Dans ce petit livre lourd de confidences, Pascale Montpetit nous livre ses plus sombres souvenirs, les secrets enfouis au plus profond d'elle-même, et les combats qu'elle menait en silence alors qu'elle jouait le rôle de la femme qui va bien dans la sphère publique.
Avec une plume simple, efficace et agréable à lire, elle nous fait parcourir des moments marquants de sa vie dans un désordre chronologique, sans toutefois que ça ne devienne confus ou que ça n'affecte en quoi que ce soit la lecture et sa compréhension.
Elle aborde, entre autres, les troubles de santé mentale, l'inceste, le viol, la boulimie et le cancer, ainsi que toutes les manières qu'elle a tenté d'exorciser le mal, la honte, l'impression d'avoir été considérée comme un objet et non comme un être humain, les émotions qu'elle sait avoir tort de ressentir mais qui ne se contrôlent pas, pour finalement reprendre le dessus sur ses démons et briser la malédiction. Le tout est exprimé sur un ton de force, de résilience et de questionnement, non pas de victimisation.
On rencontre donc sa famille, ses parents, ses soeurs, ses oncles, ses tantes et ses grand-parents, et dire qu'ils sont de sacré personnages serait un euphémisme. Et pas dans le sens amusant du terme. Non, c'est plutôt une famille dysfonctionnelle où les troubles mentaux sont affaire courante, et où l'inceste semble une malédiction transmise de génération en génération.
Ses premières minutes de vie ont mi la table pour les années à venir. Sa mère, ne se sentant pas la force de s'en occuper, la confie donc à son père, en qui elle cherchera par la suite l'amour, l'attention et la validation qu'elle désire ardemment et qu'elle n'aura jamais pu obtenir auprès de sa mère.
Avec un père qui l'aime trop et mal et une mère qui ne pose pas de questions et détourne le regard face à ce qui se produit devant elle, s'ensuit alors une vie de combats intérieurs, de répression de soi par instinct de préservation, d'angoisses, de rebellion et d'autodestruction, parce que "L'autodestruction, ça occupe, ça empêche d'avoir des vraies idées noires."
Après des années à voyager à travers le monde, à essayer la méditation, l'hypnose, à consulter différents thérapeutes, différentes méthodes, et même une consultation avec les membres de sa famille, c'est finalement le théâtre qui l'aura guérie.
Un récit de vie absolument bouleversant et choquant, qui prouve encore une fois que l'image qu'une personne projette en public cache parfois une toute autre réalité.
Je ressens une profonde empathie envers Pascale Montpetit, et salue la force immense qu'elle a su déployer pour continuer d'avancer, se sortir de cette spirale et finalement mettre au grand jour le parcours qu'elle avait tu jusqu'alors.