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Primeiros Abalos

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Ao longo das estações, formámos desfiles coloridos, armados com pás, megafones e trituradores, vestidos com fatos de trabalho e macacões brancos, escoltados por pássaros gigantes… Atravessámos campos e planícies, percorremos vales industriais e pistas de asfalto de fábricas – e chegámos mesmo a roçar os picos alpinos. Erguemo-nos para defender a terra e os seus usos comuns. Contra as megabacias, as pedreiras, a betonização e os especuladores da terra, queremos difundir os gestos de bloqueio, de ocupação e de desarmamento, para desmantelar as cadeias tóxicas. Sublevamo-nos porque não esperamos nada de quem governa a catástrofe. Sublevamo-nos porque acreditamos na nossa capacidade de agir. Durante séculos, de norte a sul, os movimentos populares têm lutado para defender uma ideia simples: a terra e a água pertencem a todos, ou talvez a ninguém. Os Soulèvements de la terre não estão a inventar nada de novo, ou muito pouco. Trata-se de um regresso a uma convicção que nunca deveríamos ter abandonado. Os Soulèvements de la terre são uma tentativa de construir uma rede de lutas locais e, ao mesmo tempo, dar impulso a um movimento mais vasto de resistência e de redistribuição da terra. É o desejo de estabelecer um verdadeiro equilíbrio de forças com o objetivo de arrancar a terra à devastação da indústria e do mercado.

434 pages, Paperback

Published October 1, 2025

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Displaying 1 - 9 of 9 reviews
Profile Image for Zéro Janvier.
1,722 reviews125 followers
June 26, 2024
Premières secousses est un livre collectif du mouvement Les Soulèvements de la terre, publié chez La Fabrique en avril 2024. Il se présente à la fois comme un bilan d’étape après 3 années d’existence de ce collectif écologiste, et comme une réflexion sur les perspectives d’action et d’évolution du mouvement.

Au fil des saisons, nous avons formé des cortèges bigarrés, muni·es de bêches, de mégaphones et de meuleuses, vêtu·es de bleus de travail et de combinaisons blanches, escorté·es par des oiseaux géants... Nous avons traversé les bocages et les plaines, arpenté les vallées industrielles et le bitume des usines – et même frôlé les cimes alpines. Nous nous soulevons pour défendre les terres et leurs usages communs. Contre les méga-bassines, les carrières de sable, les coulées de béton et les spéculateurs fonciers, nous voulons propager les gestes de blocage, d'occupation et de désarmement, pour démanteler les filières toxiques. Nous nous soulevons parce que nous n’attendons rien de ceux qui gouvernent le désastre. Nous nous soulevons parce que nous croyons en notre capacité d’agir.

Depuis des siècles, du nord au sud, des mouvements populaires se battent pour défendre une idée simple : la terre et l’eau appartiennent à tou·tes, ou peut-être à personne. Les Soulèvements de la terre n’inventent rien ou si peu. Ils renouent avec une conviction dont jamais nous n'aurions dû nous départir.


Ce qui frappe d’abord, c’est que les textes proposés dans ce livre sont très vivants. Même quand il s’agit de parler de stratégie, on sent un souffle qui pousse vers l’action avec un désir de « joie militante ». On trouve des récits de luttes, sans oublier les leçons qu'on en tire. Mais aussi des prises de position et des réflexions plus stratégiques, sans masquer les questions encore ouvertes, notamment sur les questions d'organisation et d'articulation entre actions locales et stratégie globale.

C’est un livre passionnant et qui fait du bien, surtout en cette période d’actualité politique angoissante et déprimante. J’aurais pu surligner de nombreux passages, mais j’ai choisi d’en retenir seulement quelques uns, qui m’ont particulièrement marqués et m’ont donné envie de les partager avec vous.

Sur le rôle de l’État :

Il n'y avait pourtant rien à désarmer derrière les grilles. Rien à défendre dans ce cratère. Rien d'autre que l'honneur d'un État qui avait choisi d'en faire le symbole de son autorité retranchée. Mais l'histoire l'a maintes fois démontré, derrière le vernis démocratique et les vestiges de protection sociale, l'État est d'abord et avant tout ce monstre froid qui tue pour défendre les intérêts d'une minorité.

Sur la non-violence :

L’idéologie de la non-violence confond le "bien" et son éthique bourgeoise, discréditant au passage la légitime virulence des protestations populaires à travers le monde. N’est-il pas logique que les classes aisées soient les plus enclines à croire en la possibilité de transformer le système de l’intérieur par des moyens pacifiques et légaux ? Ne faut-il pas jouir de certains privilèges pour livrer sereinement son corps à la police et sa liberté aux juges ?

Sur les rapports entre écologie politique et nature :

Nous entendons tracer une ligne claire entre une écologie qui fait de la nature une norme pour bannir les corps minoritaires, et une écologie qui cherche dans la nature les forces pour renverser les possesseurs et destructeurs de la terre. Trop souvent, ceux qui se revendiquent d'une "terre" ou d'une "nature" vues comme un en dehors figé et idéalisé ne cherchent qu'une chose : asseoir sur une autorité transcendante la violence envers les corps jugés monstrueux ou inférieurs. Pourtant, s'il est une leçon des récents bouleversements écologiques, c'est bien que les humain.es ne sont pas en dehors du monde naturel. L'activité humaine s'avère capable de perturber ce qu'elle pensait être le cadre immuable de son histoire, tandis que le sol sous nos pieds se soulève. La nature n'est pas un espace idéal à protéger ou à imiter. Elle est l'un des noms de l'humaine condition, mais aussi un champ de bataille où s'affrontent des intérêts et des idées. La lutte contre les possédants, nous la menons donc avec des personnes et des organisations qui se battent directement contre le fascisme ou le patriarcat, depuis l'intérieur du mouvement ou en nouant des alliances avec elles. »

La nature, pas plus que la nation, ne nous sauvera du déracinement. Si nous voulons défaire les maîtres et possesseurs de la nature, il nous faut construire de nouveaux attachements et nouer des amarres que le mouvement ne tue pas. Pour beaucoup d'entre nous qui vivons sur le sol de vieilles nations occidentales, les liens qui nous relient aux collectivités passées sont précieux, mais trop ténus pour les opposer aux flux déracinants du capital. Au fil des luttes, nous tissons pourtant d'autres liens que ceux du sang et de la propriété. Des liens aux lieux et aux êtres qui se rencontrent lorsqu'on se bat contre un projet d'aménagement ou une réforme néolibérale. Des liens fondés sur l'usage et l'amitié. [...]

Ce qui distingue nos ancrages et nos attachements de l'enracinement réactionnaire, c'est que les communautés que nous construisons ne sont pas encloses dans une illusoire pureté, hérissées de frontières identitaires. Elles sont hospitalières, ouvertes et hybrides. Elles se créolisent et s'enrichissent des contacts noués au fil des vies et des luttes. En cela elles sont vivantes et mouvantes, elles muent et refusent de se figer dans la conservation passéiste d'un toujours ainsi.

Être la nature qui se défend, ce n'est pas camper sir les rives de son territoire pour en repousser de prétendus envahisseurs. C'est au contraire être capable de composer avec une multitude de forces. Avec celleux qui, par leurs histoires, leurs passions ou par nécessité, s'opposent à l'appropriation et inventent ainsi de nouveaux usages des corps et du sol. Nos identités, individuelles ou politiques, ne préexistent pas à nos histoires. Tissons des parentés étendues, qui reposent sur des histoires partagées, des perspectives et des pratiques communes plutôt que sur les seuls liens du sang.
Profile Image for Louison Lit.
45 reviews
September 11, 2025
"La Confédération paysanne s'est donné pour ambition l'installation d'un million de paysannes. Nous partageons cette perspective. Mais aujourd'hui la France ne compte que 500000 exploitant·es agricoles déclaré·es. Re-massifier la classe paysanne est donc un travail colossal et de longue haleine. Or la bascule foncière est pour demain et le transfert massif des terres nourricières a déjà commencé ! Nous sommes aux prises avec un étrange paradoxe : d'un côté nous ne trouvons pas assez de candidats à l'installation pour reprendre les terres à transmettre, de l'autre nombre d'entre eux peinent à trouver une ferme et des terres où s'établir. Les obstacles à la source de cette contradiction sont principalement le prix de reprise des fermes, souvent inaccessible, et le surdimensionnement d'outils de production industriels souvent inadaptés aux projets des néo-paysannes.
De fait, nous ne pouvons compter sur les seules installations. C’est pourquoi nous nous donnons pour axe stratégique la constitution de réserves foncières agricoles. Fonder une réserve foncière, c’est construire un outil collectif pour reprendre et entretenir les terres menacées par l’agrandissement des exploitations agro-industrielles et pour lesquelles aucun candidat à la reprise ne se présente
Les réserves foncières sont en quelque sorte des communaux de transition. Elles consistent à mettre en commun et à prendre soin de terres nourricières, en vue de maintenir leur vocation agricole et de les redistribuer ultérieuremene pour les allouer à de futures installations paysannes. Il n’est pas question de les laisser partir à l'enfrichement mais de se doter d'un outil pour faire face à une cession massive de se doter d'un outil pour faire face à une cession massive des terres dans un contexte où la transmission de celles-ci se fait principalement en dehors du cadre familial et où les accapareurs ont les moyens de nous prendre de vitesse. Constituer des réserves foncières permettrait d'arracher immédiatement de vastes étendues de terre aux mains du complexe agro-industriel pour empêcher les agrandissements. Elles pourraient également servir à multiplier les espaces-tests où s'essayer aux activités paysannes, éprouver sa vocation sur plusieurs saisons avant de se lancer dans le parcours d'installation et de se confronter à ses obstacles. En bref, elles faciliteraient l'accès au foncier agricole et l'entame de carrières paysannes."
Profile Image for Hypathie.
292 reviews20 followers
July 15, 2024
Cet ouvrage collectif relate la courte histoire de trois ans du collectif Les Soulèvements de la terre, ses succès et ses échecs. Les derniers chapitres sont dévolus à une réflexion-analyse sur les méthodes de lutte passés et à venir. Mais l'ouvrage est surtout intéressant par le constat documenté sur les ravages du béton et l'emprise des terres par l'agro-business, la mainmise d'une caste mafieuse, qui est aussi l'histoire de la fin de la classe paysanne, histoire qui dure depuis un siècle et qui est toujours en cours. La FNSEA, syndicat patronal, partie prenante et principal soutien de l'agro-industrie issue de l'industrie chimique de la guerre, est le seul syndicat en effet à consentir à la disparition de ses adhérents à raison de 25 % tous les dix ans, moyennant la rationalisation et des gains de productivités de l'industrie agricole de production, et agro-alimentaire de transformation. Les Soulèvements de la terre, eux, défendent une agriculture vivrière d'élevage paysan, de pastoralisme extensif, et d'abattage à la ferme, et c'est là que nous divergeons, la pâture pour nourrir des millions de bêtes ayant une emprise sur les terres au moins aussi grande que celle de l'intensif. Mais à part cette critique, l'ouvrage est très intéressant à lire.
21 reviews
August 5, 2024
Un ouvrage indispensable ! Il constitue une réflexion très poussée, toujours nuancée, sur l'écologie politique et l'activisme en 2024. Les questionnements sur les aspects décoloniaux et féministes m'ont paru bien menés et efficaces. Le texte reste peut être un peu difficile pour quelqu'un.e de vraiment étranger.e à ces questions. Pour découvrir le sujet il faut peut etre démarrer par un livre tel que "Pour un soulèvement écologique" de Camille Etienne, plus court et accessible, puis passer à celui ci qui est plus complet et plus riche.
Profile Image for Alix.
25 reviews
September 21, 2025
Il est bien argumenté, bien sourcé, les sujets sont creusés, tout est pertinent voilà tout. Je pense que je vais y repenser toutes les semaines pendant au moins 2 ans.
Le spectre politique que ça ouvre est très différent de ce dont on (j'ai) l'habitude donc vraiment je voudrais le mettre entre les mains de tout le monde.
19 reviews
December 28, 2024
Meilleur livre de 2025

Tant en terme de philosophie, de stratégie de lutte, d'histoire , de combats nécessaires, de critique de l'écologie actuelle, de politique etc
Profile Image for Theo Tracol.
51 reviews1 follower
June 5, 2025
à la fois un bilan des 1ères années des SDT, un répertoire d’actions directes et un manifeste pour l’avenir du mouvement et de la lutte. Documenté, émouvant, utile.
Displaying 1 - 9 of 9 reviews

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