Le jour où Suzanne gagne au Loto, elle prend la fuite et achète un manoir en Normandie. Sur le domaine, elle découvre la tombe de sainte Emmerderesse. Avec trois comparses, elle redonne vie à cette sainte aussi puissante qu'insolente et devient son ombre redoutée. Une révolte débridée s'annonce, car la sainte patronne des emmerdes n'épargne personne. Une aventure libératrice, un premier roman jubilatoire ! " Si l'impuissance fut votre lot et que sur vous l'emportèrent les salauds, ce livre vous vengera. "
La narratrice donne le ton. Avec une plume acérée et un style foisonnant, le premier roman d'Audrey Alwett suit quatre personnages qui vont œuvrer main dans la main pour faire renaître de ses cendres une sainte moqueuse, jeune protégée de Madame de Maintenon. Ce quatuor, en apparence mal assorti, est constitué d'un jeune pompier, d'une aide-soignante dévalorisée, d'une autrice lesbienne germano-algérienne, et d'un vieux médecin juif athée. Leurs aventures hautes en couleur embarquent le lecteur dans un coin de Normandie pétri de racisme et d'homophobie, où le retour de sainte Emmerderesse pourrait faire bouger les lignes.
Qui n'a jamais été spolié ? Humilié ? De sa plume savoureuse et piquante, Audrey Alwett signe la revanche des pauvres filles en faisant renaître de ses cendres une sainte malicieuse. Sainte Emmerderesse est l'aventure folle d'un projet qui échappe à ses créateurs. Impertinent et irrésistible, elle nous invite à un vivre-ensemble joyeux et trépidant. Un premier roman corrosif qui se dévore.
Audrey Alwett, née en 1982 en banlieue parisienne, développe son goût pour l'écriture dès l'école primaire en écrivant des contes de fées un brin ridicules, mais qui ont le mérite de faire rire ses petits frères. Durant ses études littéraires, qu'elle effectue à Nantes, elle travaille dans diverses petites maisons d'édition et écrit pour la presse régionale. Mais les premières publications qui lui importent seront surtout des nouvelles et une préface, écrites dans des genres très différents (fantasy, SF, polar, société, historique…).C'est grâce au Lanfeust Mag qu'elle rejoint le monde de la bande dessinée, en scénarisant quatre histoires courtes. Elle rallie le studio Gottferdom en 2007 pour faire du scénario son activité à plein temps. SinBad, co-scénarisé avec Arleston et dessiné par Alary, est son premier titre.Alwett s'est depuis spécialisée dans l'écriture féminine avec des séries comme « Princesse Sara », « Danseuse » ou « Sweety Sorcellery ». Elle est d'ailleurs la fondatrice des collections Blackberry et Strawberry chez Soleil, qui réalisent des albums à l'attention d'un public féminin.
Suzanne fuit une famille toxique en achetant un manoir sur un coup de tête après avoir gagné au loto. Vite elle est rejointe par un vieux médecin juif lubrique mais pas trop, une auteure lesbienne aux racines musulmanes et un pompier travesti. Tous les quatre vont lancer une sorte de religion autour de Ste Emmerderesse, initialement jeune protégée de madame de Maintenon devenue une sorte de vengeresse de tous les emmerdeurs. Il y a plein de défauts dans ce livre. Le style est un peu quelconque, la construction vaguement bancale, le tout est bien capilotracté et l’intersectionnalité des luttes va bien loin (je sais que c’est le but pour montrer les différentes façons d’être emmerdé aujourd’hui et victime d’injustices, mais par moments, j’avais l’impression que l’auteure cherchait à cocher toutes les cases possibles). Pour autant, je n’ai pas détesté et j’ai même ricané à pas mal de moments. J’ai adoré les anecdotes parsemées sur les saints et leurs reliques (qui m’ont toujours parus une des plus belles absurdités du catholicisme). Malgré le too-much, je me suis indigné des injustices faites aux femmes, aux homosexuels, etc. Bref, je me suis laissé prendre au jeu. Mais souvent j’avais l’impression que le livre aurait fait une meilleure BD qu’un livre. Ou bien je me demandais quel jeu de massacres jouissif aurait construit Michael McDowell autour d’un tel point de départ.
Suzanne, 36 ans, vient de gagner au loto. Vivant dans une famille abusive, elle en profite pour partir sans prévenir personne et investit tout ce qu’elle a gagné pour acheter un manoir. Sur place, elle découvre une tombe, celle de Sainte Emmerderesse. A mesure que des galères vont commencer à lui arriver, Suzanne va faire appel à cette sainte pour punir les personnes malveillantes. ⠀ Je dois dire que je sors de cette lecture assez mitigé même si ça avait bien commencé pour le coup. ⠀ Avant tout, je tiens à préciser que le roman est vendu en littérature générale, et même si le pitch laisse entendre que ça pourrait aussi être de l’imaginaire, ce n’est pas tellement le cas. Il y a des petites choses qui relèvent du miracle mais ça reste globalement un roman contemporain. A garder en tête si, comme moi, vous êtes plutôt des lecteurs d’imaginaire. ⠀ Je ne sais pas trop où commencer pour parler de ce roman à vrai dire mais je dirais qu’il s’apparente beaucoup à de la comédie française, le genre qu’on peut voir assez régulièrement au cinéma. ⠀ On a des personnages plutôt sympathiques dans l’ensemble, une bande de bras cassés attachants, mais (volontairement) caricaturaux. Ça ne m’a pas tellement gêné au départ puisque l’humour ambiant faisait que ça fonctionnait bien, mais à mesure que l’histoire avançait, j’ai pu me lasser un peu de ça (et de l’humour aussi en fait). Le seul personnage qui ne m’a pas lassé et que j’ai apprécié de bout en bout, c’est Ludwig, que j’ai trouvé vraiment touchant. ⠀ Si on veut parler du gros point positif du roman, il faut évidemment parler du côté engagé. Il y a beaucoup de représentation, beaucoup de messages politiques, bref, c’est woke comme on aime. On sent que l’autrice est très engagée, ce qui n’est pas spécialement surprenant quand on la suit un peu sur les réseaux, et c’est très agréable de lire ça dans un roman. ⠀ Maintenant, j’avoue que je me suis assez vite lassé de l’histoire. La mise en place est assez lente, et quand ça finit par prendre du rythme, ça a un peu ce gros défaut des comédies françaises dont je parlais juste avant : ça part dans tous les sens. Plus on se rapproche de la fin, plus on a une surenchère de situations improbables qui donnent l’impression qu’aucune issue n’est possible. Les personnages laissent faire des choses que personne ne laisserait faire, ils se retrouvent dans des situations qui me semblent irréalistes, bref, c’est le genre de choses qui m’agace un peu… ⠀ Et l’humour qui était très appréciable au début, et qui servait très bien le propos, a malheureusement fini par me lasser sur la durée. Après, les romans humoristiques sont toujours un peu délicats pour moi, j’ai quand même assez vite fait de me lasser donc c’est plus une histoire de goût personnel sur ce coup là. ⠀ Globalement, je n’ai pas forcément été très convaincu par la manière dont cette histoire de sainte a été traitée non plus. Je m’attendais à surtout voir ses « pouvoirs » en action, à la voir mettre en place un genre de rétribution cosmique, mais ce n’est pas tant le sujet. On passe notamment pas mal de temps à découvrir un peu son passé, à lire des lettres écrites de son vivant, à comprendre comment elle est devenue sainte. Ça n’est pas inintéressant en soi mais ce n’était pas vraiment ce que j’étais venu chercher. ⠀ Lecture en demie teinte pour moi donc. Je ne déconseille pas le roman parce qu’il y a des choses vraiment intéressantes, d’une part, et parce qu’il existe aussi un public qui y sera plus réceptif que moi d’autre part. Je vous laisse vous positionner par rapport à mes arguments et d’autres avis. Ce livre trouvera en tout cas son public, c’est certain.
Grande fan d'Audrey Alwett, j'étais très curieuse de découvrir son premier roman pour adulte ! Par son caractère multiple, entre l'Histoire et l'humour, la vieille-France catholique face à l'engagement progressiste de l'autrice, il n'a pas manqué de me faire penser fort fort à Sainte Marguerite-Marie et moi, de Clémentine Beauvais. D'ailleurs, l'écho que trouve Sainte-Emmerderesse avec sa sur-médiatisation à la fin du récit suite au livre de notre narratrice n'est pas sans rappeler le conservateur documentaire Sacré-Coeur paru lui aussi après le roman de Clémentine Beauvais. Coïncidence rigolote...
Bref, ce roman a les défauts de ses qualités ! J'adore la verve de notre narratrice, ses connaissances surprenantes, aussi éclectiques et variées que ses origines, qui saupoudrent notre lecture d'un million d'anecdotes historiques et linguistiques ! J'aime que cette narratrice aie plusieurs cultures dans lesquelles elle pioche avec savoir et gourmandise, j'aime qu'elle côtoie des personnages très divers et hauts en couleurs dans le bon comme le mauvais, même pour les plus banals d'entre eux.
Ce roman parle de tant de choses, veut peindre tant de qualités et défauts "à la française", qu'il se perd aussi dans ses excès... et c'est aussi ce qui fait son charme. Pris au premier degré, c'est too much et on est à deux doigts de l'implosion face à toutes ces injustices cumulées. Je ne serais pas étonnée que quelques lecteurs aient été perdus en chemin ! Pensez donc : la chasse, le racisme, l'antisémitisme, l'homophobie, la transphobie, le machisme, les vss, les familles toxiques, les abus de pouvoir, les dérives sectaires, la religion... tout cela dans une seule histoire ! Ajoutez à cela des échanges épistolaires entre Madame de Maintenon et diverses personnalités historiques, des incises sur le théâtre du XVIIe siècle ou sur les marionnettes de Georges Sand... C'est trop, on s'étouffe, on en devient un peu zinzin. Et de fait, parfois c'est un peu longuet et ça se répète.
Bref, c'est baroque. Ça va avec la déco absurde qui enjolive le Manoir Saint-Ange au fil du récit. Ça colle avec la vraie vie car pas un jour ne passe sans que ces sujets soient abordés aux actualités. Ça colle avec le caractère de Sainte-Emmerderesse, qui est de ne pas laisser passer les injustices, les vraies. Ça n'en rend pas les personnages principaux moins attachants. Ça veut peut-être trop en dire ou cocher trop de cases, mais ça dit tout, ou presque.
On en sort soit en lâchant le livre car c'est trop long, trop absurde et ça part dans tous les sens. Soit avec un infarctus face à tout ce que se prennent les personnages dans la gueule, parfois inexplicablement sans rien faire. Mais on en sort aussi avec une affection nouvelle et improbable pour les Jean-Machin et les saintes méconnues, pour les drag-queen, les aides soignantes, les villages normands et les faisans d'élevage. Et c'est beau.
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J'avais de grandes attentes pour ce roman, car j'ai adoré Magic Charly de la même autrice. Et même si je n'ai pas passé un moment désagréable, ça ne m'a pas autant emportée que je m'y attendais.
C'est hyper subjectif, mais je pense qu'il y avait trop de choses abordées (ou dénoncées). C'est important de mettre les injustices liées aux discriminations en avant, mais là, il y en avait trop pour moi et j'ai eu la sensation que l'autrice s'éparpillait un peu, comme si elle avait voulu traiter trop de choses à la fois. Je n'ai pas, non plus, trop apprécié la fin qui n'était pas aussi satisfaisante que je l'aurais voulue (je ne vais pas développer pour ne pas spoiler, bien sûr).
Par contre, j'ai beaucoup aimé tout ce qui concernait les recherches historiques autour du XVIIème. On sent que l'autrice maîtrise son sujet.
J'ai apprécié également que les personnages ne soient pas forcément ceux qu'on met d'habitude en avant dans les romans. La narratrice, notamment, était géniale et très drôle ! C'est un roman original et très loufoque !
J'ai quand même passé un moment agréable (même si certains passages étaient durs à lire, à cause de l'injustice ignoble que subissaient les personnages... mais c'est voulu).
Un joyeux capharnaüm très facile à lire. Sous les délires des personnages autour de la création de leur secte, l’autrice livre une véritable critique de la religion organisée. J’ai cependant moins accroché à la fin, ainsi qu’à certains moments où les personnages restent figés face à la violence qu’ils subissent, alors qu’ils sont construits tout au long du livre comme des personnes fortes et affirmées.
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Quel plaisir que ce roman. Le style est excellent, nous emmène sur les traces jubilatoires de cette petite bande un rien trop décalée pour les bien-pensants qui les entourent. Il y a de l'humour à chaque page, des références pour le plaisir des yeux (et des geeks), mais aussi des vraies informations qui plongent dans la grande histoire. C'est à la fois documenté et follement imaginatif.
Le problème avec la majorité des livres comiques, c'est qu'il faut nous faire rire. J'ai toujours été plus sensible au drame qu'à la comédie et il est plus simple de me tirer les larmes qu'un éclat de rire. Et l'autrice a réussi à me faire rire ET m'émouvoir. ça partait très bien, car j'adore les bandes de loosers qui s'allient de volonté ou par la force des choses. C'est le cas ici : une jeune femme que tout le monde écrase et ne laisse décider de rien, une drag queen qui se cache de sa famille, un vieil homme blanc cis qu'on a envie de détester et une autrice lesbienne franco-algérienne. Alors me diriez vous, c'est une accumulation de clichés, et vous avez raison. Est-ce pour autant un mauvais livre ? non car l'autrice utilise ces clichés avec malice et sans prétention, elle écrit une comédie engagée et satyrique SUR-documentée sur le plan historique. L'autrice n'est pas avare en sources, en documentation que ce soit sur l'histoire de divers.es saint.es mais aussi sur l'étymologie de mots, l'emploi de mots de langues étrangères dans la langue française. Il faut accepter de lire une histoire loufoque qui abusera de certains poncifs pour nous faire vivre des dizaines d'émotions!