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Génération Body Horror
Julia Ducournau et Coralie Fargeat ont électrisé la critique et remis au goût du jour le genre du body horror, longtemps fief masculin considéré comme outrancier, à travers des oeuvres-cultes comme La Mouche de David Cronenberg et Society de Brian Yuzna. C’est parce que l’horreur corporelle possède une histoire bien plus riche que ces seuls noms illustres, en littérature comme au cinéma, que le projet d’écrire Génération Body Horror s’est imposé aux passionnées d’horreur Morgane Caussarieu et Fleur Hopkins-Loféron. Leur projet à quatre mains porte une ambition assumée : explorer l’histoire de l’horreur viscérale dans ses moindres recoins, du XIXe siècle à nos jours, exhumant au passage des pépites méconnues, mais aussi interroger combien cette grammaire du corps se donne à voir, ces dernières années, comme un territoire privilégié pour penser la marginalité et laisser exploser sa rage. Morgane Caussarieu est une des grandes voix de l'horreur en France. Elle revisite et modernise à travers ses fictions, comme Dans tes veines, Vertèbres ou bien encore Festin de larmes (avec Vincent Tassy), les grands mythes de l’imaginaire, du vampire à la vouivre. Historienne des arts et chercheuse indépendante, Fleur Hopkins-Loféron est une grande spécialiste de la pop culture et l'autrice de plusieurs ouvrages de référence dont Voir l’invisible. Histoire visuelle du mouvement merveilleux-scientifique (1909-1930) et Dark romance : guide amoureux.
- GenresScience Fiction
450 pages, Paperback
Published February 19, 2026
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Community Reviews
Displaying 1 - 3 of 3 reviews
June 4, 2026
Ouaaaaais vive le body horror
March 25, 2026
J’ai longtemps fui le genre de l’horreur, ne le voyant que de manière limitée et effrayante. C’est Morgane Caussarieur, la co-autrice de cet essai, qui m’a fait mettre le doigt dans la diversité complexe de celui-ci à travers ses romans interrogeant les figures mythique du genre horrifico-fantastique, et je l’en remercie. J’ai donc été ravie de ce plonger dans ce texte pour en découvrir encore plus toute la richesse et surtout les nombreuses ramifications dont je n’avais pas conscience.
Avec Fleur Hopkins-Loféron, les deux amies ont entrepris de porter à notre connaissance la manière dont l’horreur et plus particulièrement le body horror irrigue toute notre culture de manière consciente ou non. Grâce à un essai conséquent, protéiforme et co-construit pour donner également la voix aux artistes, elles signent une somme qu’il est très intéressant d’avoir pour pouvoir explorer le genre. A la fois source de nombreux conseils de lecture et exploration thématique du genre, ce fut une lecture très riche et passionnante.
Passionnée toutes les deux par le genre, et parties prenantes de celui-ci par leurs écrits, elles ont entrepris dans un premier temps de tenter de le caractériser, puis face à l’ampleur de la tâche, elles ont fait le fait parti pris de nous montrer sa pluralité, son omniprésence à travers des parties elles-même très organiques. Nous allons ainsi explorer d’abord le Body Horror qui distord (déforme, fusionne, mute), puis qui hybride (en animalisant, retournant à la terre, se mécanisant), qui reconfigure (en suturant, jumelant, répliquant), qui transgresse (s’encanaille, se fait ententaculer, baise la mort xD), qui se dégrade (s’infectant, pourrissant), qui découpe (supplicie, se mutile, cannibalise) et qui métabolise (en implosant, détruisant pour embellir, s’hypertrophiant), sans oublier sa portée historique et politique. Ce fut vraiment des plus intéressant !
Pour cela, les filles mêlent descriptions des nombreuses oeuvres qui correspondent à leur propos, essentiellement des films mais également des romans, des nouvelles, des essais historiques, littéraires ou sociologiques et même des lectures graphiques. Étant amatrice de mangas, cependant, je regrette l’absence de certains grandes références parfaites pour le genre comme La princesse Iguane de Moto Hagio ou Fool Night de Kasumi Yasuda qui auraient eu toute leur place. D’ailleurs, l’oubli dans la bibliographie finale d’une partie réservée aux BDs, mangas, comics cités lors de la lecture m’a semblé vraiment dommage. Autrement, la lecture fut fluide, les références pertinentes et bien décortiquées, parfois même trop, car les autrices passent plus de temps à raconter ce que les oeuvres mettent en scène, plutôt qu’à réellement proposer une analyse du genre. L’analyse est bien souvent en marge des descriptions, c’était un peu dommage, surtout quand, comme moi, on n’a pas vu nombre des films cités. Cela tombait un peu à plat. Tant qu’on est dans les critiques, j’ai aussi trouvé dommage de faire revenir en boucle certaines références, certains auteurs (au hasard La Mouche de Cronenberg).
Cependant, j’ai beaucoup aimé ma lecture. J’ai pris énormément de notes sur des titres que j’aime lire et voir. J’ai été bluffée par les ramifications qu’elles ont su décerner dans nombre de thèmes auxquels je n’avais pas pensé au premier abord mais qui semblent évident. On touche ainsi à tout le spectre de l’imaginaire et plus finalement, puisqu’on peut trouver de la distorsion des corps et des êtres aussi bien en SF, fantastique, horreur que fantasy, et même dans des récits contemporains ou historiques où ce que vivent les femmes, car c’est bien souvent elles, ou les enfants / adolescents, nous y ramène. C’est très puissant et rageant. Cela m’a permis de revoir certaines oeuvres autrement et c’était très enrichissant. Les références étaient multiples. J’ai beaucoup aimé lire la relecture de celles que je connaissais et noter celles à acheter. J’en ai même profité pour revoir Black Swan sous ce prisme. Il aurait donc été intéressant, dans la bibliographie finale, à côté des références des titres, de noter la ou les pages où les autrices y font référence, pour pouvoir picorer et relire les lignes concernées lors de la lecture/relecture/visionnage/revisionnage des références.
De plus, le texte est accompagné de paroles d’autrices et auteurs que j’ai trouvées très pertinentes et éclairantes pour saisir leur propre vision et nuances sur le Body Horror. J’ai aussi apprécié l’accompagnement des illustrations des artistes venant donner leur propre vision sur les parties choisies par les autrices. Je remercie donc chaleureusement ActuSF et Jérôme de m’avoir permis cette découverte enrichissante.
Les essais littéraires sont vraiment des objets passionnants pour nous aider à repenser nos lectures et quand ils se couplent comme ici avec une passion et une érudition sur le sujet, c’est vraiment une lecture qui marque. J’aurais peut-être aimé autant d’analyse que de description des oeuvres. J’aurais peut-être aimé une place plus équilibrées des graphiques ou un référencement plus accessible aux oeuvres au sein du corps du texte via la bibliographie finale, mais ce ne sont que des détails face à la somme de travail fait, l’éclairage pertinent et percutant sur un sujet trop souvent repoussé dans les abysses de l’horreur pour ne pas y regarder de trop près et voir ce qu’il a à dire de l’instrumentalisation et de la brutalisation des corps par nos sociétés. A explorer dans ses moindres recoins, mais attention vous risquez de ne plus voir notre monde de la même façon et une certaine rage pourrait s’emparer de vous face à tant d’injustice.
Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
Avec Fleur Hopkins-Loféron, les deux amies ont entrepris de porter à notre connaissance la manière dont l’horreur et plus particulièrement le body horror irrigue toute notre culture de manière consciente ou non. Grâce à un essai conséquent, protéiforme et co-construit pour donner également la voix aux artistes, elles signent une somme qu’il est très intéressant d’avoir pour pouvoir explorer le genre. A la fois source de nombreux conseils de lecture et exploration thématique du genre, ce fut une lecture très riche et passionnante.
Passionnée toutes les deux par le genre, et parties prenantes de celui-ci par leurs écrits, elles ont entrepris dans un premier temps de tenter de le caractériser, puis face à l’ampleur de la tâche, elles ont fait le fait parti pris de nous montrer sa pluralité, son omniprésence à travers des parties elles-même très organiques. Nous allons ainsi explorer d’abord le Body Horror qui distord (déforme, fusionne, mute), puis qui hybride (en animalisant, retournant à la terre, se mécanisant), qui reconfigure (en suturant, jumelant, répliquant), qui transgresse (s’encanaille, se fait ententaculer, baise la mort xD), qui se dégrade (s’infectant, pourrissant), qui découpe (supplicie, se mutile, cannibalise) et qui métabolise (en implosant, détruisant pour embellir, s’hypertrophiant), sans oublier sa portée historique et politique. Ce fut vraiment des plus intéressant !
Pour cela, les filles mêlent descriptions des nombreuses oeuvres qui correspondent à leur propos, essentiellement des films mais également des romans, des nouvelles, des essais historiques, littéraires ou sociologiques et même des lectures graphiques. Étant amatrice de mangas, cependant, je regrette l’absence de certains grandes références parfaites pour le genre comme La princesse Iguane de Moto Hagio ou Fool Night de Kasumi Yasuda qui auraient eu toute leur place. D’ailleurs, l’oubli dans la bibliographie finale d’une partie réservée aux BDs, mangas, comics cités lors de la lecture m’a semblé vraiment dommage. Autrement, la lecture fut fluide, les références pertinentes et bien décortiquées, parfois même trop, car les autrices passent plus de temps à raconter ce que les oeuvres mettent en scène, plutôt qu’à réellement proposer une analyse du genre. L’analyse est bien souvent en marge des descriptions, c’était un peu dommage, surtout quand, comme moi, on n’a pas vu nombre des films cités. Cela tombait un peu à plat. Tant qu’on est dans les critiques, j’ai aussi trouvé dommage de faire revenir en boucle certaines références, certains auteurs (au hasard La Mouche de Cronenberg).
Cependant, j’ai beaucoup aimé ma lecture. J’ai pris énormément de notes sur des titres que j’aime lire et voir. J’ai été bluffée par les ramifications qu’elles ont su décerner dans nombre de thèmes auxquels je n’avais pas pensé au premier abord mais qui semblent évident. On touche ainsi à tout le spectre de l’imaginaire et plus finalement, puisqu’on peut trouver de la distorsion des corps et des êtres aussi bien en SF, fantastique, horreur que fantasy, et même dans des récits contemporains ou historiques où ce que vivent les femmes, car c’est bien souvent elles, ou les enfants / adolescents, nous y ramène. C’est très puissant et rageant. Cela m’a permis de revoir certaines oeuvres autrement et c’était très enrichissant. Les références étaient multiples. J’ai beaucoup aimé lire la relecture de celles que je connaissais et noter celles à acheter. J’en ai même profité pour revoir Black Swan sous ce prisme. Il aurait donc été intéressant, dans la bibliographie finale, à côté des références des titres, de noter la ou les pages où les autrices y font référence, pour pouvoir picorer et relire les lignes concernées lors de la lecture/relecture/visionnage/revisionnage des références.
De plus, le texte est accompagné de paroles d’autrices et auteurs que j’ai trouvées très pertinentes et éclairantes pour saisir leur propre vision et nuances sur le Body Horror. J’ai aussi apprécié l’accompagnement des illustrations des artistes venant donner leur propre vision sur les parties choisies par les autrices. Je remercie donc chaleureusement ActuSF et Jérôme de m’avoir permis cette découverte enrichissante.
Les essais littéraires sont vraiment des objets passionnants pour nous aider à repenser nos lectures et quand ils se couplent comme ici avec une passion et une érudition sur le sujet, c’est vraiment une lecture qui marque. J’aurais peut-être aimé autant d’analyse que de description des oeuvres. J’aurais peut-être aimé une place plus équilibrées des graphiques ou un référencement plus accessible aux oeuvres au sein du corps du texte via la bibliographie finale, mais ce ne sont que des détails face à la somme de travail fait, l’éclairage pertinent et percutant sur un sujet trop souvent repoussé dans les abysses de l’horreur pour ne pas y regarder de trop près et voir ce qu’il a à dire de l’instrumentalisation et de la brutalisation des corps par nos sociétés. A explorer dans ses moindres recoins, mais attention vous risquez de ne plus voir notre monde de la même façon et une certaine rage pourrait s’emparer de vous face à tant d’injustice.
Article complet : https://lesblablasdetachan.wordpress....
May 26, 2026
"Classer les œuvres en sous-genres, ne serait-ce pas qu’une façon rassurante d'organiser le monde ? Et face à un pan de la pop culture aussi terrifiant que le body horror, c’était certainement la seule réponse possible."
Bien d’accord avec Morgane Caussarieu - quelle superbe idée que celle d'organiser ce précieux ouvrage selon les types de mutations/destructions charnelles possibles : distordre, s’hybrider, métaboliser...
La culture incroyable et la plume limpide des deux autrices fait de Génération Body Horror un guide absolument nécessaire pour qui s'intéresse de près ou de loin à l'horreur. Le livre foisonne de références à la fois classiques et contemporaines - j’ai annoté en moyenne une page sur deux tellement j’avais envie de (re)découvrir toutes les œuvres citées et analysées de manière brillante par les deux autrices. Mention spéciale pour les illustrations et les témoignages d’auteurices qui traversent tout l'ouvrage : quelle pépite !
Bien d’accord avec Morgane Caussarieu - quelle superbe idée que celle d'organiser ce précieux ouvrage selon les types de mutations/destructions charnelles possibles : distordre, s’hybrider, métaboliser...
La culture incroyable et la plume limpide des deux autrices fait de Génération Body Horror un guide absolument nécessaire pour qui s'intéresse de près ou de loin à l'horreur. Le livre foisonne de références à la fois classiques et contemporaines - j’ai annoté en moyenne une page sur deux tellement j’avais envie de (re)découvrir toutes les œuvres citées et analysées de manière brillante par les deux autrices. Mention spéciale pour les illustrations et les témoignages d’auteurices qui traversent tout l'ouvrage : quelle pépite !
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