, en Ukraine et dans d’autres zones de conflits moins médiatisées, le carnage humain se double d’une dévastation des sols, des eaux, des terres cultivables.Depuis le XXe siècle, les machines de guerre ont acquis une puissance de destruction inédite, au point d’ouvrir, comme le formulait le philosophe Günther Anders, la « possibilité d’une apocalypse ». La guerre a façonné en profondeur nos modes de production, créant des marchés entiers fondés sur des innovations toxiques développées pour les armées.Que faire aujourd’hui face à la remilitarisation du monde ? Alors que les industries d’armement amassent des profits indécents et polluent toujours plus, le mouvement écologiste, héritier d’une longue histoire pacifiste, est divisé. Certains journalistes tenaces, comme Ariane Lavrilleux de Disclose, tentent de faire la lumière sur un secteur opaque.D’autres se battent pour réguler la prolifération de « robots- tueurs » boostés à l’IA. Et dans plusieurs ports d’Europe, les dockers renouent avec leur tradition antimilitariste pour empêcher la livraisons d’armes à Israël. Des formes multiples de résistance qui refusent de céder aux sirènes d’une industrie meurtrière et écocidaire.
Un dossier très éclairant sur l'industrie de la défense. Quand on se réjouit de vendre des armes, il faudrait aussi considérer les conséquences... Chiffre d'affaires mondial : 2700 milliards de dollars. Activités militaires routinières : 5,5% des émissions de CO2. Sans parler, bien sûr, des effets des combats. La notion de "décalage prométhéen" formulée par Günther Anders s'applique parfaitement (L'obsolescence de l'homme, 1956). Elle convient à beaucoup d'autres sujets, notamment l'IA, objet du numéro suivant. D'autres références à trouver dans ce dossier. On appréciera également l'entretien approfondi avec Quinn Slobodian, historien du capitalisme qui analyse les progrès de l'extrême-droite. Et encore plein d'autres choses...