Qui a déchiré le tableau de Malvina? Tandis que Paysage répare le tableau comme on le fait pour un vase kintsugi, Pattie tente de comprendre toutes les autres déchirures, celles qui ne se voient pas toujours à l’œil nu: cette impression qu’a Malvina d’être passée à côté d’un amour quasiment littéraire, la présence sombre et lumineuse d’une mystérieuse amie et l’énergie des femmes qui subsiste dans l’esprit des lieux dont elles ont pris soin. Livre sur l’art, le deuil, l’amour, le désir et les paysages riverains du fleuve Saint-Laurent, Les incorporelles invoque le pouvoir réparateur de l’art comme de la nature tout en offrant une profonde réflexion sur la communauté et la création.
ah ouf ! J’avais si hâte à cette sortie (à cause du précédent) et wow, je n’ai pas été déçue! Acheté la semaine dernière et lu d’une traite. C'est un livre unique avec plein d’intelligence et de couches de sens, comme d'habitude. O’Green partage, encore une fois, de profondes réflexions (sur l’art, entre autres, elle est historienne de l’art et ça se voit) dans son approche et son style qui lui sont propres. J’ai été touchée droit au cœur par la douce puissance de ce livre. J’ai souligné plein de passages… Je vais le relire plus lentement pour capter toute sa profondeur (personne en recherche de divertissement, s'abstenir de lire O'Green!). Il va m’habiter pour longtemps celui-là…
"C'est au contact de certaines œuvres d'art et de certains passages de livres que j'ai l'impression de m'approcher au plus près de ces lieux qui manquent douloureusement à mon existence, à mon quotidien, ces lieux auxquels j'appartiens, mais dont je ne trouve pas d'équivalent dans le monde. Lire et expériementer les œuvres d'art, loin d'être des fuites du réel ou des anesthésies, au contraire, sont pour moi des manières d'habiter mes désirs, des désirs qui, dans la rencontre de l'imaginaire de l'artiste ou de l'autrice et des espaces vécus que suggèrent leurs œuvres, trouvent enfin un espace pour se déposer et déployer leur réalité."
C’était très beau, mais pas ce à quoi je m’attendais. Ça se rapprochait beaucoup plus d’un essai sur l’art, qui sollicitait les réflexions de plusieurs historien.nes de l’art, que d’un roman.
Même si je comprends la démarche et les rapprochements entre la théorie artistique et le récit d’amitié, j’aurais préféré une approche plus intime, plus sentie, de ce qui unit la narratrice à Paysage et de l’effacement progressif de cette amie lumineuse.
⭐️⭐️⭐️1/2 Un livre dense en sujets abordés, notamment l'art, l'amitié, le fleuve, la nature. L'autrice, avec grande intelligence et une belle écriture nous fait voyager le long du Fleuve Saint-Laurent, mais aussi à travers l'art, particulièrement celui du Québec. Ses connaissances en histoire de l'art sont mises de l'avant, avec brio, peut-être un peu trop, au détriment de la sensibilité ténue des relations, qui aurait pu bénéficier de plus de profondeur.
L’autrice est historienne de l’art et horticultrice. Rencontrant son amie de jeunesses, les deux décident de partir en quête de création artistique sur la route du bas Saint-Laurent Les discours et les citations de Pattie sur l’histoire de l’art, les grands concepts et leur reconstruction est à point et permet un discours « à côté » de celui officiel tout laissant comprendre que le récit officiel nous forge et continue d’influencer notre pensée Elle montre la dualité être le « quétaine »/faux artistes et ce qui est accepté en démontrant que la deuxième état nous endoctrine et n’est pas singulier et donc n’a pas vraiment de valeur.
De point de vue personnelle, la route et les endroits auxquelles elles arrêtent pour faire leur fioretti sont parlants : arrêt à l’œuvre de Marcel Gagnon à Ste-Flavie, arrêt aux jardins et traverser vers Baie-Saint-Paul. On mentionne Josiane Lanthier, Maria Abromovich, Denise pelletier ; une canon de la performance et deux artistes contemporaines que soit ; j’aime ou ; travaille avec aux jardins. C’était une façon de me remémorer mon propre parcours, mes propres réflexions par rapport à l’art et faire un éloge aux bijoux du Saint-Laurent et me rappeler l’intérêt d’y être.
Les références à des artistes et des historiens qu’elle a inclus n’alourdissent pas le texte, elles accompagnent son discours sans devenir quelque chose de trop scolaire/niché ou recherché. On reste dans une base très accessible, qui me donne envie d’aller voir ces textes et de créer des liens entre les historiens, les artistes et l’art.
Mai 2026. J’en retire beaucoup de valeur mais en même temps une sorte d’insatisfaction que j’ai du mal à mettre en mots.
Il est arrivé quoi à Paysage?
Ça donne envie d’embrasser l’acte créatif ou plutôt la liberté créatrice. Ça donne envie de se plonger dans l’histoire de l’art féminin. Ça sera aussi à relire je pense.
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C’est lent et doux; à l’image d’une balade dans un musée en pleine nature. L’art se vit et se ressent, il n’est pas que théorie.
« J'écris parce que c'est la seule manière que j'ai trouvée pour finir mes phrases, pour aller au bout de mes ressentis, pour embrasser ma pensée sans être interrompue par l'analyse continue que je fais des expressions faciales des autres. »