Modernae, une ambiance Dark Academia pour une Scientasy où trois romances se mêlent.
1857. Alors que la révolution industrielle est en plein essor, James Clerk Maxwell, physicien renommé, obtient un poste au Marischal College. Dans cette prestigieuse école est enseignée la Modernæ, un prolongement des sciences physiques qui dépasse les limites du possible. Il y rencontre Cara, une élève intrépide qui souhaite relever le défi lancé par un établissement concurrent, la Dark Academia. Mais il y a bien plus en jeu que de montrer la supériorité de son équipe. Cette compétition est l’occasion de donner une voix à ceux qui, dans cette société victorienne, sont relégués au second plan.
Dans cette uchronie où l’Histoire rencontre le surnaturel, vous traverserez des bibliothèques poussiéreuses, découvrirez des expériences rutilantes et vous confronterez à l’impossible, et cela ne vous laissera pas indemne…
Avec Modernae, Nelly Iceta signe un roman ambitieux qui réussit à rendre des notions physiques complexes accessibles même aux lecteurs peu familiers du genre uchronique. L’autrice parvient à vulgariser des concepts scientifiques sans jamais perdre le lecteur, un vrai tour de force qui témoigne d’un réel souci de clarté et de pédagogie. Elle réussit surtout à lier ces principes scientifiques rigoureux à une dimension presque magique, donnant naissance à un univers où la logique et l’imaginaire cohabitent avec une belle harmonie.
On retrouve ici une marque de fabrique chère à Nelly Iceta : son goût pour les duos. Comme dans sa duologie Lockets, elle construit la dynamique du récit autour de relations fortes, souvent fondées sur la complémentarité et la tension. Ce choix narratif permet d’ancrer l’histoire dans l’humain, de créer des échanges riches et d’instaurer une belle intensité émotionnelle.
Cela dit, j’ai ressenti un petit manque concernant les personnages de Cara et Rélhyna. Leur passé reste en surface et j’aurais aimé en savoir davantage sur leurs motivations profondes, leur histoire avant les événements du roman. Ce flou réduit un peu l’attachement qu’on pourrait avoir pour elles, alors qu’elles ont un vrai potentiel de complexité. Rélhyna garde tout de même ma préférence parmi tous les étudiants : elle dégage une force et une maturité qui contrastent joliment avec l’ardeur parfois brouillonne de ses camarades. J’ai particulièrement apprécié le duo qu’elle forme avec Gerahl et l’évolution de leur relation au fil du récit. Rélhyna a ce petit côté froid et réservé qui la rend d’abord distante, mais plus l’histoire avance, plus on perçoit son humanité, ses doutes et ses émotions contenues.
Un des points forts du roman réside d’ailleurs dans le traitement des personnages féminins. Nelly Iceta leur accorde une réelle présence, une pluralité de caractères et d’ambitions. Loin des archétypes, ses héroïnes se distinguent par leur intelligence, leur indépendance et leur sensibilité. Parmi elles, Katherine s’impose comme une véritable figure d’émancipation féminine : elle incarne la détermination et la liberté de penser, refusant les carcans imposés par son environnement. Même si certains parcours auraient gagné à être davantage creusés, on sent une volonté sincère de mettre en avant des femmes fortes et nuancées, sans jamais tomber dans la caricature.
Enfin, s’il y a un point qui m’a un peu moins convaincu, c’est la manière dont Maxwell maîtrise la Modernae. Sa progression m’a semblé trop rapide et un peu trop aisée. J’aurais préféré suivre un parcours plus lent, marqué par l’apprentissage, le doute et l’effort — un cheminement où le travail primerait sur le talent inné. Je comprends néanmoins que, pour les besoins de l’intrigue, cette facilité serve la narration et la fluidité du récit.
En somme, Modernae est un roman à la fois accessible, riche en idées et porté par des personnages attachants, même si certains aspects auraient mérité un peu plus de profondeur. Nelly Iceta confirme ici son talent pour les duos et les univers construits avec soin, tout en laissant au lecteur la curiosité d’en savoir encore plus sur ses personnages et leurs secrets.
On dit des bonnes choses qu’elles s’affinent comme le bon vin. C’est le cas de la plume de Nelly Iceta. Mais bien plus que cela, c’est une plume qui rend service à l’ingéniosité de son œuvre. Modernae est une histoire d’école, de compétition, d’apprentissage. C’est l’appât de l’action, ce pour quoi nous voulons lire ce livre. Nous restons pour la brillante originalité de cette magie qu’elle a imaginé à partir de lois de la physique réelles. On croit à sa plausibilité, on croit à son efficacité et on en est véritablement charmé. L’uchronisme et l’anachronisme servent son histoire et l’enrichissent avec tellement d’intelligence ! Tirer la moitié des personnages de personnes réelles est un coup de maître, à mes yeux. J’ai aimé le rythme, lent tout d’abord, allant s’accélérant comme une locomotive à vapeur. J’ai aimé les personnages, leurs défauts, leurs convictions, leurs passions. J’ai aimé cette magie presque palpable, ce qui la rend plus merveilleuse encore. Je recommande cette lecture à toute lectrice et tout lecteur recherchant quelque chose de nouveau, de rafraîchissant et d’intelligent. À l’opposé de ces livres qui se vendent par milliers et s’oublient dans la foulée, ce roman reste avec vous.
Oubliez tout ce que vous pensez savoir sur les sciences. Ici, la Modernae représente l'art de pousser la physique au delà de ses propres règles. Le champ des possibles devient alors infini et c'est ce qui va être démontré dans ce roman.
Pour cela, quoi de mieux qu'une compétition entre 2 écoles, des personnages talentueux mais dont la morale va être bousculée. Jusqu'où est on prêt à aller pour montrer qu'on est le meilleur ? Quelles sont les limites qu'on se refuse à franchir ? Comment garder le contrôle ?
Le rythme est assez lent au départ, le temps de comprendre l'intérêt de la Modernae, mais la compétition fait accélérer les choses.
Les personnages réels, de grands scientifiques pour la plupart, vont côtoyer des personnages totalement fictifs. L'uchronie est parfaitement maîtrisée et les quelques anachronismes sont volontaires et justifiés. On sent une maîtrise et une passion pour les sciences.
Les personnages sont tous imparfaits, avec leurs défauts, leur caractère déterminé et leur volonté d'aller au bout de leurs convictions.
La Modernae va rendre les sciences magique, à l'instar des quelques paillettes dorées que l'on va retrouver au détour d'une page...