Le livre offre un point de vue très peu entendu vis-à-vis l’état du Québec : celui des nouveaux arrivants. C’est pertinent, mais bien sûr chargé politiquement. Et il faut juger ce livre comme tel.
Le passage sur le contexte qui pousse les immigrants à par exemple rejeter le projet de pays ont le mérite d’être lucides. Les immigrants ont le dos large et Ruba Ghazal s’inquiète d’une dérive dans le discours public. Ce cri du coeur mérite d’être entendu. À ce sujet, l’appel de Ruba Ghazal à plus d’empathie dans la société est particulièrement à propos.
Et on peut aussi être en accord avec ses critiques d’un système brisé qui reprend les mêmes mauvais plis encore et encore. Difficile par contre de se dire en tournant la dernière page que la gauche dispose des outils pour réparer ces problèmes. L’indignation, comme le prône Ruba Ghazal, a ses limites. Et de nos jours, elle s’essouffle beaucoup plus rapidement. Elle va entraîner des changements ponctuels, mais rarement des réformes de fond. C’est sans doute un problème, mais c’est la réalité avec laquelle les politiciens doivent composer.
Ça demeure un exercice qui rappellera à tous ceux qui ont déjà été séduits par la gauche, ou qui le sont toujours, pourquoi ces idéaux les ont tant interpellés.