"Il est difficile au milieu du brouhaha de notre civilisation qui a le vide et le silence en horreur d'entendre la petite phrase qui, à elle seule, peut faire basculer une vie : "Où cours-tu ?" Il y a des fuites qui sauvent la vie : devant un serpent, un tigre, un meurtrier. Il en est qui la coûtent : la fuite devant soi-même. Et la fuite de ce siècle devant lui-même est celle de chacun de nous. "Où cours-tu ?" Si au contraire nous faisions halte - ou volte-face - alors se révélerait l'inattendu : ce que depuis toujours nous recherchons dehors veut naître en nous."
Christiane Singer is a French writer, essayist and novelist.
Her father was of Hungarian Jewish descent and her mother was half Russian and half Czech. Because of the persecution of the Jews, her parents fled Hungary, then Austria, and settled in France, in Paris, in 1935.
She was a high school student at the conservatory of diction and drama in Marseille, then studied literature at Aix-en-Provence (1961-1968), where she obtained a doctorate in Modern Literature.
J’ai trouvé ce livre sublime de vérité, psychologiquement revigorant! Il m’a appris à ouvrir les yeux différemment sur la vie, sur les êtres qui nous entourent, je m’y replonge régulièrement pour me laisser à nouveau surprendre par la vie avec un grand V!.
Voilà un ouvrage lumineux, un petit traité de bon sens pour nous guider dans notre vie. S’il n’y en avait qu’un à garder, cela serait peut-être celui-ci. Très court mais tout y est. Un condensé de sagesse qui pourrait presque se résumer ainsi : ouvre ton cœur et rencontre tout ce qui te rencontre! Singer, cette mystique contemporaine, réenchante notre monde devenu si triste et décourageant, et nous livre sa clé pour y vivre une existence pleine de sens. Merci!
“Nous avons chacun la responsabilité d’une petite parcelle de l’univers (école, bureau, hôpital, maison où nous travaillons, où nous vivons). Nous sommes responsables de ce lieu où le destin nous place.” p143
Délicatesse, subtilité et tellement plus encore "La construction d'un instrument comme le violon ne peut se réaliser que par la convergence d'un savoir multiple. D'abord, le bois. Le choix du bois. Le choix de l'arbre. Ce sera, m'a dit un luthier, un arbre qui poussera dans un vallon afin que son bois n'ait pas eu trop à lutter avec les vents et la tempête, juste ce qu'il faut d'oscillement, de balancement pour que la fibre soit souple, délicate, mais point trop. Puis les doigts du luthier vont en placer la qualité, en choisir un fragment. En permanence, tout ce qui va aboutir à cet objet, ce violon, va être à la fois de l'ordre du réel et de l'irréel, du savoir et de l'intuition, de la précision extrême et du somnambulisme. Déterminantes vont être les fibres dont seront formées les ouies, les éclisses, le manche, la lame qui va soutenir la table supérieure et, lorsqu'enfin les cordes vont être tendues, il suffirait que le chevalet qui les supporte ait été déplacé d'un dixième de millimètre pour que le son en soit gâché."