Sentiments mitigés. On ne peut pas nier que ce soit bien écrit, et que l'histoire soit captivante. Mais tout est quand même sordide et laisse un drôle de goût. Des personnages qui finissent heureux dans une situation que la morale traditionnelle n'approuve pas, c'est difficile à traiter pour le cerveau. Je regrette aussi que la relation entre Daria et Jénia soit laissée en plan à la moitié de l'histoire. Est-ce parce qu'il est mal vu de parler d'homosexualité en Russie ? C'est d'ailleurs une grande partie de mes interrogations à propos de ce roman : je sais que Vera Bogdanova vit toujours en Russie, et même si ce livre est une véritable condamnation de la condition féminine en Russie, qui montre la difficulté de devenir adulte dans l'ère post-soviétique, Bogdanova étudie trop peu les causes de ce malaise. Après, disclaimer, je suis consciente que je lis ce roman avec mon point de vue d'européenne de l'ouest, alors qu'on nous répète depuis 100 ans que les russes sont les grands méchants du monde. Donc je sais que même au-delà du propos du livre, je vais avoir une vision assez négative de la Russie.