J'ai déjà tout raconté, tout écrit. J'aurais dû m'arrêter là, garder pour moi ce qu'il nous restait à vivre. Mais Gaspard est mort. La veille de ses vingt ans. Il n'y a rien à écrire. Et pourtant, j'écris. Parce que je suis en vie. Pour ceux qui sont en vie. J'écris, au nom de tous les miens. Ceux Là-Haut et ceux ici-bas. J'écris le lien. J'écris ce qui nous maintient. J'écris la vie.
Avec simplicité et justesse, Anne-Dauphine Julliand raconte les gestes, les paroles et les liens qui sont autant de lumières dans la nuit.
Je dois être un peu maso pour m’infliger ce type de lecture. Mais après avoir écouté son témoignage dans le podcast « Legend », je ne pouvais pas passer à côté, et aucun regret.
Cette lecture m’a transpercée, mais comment est-ce qu’il pourrait en être autrement avec un tel sujet? Elle y décrit l’impensable, l’intolérable, l’injustice et plusieurs fois mon cœur s’est fracassé avec elle. Les mots toujours justes de Anne-Dauphine Julliand, sa plume pleine de délicatesse, sa sagesse et sa force de vivre, c’est un cadeau qu’elle nous fait de partager cette résilience qui l’habite. Chaque chapitre est empreint d’une telle douceur, douleur aussi, à chaque page on sent son cœur se serrer et on se rappelle l’urgence de vivre le moment présent et de profiter des vivants.
« Je prends conscience que la vie est là, dans ceux qui m’entourent. Et avec eux. Je garde en moi mes anges. Je les garde en cette demeure intérieure qu’ils sont seuls à connaître. Mais je vis avec les vivants. Pour les vivants. C’est aux jours d’Arthur que je veux ajouter de la vie. »
Leurs jours sont comptés. Quelques mois, à peine une poignée d’années. Un cauchemar. Dans un instinct de survie, on chasse les pourquoi, ceux qui rendent fous. On se concentre sur le comment. Comment faire ? Comment vivre ? Un matin sans courage, la phrase du cancérologue Jean Bernard résonne à la radio : « Ajouter de la vie aux jours, quand on ne peut ajouter de jours à la vie. » Elle éclaire notre chemin. Elle devient notre étoile dans le ciel d’encre.
Alors, on ajoute de la vie, on essaye tout du moins, et de l’amour surtout, aux jours de Thaïs, jusqu’à ses trois ans trois quarts, à ceux d’Azylis jusqu’à ses dix ans et demi. Et puis aux nôtres aussi.
On apprend le bonheur autrement. La joie des petits riens, la vie dans l’instant. On savoure les pas de côté, l’éclat des rires malgré la peine. Et on pleure. Beaucoup. Ensemble. On comprend que la consolation ne chasse pas la souffrance, elle apporte la paix. Celle qui permet de vivre sa peine sans peur..
Anne-Dauphine Julliand @rosanbelle "Ajouter de la vie aux jours".
Déjà très touchée par l histoire de ses filles (2 petits pas sur le sable mouillé) j ai de nouveau été admirative devant le courage de cette maman et la mort de son 3eme enfant. Rester debout , continuer à vivre et respirer car il reste un enfant, un mari, la famille. Trouver la force de rester debout. Une belle leçon de vie.
Réussir le pari de transformer une douleur inimaginable en tant de douceur est un exploit. Anne-Dauphine Julliand nous fait cheminer à travers son deuil via des petits moments de la vie, autant dans la peine que dans la joie et souvent les deux en même temps. Un récit poignant, délicat, tendre et sans aucun pathos. Je recommande vivement.
Avant de lire ce livre, il faut passer par ses premiers livres pour comprendre. Anne Dauphine Julliand écrit ce livre après le suicide de son fils aîné, Gaspard. Elle a déjà perdu deux filles d’une maladie orpheline.
Ce livre rassemble toutes les étapes de son deuil, les mots/gestes qui l’ont aidé à avancer et à apprendre à vivre malgré toute la douleur. Terriblement émouvant et dure à lire. Mais Anne-Dauphine est juste extraordinaire tant dans sa plume que dans sa manière d’affronter l’inimaginable…
Je ne peux pas mettre une note à un livre aussi vulnérable que celui-ci. Anne Dauphine Julliand nous y dévoile toute sa peine mais aussi tout son courage. Larmes assurées à chaque page.
Après la perte de 3 de ces enfants ,Anne-Dauphine Julliard nous raconte sous forme de petits chapitres comme continuer à avancer et à vivre ,doucement mais sûrement . Bouleversant , difficile mais magnifique, rempli de douceur , de joie,de petits bonheurs et d’amour. Un très beau témoignage qui donne espoir face aux drames de la vie.
« Il n'y a rien à écrire. Et pourtant, j'écris. Parce que je suis en vie. Pour ceux qui sont en vie. J'écris, au nom de tous les miens. Ceux Là-Haut et ceux ici-bas. J'écris le lien. J'écris ce qui nous maintient. J'écris la vie. »
Merci, chère Anne-Dauphine, d'avoir écrit ce témoignage pour "donner une réponse au sans réponse". Terminer votre livre a soigné des blessures de l'âme et du cœur dont je n'avais même pas pleinement conscience.
"Le véritable courage, c'est de faire en soi un espace à la peine. Un lieu immatériel où elle peut s'exprimer. L' autoriser à habiter le cœur et les pensées. Sans la laisser tout coloniser. Juste à sa place. À sa juste place. La vivre comme elle vient, quand elle vient."
Emouvant. Anne Dauphine Julliand se confie sur sa survie après le pire drame qui soit, sans pathos avec pudeur. Sa plume est douce et nous prend au coeur Evidemment, lu avec la boule à la gorge tout du long. Je pense souvent à elle, le décès de Gaspard m'avait choqué. Elle et son mari avaient déjà connu le pire...
Ma citation préférée du livre qui le résume parfaitement : « On n'est pas fort de sourire. Le véritable courage, c'est de faire en soi un espace a la peine. Un lieu immatériel où elle peut s'exprimer. L'autoriser à habiter le cœur et les pensées. Sans la laisser tout coloniser. Juste à sa place. À sa juste place. La vivre comme elle vient, quand elle vient. ».
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« Ajouter de la vie aux jours, et que les autres, aussi, ajoutent de la vie à nos jours. », tel est le fil rouge de ce petit livre poignant, qui se lit par petites touches tant chaque page déborde d'émotions.
J'étais un peu sceptique avant de lire ce livre. Anne-Dauphine Julliand a déjà tant écrit, j'avais peur de tomber dans le "voyeurisme émotionnel". Mais des critiques positives m'ont convaincue, et heureusement.
Avec délicatesse, Anne-Dauphine Julliand nous confie sa souffrance de mère, mais aussi celle d'inconnus, rencontrés par hasard ou par chance. Tous ces petits témoignages de vie tissent un récit empreint de douleur et de douceur, de peine et de lumière. Ils bouleversent et apaisent.
Lu d'une traite dans le train, avec quelques pauses pour maîtriser mon émotion. Un récit aussi triste que percutant, servi par une écriture d'une grande délicatesse et empreinte de pudeur. Quel remarquable parcours de résilience...
Bouleversant, aussi sûrement car certains sujets me touchent personnellement et que je me retrouve assez bien dans les pensées et les mécanismes de survie de l’autrice. Son écriture est douce et juste pour raconter l’indicible, l’impensable et malgré tout, l’envie de rajouter de la vie aux jours
Anne-Dauphine relate dans son 5e livre le suicide de son fils ainé, qui correspond aussi à la mort de son 3e enfant. Un livre qui vous brise le cœur, mais qui reste à la fois magnifique. Je ne rate jamais un livre d’Anne-Dauphine, et avec le temps et les épreuves, son écriture devient de plus en plus poétique et douce. J’ai adoré ses brillants courts chapitres qui ne parlent finalement que de l’essentiel : l’importance de l’amour et des liens dans tant de douleurs, la confiance éternelle malgré tout dans la vie. Une figure féminine de courage qui m’inspire depuis longtemps maintenant !
" La réalité explose à retardement. La douleur aussi. On perd ceux qui meurent une fois en entier, puis on les perd sans cesse en détail. Ce sont ces détails qui font le plus mal". Alors, Anne-Dauphine Julliand s'évertue à écrire ces détails. Pour ceux qui restent. Pour la vie.
Entre le vide qui l'envahit toute entière au courage de se lever le matin, l'autrice raconte de manière très pudique mais magnifiquement poétique sa douleur. Quelle ode au courage 🤍
Seul regret: ne pas avoir commencé par "deux petits pas sur le sable mouillé" pour mieux comprendre la maladie dégénérative dont furent frappées Thaïs et Azylis.
Impossible de noter ce livre, mais cette écriture est vraiment magnifique, cette justesse dans les mots, cet courage, cette poésie malgré la tristesse de cette histoire, c'est juste beau.
Peu de personnes écrivent avec autant de justesse sur le deuil, la façon dont cela s'insinue et modifie le quotidien, que ce soit pour le rendre difficilement vivable ou au contraire ajouter une nouvelle dimension aux joies anodines qui nous raccrochent à la vie. J'aime énormément l'écriture d'Anne-Dauphine Julliand, simple et juste, qui touche de plein coeur. A lire, et relire.
La vulnérabilité, la tristesse et à la fois la beauté s’entremêlent finement dans ce livre. Après avoir déjà perdu deux filles atteintes d’une maladie orpheline, Anne-Dauphine Julliand raconte ici le décès de son fils Gaspard, qui se suicide la veille de ses 20 ans.
Avec une immense délicatesse elle met des mots sur la douleur et le deuil. Elle partage aussi ces instants du quotidien, ces gestes, ces présences, ces mots, qui lui permettent peu à peu de traverser l’épreuve. Et surtout, elle exprime ce désir profond d’embellir autant que possible la vie, et notamment celle d’Arthur, le dernier de ses quatre enfants, en cherchant, comme le dit si justement le titre, à “ajouter de la vie aux jours”.
Passages qui m’ont marquée:
“On n'est pas fort de sourire. Le véritable courage, c'est de faire en soi un espace à la peine. Un lieu immaté-rielou elle peut s'exprimer. L'autoriser à habiter le cour et les pensées. Sans la laisser tout coloniser. Juste à sa place. À sa juste place. La vivre comme elle vient, quand elle vient.”
“Son sourire d'aujourd'hui ne nie pas sa peine. Au contraire, il la révèle. Il dit la cohabitation des sentiments. Non pas la lutte de puissances que l'on croit s'opposer, mais leur compagnonnage apaisé. Elle peut vivre la joie parce qu'elle sait pleurer dans le noir.”
“Et puis il y a les souvenirs qui grondent, l'écume aux dents, tapis dans un recoin sombre. Ceux que je maintiens le plus loin possible. Ceux qui font du mal. Relents amers. C'est la compagnie des regrets, des remords, des occasions perdues.”
“On apprend le bonheur autrement. La joie des petits riens, la vie dans l'instant. On savoure les pas de côté, l'éclat des rires malgré la peine. Et on pleure. Beaucoup. Ensemble. On comprend que la consolation ne chasse pas la souffrance, elle apporte la paix. Celle qui permet de vivre sa peine sans peur.”
“Et je fuis le bonheur aussi. Je le fuis parce que j'ai peur. Peur qu'il ne se sauve. Qu'il débarque à nouveau, tambours et trompettes, avec son lot d'insouciance et de rêves. Avant de disparaître. Ne laissant que son ombre. Et la peine plus grande.”
“Il ne restait que la peine à vivre. L'infirmière m'a tenu compagnie dans ma souffrance. Elle ne l'a pas portée à ma place. Elle savait qu'elle ne le pouvait pas. Il appartient à chacun d'emprunter son chemin, quel que soit le poids du cœur. Mais elle m'a tendu une main pour me relever, une épaule pour m'appuyer.”
“Comme tant de fois, le vide m'a envahie, sans prévenir. Loïc et moi, assis côte à côte, chacun dans son livre, mes pieds nus sur ses jambes. Sa main qui gratte le dos du chat qui ronronne. L'odeur du café tout juste bu, les traces de chocolat fondu sur la soucoupe. Au-dehors, le chant des oiseaux et, sur les fenêtres, les dernières gouttes d'une giboulée. Un calme de dimanche. Quand soudain, comme un uppercut en pleine poitrine, le vide. D'air, de paix, de sens. À quoi bon tout ça? À quoi bon la vie ? Absurde.”
“Elle entend mon sourire. Et dans ma voix, le printemps.”
"A l'heure la plus sombre, alors que même les ombres avaient fui, une infirmière s'est approchée de moi, recroquevillée sur mon lit. Elle s'est assise sans un bruit, juste à coté. Avant de dire cette phrase qui m'a sauvé la vie:" je suis là ". Pas un mot de plus. Et pourtant bien plus que des mots. Une présence, affirmée, assumée, qui a chassé, ce soir là, la peur et la solitude. Il ne restait que la peine à vivre. L'infirmière m'a tenu compagnie dans ma souffrance. Elle ne l'a pas portée à ma place. Elle savait qu'elle ne le pouvait pas. Il appartient à chacun d'emprunter son chemin, quel que soit le poids du coeur. Mais elle m'a tendu une main pour me relever, une épaule pour m'appuyer. Tout ce dont j'avais besoin. Puis elle est repartie, aussi discrètement qu'elle était arrivée. Léger bruissement, battement d'ailes d'un ange. Elle a laissé là ce qu'elle avait apporté: un lien qui nous unissait. De ceux qui révèlent la beauté du cœur humain".
"Les mots d'Arthur ont provoqué un pivotement intérieur. Je prends conscience que la vie est là, dans ceux qui m'entourent. Et avec eux. Je garde en moi mes anges. Je les garde en cette demeure intérieure qu'ils sont seuls à connaitre. Mais je vis avec les vivants. Pour les vivants. C'est aux jours d'Arthur que je veux ajouter de la vie"
Non fiction - Sélection de Décembre - Grand Prix des Lectrices Elle 2025 🏆
Il est difficile de donner un avis sur le texte d’une telle douleur que celle de la perte de 3 enfants.
Parce que ce texte, qui ressemble à un journal intime, c’est le cri d’amour et le cri de douleur d’une mère pour ses enfants partis trop tôt. Et puis c’est aussi comment vivre après autant de drames et comment aider son dernier fils à survivre à la mort de son frère et de ses sœurs ? Comment y voir un avenir quand ses enfants n’ont pas eu cette chance ?
Par ce récit, Anne-Dauphine Julliand, répond à ces questions en ajoutant, en plus de la vie au jour, de la couleur à l’existence puisée dans les petites choses a priori « banales » du quotidien. Une lutte contre le malheur.
Le témoignage émouvant et déchirant d’une mère et d’une femme toujours debout malgré les déflagrations qui se sont abattues sur sa famille.
Je craignais de lire ce récit, j’avais peur de ce que j’allais y trouver, peur de ne pas réussir à lire pareille douleur... Pourtant, malgré sa thématique, ce récit n’est pas tragique mais lumineux. Toutes les étapes du deuil y sont abordées, on intègre pleinement l’intimité de cette famille et les émotions de l’autrice mais on y voit surtout la force dont cette femme et sa famille ont fait preuve pour continuer de croire encore en la vie.
C’était merveilleusement bien écrit et percutant.
Un récit qui nous fait relativiser et prendre conscience de l’importance de chaque journée de notre vie et de saisir les petits bonheurs du quotidien.
« Tu verras, Thaïs t'enverra des signes, c'est sûr. » Je n'ai rien répondu. Mais cette injonction à guetter des preuves m'a agacée. Pourquoi chercher à faire parler l'Au-delà? J'ai refermé la porte derrière elles. Gaspard a disparu dans sa chambre. Avant de revenir, un livre dans la main. Celui que nous avions lu quelques nuits plus tôt, collés l'un contre l'autre. […] Quand j'ai tourné la dernière page, il a dit en caressant son oreille, comme il le faisait quand il était ému: « Ton amie tout à l'heure, elle a dit que Thais t'enverra des signes. C'est des signes comme celui-là ? C'est possible d'en avoir en vrai ? » , Son doigt a pointé la couverture du livre, le dessin élégant et son titre « Mon cygne argenté ». Pour lui, les signes étaient des cygnes. Je n'ai jamais oublié les cygnes de Gaspard. Grâce à eux, et à lui, je souris intérieurement chaque fois que l'on me demande si je vois des signes de mes enfants.
Rien à en redire que du positif !!je suis un jeune de 23 ans donc je ne peux qu'imaginer les épreuves de cette dame ,mais pourtant le style à travers lequel madame écrit est si claire que parfois les phrases se convertissent dans les images qui composent la pellicule du récit anecdotique sans que je m'en rende compte tellement par moment j'étais épris.
Pour ce qui est des aphorismes qui parsèment le livre de part en part , seigneur il me donne la gratitude de la connaissance de la langue française, d'ailleurs parfois il me touché tellement que je devais relire le paragraphe car trop saisie par la beauté du style j'en oublié le fil conducteur de l'histoire 😊😊.
Je finirai cette revue en mentionnant juste un message d'admiration envers l'autrice qui partage tant sans en dire trop .
Mettre des mots sur une peine indiscible. La quatrième de couverture parlait de la ressemblance avec Bobin. Il y a quelque chose de la poésie, la beauté, la spiritualité de Bobin. Un livre qui se tient à la place du trou béant de la blessure, des trois blessures, des trois morts. C’est comme si chaque mot s’envolait. Tout est empreint d’une légère mais profonde tristesse. De la conviction que la vie ne doit pas se justifier. Et que la souffrance ne doit pas s’expliquer, se rationnaliser, se compartimenter. Des instants de bonheur volés à la souffrance, comme un repiration avant de replonger la tête sous l’eau.
« Ajouter de la vie aux jours quand on ne peut plus ajouter des jours à la vie. » Comment avancer quand tout à ce que l’on donne vie finit par mourir ? Le témoignage poignant d’une maman qui a perdu trois de ses enfants et qui tient bon pour son dernier. Comment fait-elle ? Elle fait car elle n’a pas d’autre choix. Ce livre est la définition même de la résilience humaine.