Disclaimer : je mets 3 étoiles, mais je tiens à dire que c’est, objectivement, un très bon livre. L’histoire est solide, bien construite, et la réécriture de Cendrillon est à la fois originale et marquante.
Mais… j’aurais dû prendre beaucoup plus au sérieux le mot “horreur” dans le résumé.
On est ici sur quelque chose de très sombre, très glauque, avec une Cendrillon complètement réinventée et des scènes parfois assez graphiques, qui m’ont personnellement dérangée.
Ce n’est simplement pas ce que j’ai l’habitude de lire, ni ce que je recherche dans mes lectures.
Et pourtant, je l’ai terminé. J’y ai trouvé des qualités évidentes, et je comprends totalement pourquoi ce livre peut plaire. C’est d’ailleurs un titre que je recommanderais sans hésiter à celles et ceux qui aiment les réécritures de contes version horreur, parce que c’est extrêmement bien fait.
Mais de mon côté, certaines scènes n’étaient pas pour moi, ce qui explique cette note.
Je ne pense pas lire la suite (s’il y en a une), mais je reste impressionnée par la proposition.
C’est là le postulat de base de Celle qui dansait avec les ténèbres, revisite horrifique du célèbre conte signée W.R. Gorman.
L’histoire est narrée du point de vue d’Eunice, qui voit d’abord arriver sa demi-sœur avec l’appréhension jalouse bien compréhensible d’une petite fille dont la vie est chamboulée. Mais dès la première rencontre avec Cendrillon, sa nature monstrueuse se révèle. Et le quotidien d’Eunice va, en effet, être bouleversé. Le père de Cendrillon lui enseigne les règles permettant de maintenir cette dernière sous contrôle : lui donner des ordres pour l’occuper, la nourrir de mets avariés, ne pas la voir entre minuit et trois heures du matin et ne jamais, jamais, la nommer autrement que comme une sœur.
J’ai adoré la façon, très maline, qu’a eu l’autrice de reprendre les éléments du conte pour les intégrer à sa vision : le rejet des demi-sœurs – ici bien naturel étant donné la nature de Cendrillon – les corvées, le lien avec les rats (nettement moins mignon que dans le dessin animé !), il y a même l’épisode du tri des lentilles !
Quant à la fameuse scène de l’essai du soulier en verre, qui voit Eunice se mutiler le pied comme dans la version des Grimm, j’ai trouvé l’explication bien plus cohérente dans Celle qui dansait avec les ténèbres que dans le conte en question : l’enjeu n’est pas du tout le même (mais je vous laisserai le découvrir !)
Ce qui fait tout son charme avarié dans ce roman, c’est le mélange entre un conte qui, dans nos imaginaires, est souvent chargé de la douceur de la version Disney, et une ambiance lovecraftienne marquée (pas de panique si vous n’avez pas lu d’œuvres de Lovecraft : vous apprécierez tout autant l’atmosphère horrifique du roman). J’avoue avoir éprouvé grand plaisir à frissonner au fil des pages, comme lorsqu’enfant, je dévorais des Chair de poule – on est en effet dans une horreur qui verse parfois dans le grand-guignolesque, et non pas dans le gore qui tache et met mal à l’aise (en tout cas, de mon point de vue). En revanche, ne commettez pas la même erreur que moi : ne le lisez pas en mangeant ! J’ai eu le malheur de prendre mon petit déjeuner tout en le parcourant, et autant vous prévenir que des scènes peu ragoûtantes, il y en a dans ce livre…
J’ai beaucoup aimé, aussi, le personnage d’Eunice. La petite fille se voit imposer des responsabilités bien lourdes pour son âge, au début du roman, avant de devenir une jeune fille résiliente et forte, douloureusement consciente de ce poids et prête à l’assumer, en dépit de son aspiration à la liberté.
Quelques bémols toutefois : j’ai trouvé la fin bien trop facile, à la manière d’un soufflé qui retombe. Heureusement que l’épilogue relève cette déception ! Autre bémol, c’est l’absence de réponse claire concernant les origines de Cendrillon. Sans tout dévoiler, j’aurais aimé un peu plus d’explications à me mettre sous la dent.
Mais dans l’ensemble, j’avoue avoir beaucoup aimé cette revisite monstrueusement corrompue d’une héroïne de conte habituellement présentée comme pure et innocente.
J'ai adoré cette version revisitée vue sous le regard d'une des belles-sœurs de Cendrillon, avec un côté horreur. Mais attention : âmes sensibles s'abstenir, les descriptions de certaines scènes sont tellement détaillées que j'en ai eu des haut-le-coeur.
C'était pas fameux. Je sais qu'il faut être un peu tolérant avec tout ce qui est conte/ré-écriture de conte sur ce point mais tout était tellement en surface... Les personnages sont 2D au possible. On ne va même pas parler de l'insta love entre Eunice et le prince parce que c'est une des pires semi-romances que j'ai vu. En fait, il y avait de bonnes idées mais RIEN n'était abouti. Rien n'était logique. Et le côté horrifique finalement se résumait surtout à du pourri, du gore et un monstre version lovecraft.
J’ai lu pas mal de réécriture de contes mais c’est le premier que je lis de la sorte. Et ça a été une super lecture ! Surtout ne passez pas à côté des TW. Certaines scènes sont vraiment très détaillées et gore (je pense notamment à l’une d’elle qui m’a mise un peu mal 🫠) J’ai vraiment aimé le personnage d’Eunice.
Je découvre la plume de W.R. Gorman avec Celle qui dansait avec les ténèbres et quelle expérience 😱
Cette lecture m’a clairement sortie de ma zone de confort. C’est dérangeant, addictif, oppressant et parfois très graphique. L’autrice nous plonge dans une ambiance lourde et poisseuse qui nous enveloppe dès les premières pages
La plume est fluide, immersive et surtout très visuelle. Certaines scènes restent vraiment en tête. Mention spéciale à la scène de la pantoufle : je connaissais bien sûr le conte original, mais la découvrir ici dans une version beaucoup plus graphique m’a marqué 🫣
Ce que j’ai particulièrement aimé, c’est la manière dont le livre joue avec notre fascination morbide. On ressent un vrai malaise pendant la lecture, mais dans le bon sens du terme : celui que l’on recherche justement quand on ouvre un roman horrifique
La fin est très satisfaisante, même si je dois avouer que j’en aurais volontiers pris un peu plus, juste parce que je ne voulais pas lâcher le livre 😂
Si vous aimez l’horreur et les réécritures de contes avec une atmosphère sombre et oppressante, ce livre pourrait bien vous plaire !