L’hiver passé, pendant les vacances de Noël, je suis devenue complètement obsédée par le gazon – non pas le végétal en soi, mais l’idée de, le concept. L’hiver ne voulait pas se décider et nous étions pris dans cette zone grise à la fois physique et mentale où l’extérieur devient complètement impraticable; dans ces temps-là, je plie, je plie du linge et je pense, beaucoup, à toutes sortes de choses. En regardant le terrain interdit, momentanément inutile, il m’est soudain apparu que le gazon était d’une richesse infinie; le gazon : un sujet passionnant, j’ai pensé.
De la maison d’enfance qui n'arrivait pas à la contenir à celle qu’elle a choisie pour y bâtir sa vie de famille, Danièle Belley propose un récit introspectif et frontal où elle réfléchit à l’amour qu’elle a pour son rôle de mère de banlieue et à l’effritement progressif de son fantasme d’échapper à la norme. Dans une langue libre et parfois effrontée, elle signe une réhabilitation mordante de la banalité.
Drôle de livre. Pas wow, mais excellent. Mettons gris confortable, mais aussi dur à lire par moment. Pour reprendre la métaphore du linge: c'est une paire de bas, mais avec un trou à un orteille. D'ailleurs, je serais curieux de connaître la technique de pliage de la narratrice pour les bas. Elle les met en boule, ou bien les replit l'un sur l'autre ? Hein Hein ?
C'est le roman québécois le plus français que j'ai lu jusqu'à maintenant. 😅
L'écriture est fragmentaire. Il ne se passe pas grand chose et, quand un événement majeur survient, on y passe 3 pages puis on n'en parle plus jamais. Le style est ultra travaillé, c'est beau, c'est poétique. Je sentais cependant qu'il n'y avait pas assez de contenu pour le supporter.
Si j'avais eu plus de temps (mon prêt arrivait à échéance, alors j'ai lu rapidement), je pense que j'aurais pu analyser les sections, les images évoquées et l'apprécier davantage.
Reste que je ne feelais pas pour un roman français à ce moment-là.
J’ai été séduite par la plume dans les premières pages. Puis elle a disparue pour se transformer en une autre complètement. Elle revenait par moment, mais repartait aussitôt, sans explication. Ça m’a profondément gossé.
J’ai bien aimé la structure et la prose! J’ai particulièrement apprécié les trop rares moments contemporains dans sa banlieue actuelle avec ses scènes d’intimité familiale et de réflexion sur le gazon. Le roman contient de belles descriptions des gestes du quotidien.
3,75 ⭐️ Un essai fragmenté qui rencontre l’auto-fiction. Difficile à suivre par moment, très poignant à d’autres instances. Une lecture que j’ai apprécié somme toute.
Intelligent, sensible. Il faut lâcher les étiquettes: ce n’est pas un roman, ce n’est pas de l’essai, des fragments. C’est autre chose.? Et c’est beau.
Il y a dans ce roman un nombre incalculable de choses que je déteste. La mise est sauvée par quelques pépites littéraires ici et là, mais impossible de faire fi de toutes ces fois où j'ai roulé des yeux.
D'ailleurs, on peut parler du fait que Danièle n'est pas trop dans la sororité? À mon souvenir, l'ensemble des interactions féminines ont quelque chose de négatif. Que ce soit un énième commentaire sur le physique, la situation mentale, la compétitivité ou les choix de vie, y'en a pour tous les goûts.
Et que dire du passage sur le terme "Outgrow". La langue française évolue et c'est tant mieux, mais elle est aussi dotée d'un nombre faramineux de mots très spécifiques. Il y a bel et bien la possibilité de traduire le mot Outgrow en fonction du contexte. Je ne m'étendrai pas davantage.
Finalement, j'ai trouvé le ton hautain. Ça n'a pas aidé mon appréciation.
J'haïs plus que j'aime la banlieue, j'étais donc un public difficile à convaincre.
C'était MA opinion.
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Roman autobiographique écrit par fragment qui tend parfois vers l’essai, j’ai beaucoup aimé le style d’écriture à la fois profond, désinvolte, poétique et frontal. Je me suis énormément reconnue dans les références à l’enfance et l’adolescence de l’autrice qui a grandit à cap rouge dans les années 90. Ça m’a fait du bien de voir combien ce vécu partagé autant banal et commun qu’il soit comporte en soi une valeur absolue et culturelle. Merci à l’autrice d’avoir su si bien nous le démontrer en nous racontant son histoire.
J’ai acheté ce livre sur un coup de tête au Salon du livre de Montréal cette année, après avoir lue la critique dans la Presse. Aussi parce que j’aime beaucoup les Éditions de Ta Mère, et que le sujet m’interpellait.
Après un début un peu lent (ça m’a pris quelques chapitres pour embarquer), l’effet wow est arrivé. Il y a une part de moi qui s’est reconnue dans ce roman.
Lecture très intéressante et très bien écrite.<-div>
La plume est divertissante, y’en a pas deux pareil. Le contenu me donne l’impression que c’est ce que les gens pensent quand ils ont le regard dans le vide dans le train en rentrant chez eux dans leur banlieue. J’imagine que l’histoire est le fun à lire si tu t’y retrouve. Chose qui n’était pas mon cas (banlieue, 2 enfants, un passé punk des années 90).
Honnêtement, 4.5. J’ai ADORÉ. Une belle réflexion qui nous amène à nous dire qu’au final, c’est bien normal d’être banal. On se casse la tête à vouloir dont être différent et intéressant. La tranquillité est l’une des formes les plus simples de la liberté.
j’ai 19 ans, je me suis tellement sentie comprise lorsqu’elle parlait de son besoin de s’émanciper et d’échapper à la norme alors qu’en vrai, je sais que je risque moi aussi de finir en banlieue.
Un peu dur à suivre au début, mais contient quelques belles illuminations, perles littéraires entremêlées d'anecdotes parfois intéressantes parfois moins.