Immigrer et s’intégrer dans la société québécoise, qu’est-ce que ça veut vraiment dire? Dans ce livre, Ruba Ghazal raconte les soirées qu’elle a passées, enfant, à regarder Passe-Partout, les enseignants qui l’ont marquée, sa rencontre avec Françoise David, toutes les expériences qui lui ont appris que la culture, c’est bien plus qu’une langue. C’est un lieu qu’on habite, un pays qu’on aime, la possibilité de la liberté.
Elle rappelle ainsi que si une petite fille palestinienne comme elle, qui ne parlait pas un mot de français en arrivant au Québec, a pu devenir une militante souverainiste, c’est parce que dans le Québec où elle a grandi, l’école publique était encore une source de fierté collective, il existait un solide réseau d’organismes d’accueil des immigrants, et parce que ce Québec-là nourrissait encore des rêves généreux et optimistes auxquels elle reste farouchement attachée. Des rêves qui se sont étiolés, ce dont elle s’ «Quand la droite identitaire scande que c’est d’abord et avant tout l’immigration qui menace la survie du français, elle nous ment en pleine face.» Ce qui menace notre culture, c’est l’oubli de la solidarité. Mais il est toujours plus facile d’être fort contre les faibles, et d’être faible contre les forts.
Au-delà du fait que l’immigration est essentielle à l’économie et à la richesse culturelle du Québec, rappelons aux alarmistes anti-immigration que là n’a jamais réellement été le problème.
Au fil de l’histoire du Québec, c’est la qualité de l’accueil - plutôt que le nombre - des immigrants qui a été garante de leur intégration à part entière. Le Québec n’est rien sans eux, et ils ne sont rien sans le Québec. De toute façon, on ne peut forcer les femmes canadiennes-françaises à recommencer à faire onze enfants.
De toute façon ça tombe bien. Chaque histoire d’immigration a l’extraordinaire et le banal d’une histoire d’amour. Une danse à deux où le nouvel arrivant se laisse séduire par la richesse de notre presque-pays, qui l’accueille avec les bras ouverts d’une société fondée sur le bien commun, qui ne laisse personne derrière.
Une de ces histoires, c’est celle de Ruba. Et elle veut devenir première ministre.
« Si les membres de Mercier choisissent de m'accorder leur confiance lors de l'investiture du parti, j'ai de fortes chances de devenir la première députée d'origine palestinienne à l'Assemblée nationale. Mes parents tentent de montrer un certain enthousiasme, mais je les sens préoccupés. Sans parler de la réaction horrifiée de ma téta lorsqu'elle apprend la nouvelle par téléphone depuis Beyrouth, implorant Allah d'une voix stridente de veiller sur la tête de mule de sa petite-fille. À l'entendre, je m'expose à de graves dangers en faisant le saut en politique: je risque l'enlèvement, voire la mort! »
J’ai adoré. L’histoire d’immigration de Ruba et sa famille se devait d’être racontée. Je partage pratiquement toutes les idées qu’elle expose (sauf le souhait d’indépendance du Québec) et vraiment, je trouve qu’elle articule le tout avec brio. Ni trop long ni trop court, ce petit livre devrait être lu par le plus grand nombre. Notre Quebec a besoin d’empathie!
J'ai aimé que l'autrice nous raconte son histoire personnelle, et j'ai aussi aimé qu'elle parle de la Palestine. L'ouvrage est bien écrit et est efficace. J'ai moins aimé les nombreux parallèles avec les politiques provinciales des dernières années, ça devenait répétitif.
I really enjoyed this book and I think it is even more necessary today! The writing is very accessible, although some parentheses could have been removed :)
Un récit d'immigration très précieux. J'ai adoré le chapitre qui dénonce notre système d'éducation à trois vitesses et où Ruba compare l'école secondaire où elle est allée à l'état où le quartier/l'école est maintenant. Je ne connaissais pas non plus le passé des les usines de Ruba, un autre fascinant. L'écriture est très beige, par contre. Pour finir le livre : Une analyse assez simpliste de pourquoi la droite connaît plus de succès que la gauche dernièrement, pas très convaincante à mon humble avis.
Le livre offre un point de vue très peu entendu vis-à-vis l’état du Québec : celui des nouveaux arrivants. C’est pertinent, mais bien sûr chargé politiquement. Et il faut juger ce livre comme tel.
Le passage sur le contexte qui pousse les immigrants à par exemple rejeter le projet de pays ont le mérite d’être lucides. Les immigrants ont le dos large et Ruba Ghazal s’inquiète d’une dérive dans le discours public. Ce cri du coeur mérite d’être entendu. À ce sujet, l’appel de Ruba Ghazal à plus d’empathie dans la société est particulièrement à propos.
Et on peut aussi être en accord avec ses critiques d’un système brisé qui reprend les mêmes mauvais plis encore et encore. Difficile par contre de se dire en tournant la dernière page que la gauche dispose des outils pour réparer ces problèmes. L’indignation, comme le prône Ruba Ghazal, a ses limites. Et de nos jours, elle s’essouffle beaucoup plus rapidement. Elle va entraîner des changements ponctuels, mais rarement des réformes de fond. C’est sans doute un problème, mais c’est la réalité avec laquelle les politiciens doivent composer.
Ça demeure un exercice qui rappellera à tous ceux qui ont déjà été séduits par la gauche, ou qui le sont toujours, pourquoi ces idéaux les ont tant interpellés.
En tant qu'immigrant de 2e génération (Ruba Ghazal est de 1re génération), ce livre était très bon et je me suis reconnu immédiatement entre les lignes. C'est comme lire d'autres livres québécois du même genre comme du Kim Thuy ou du Caroline Dawson, mais celui-ci a la force de nommer les faits d'histoire et politiques du Québec qui renforce l'histoire de cette femme et explique pourquoi elle se bat. Je recommande fortement!
Un livre qui déconstruit les discours haineux sur l'immigration au Québec et qui les replacent dans un contexte plus large tout en finesse. Un livre qui raconte l’histoire de Ruba Ghazal et de se famille d'origine palestinienne. Un livre réaliste, presqu'un manifeste, une invitation rassembleuse pour la gauche.