Conte horrifique, roman sur la cellule familiale, ses mensonges, ses legs impossibles et le sort réservé aux filles : ce premier livre aborde l’emprise avec une envoûtante maîtrise et tient son lecteur en haleine jusqu’à la dernière page.
Dans un futur proche où le grand dérèglement contraint aux migrations, un père a choisi de fuir la ville pour emmener sa famille sur la Butte, le domaine de ses ancêtres isolé en montagne. Pilha, Dag et Mette, ses trois filles y mènent une vie de servitude sous les ordres de leur mère. Il y a aussi Finn, le frère, né un jour de tempête, le seul pour lequel le Père envisage un avenir.
Car viendra le temps où il faudra mener chacune des filles en haut de la montagne. Ainsi en a décidé la malédiction qui pèse sur la lignée. Ainsi en a décidé le Père. Il faudra sacrifier au rituel. Parce que ce qui coule entre les cuisses des filles ne permet pas le doute. Lorsque Pilha, l’aînée, est atteinte de la mystérieuse maladie du sang, elle est escortée jusqu’au Mont. Et Pilha ne revient pas.
Dag l’a compris : elle sera la prochaine. Alors, c’est décidé : son sang ne coulera pas. Dans la forêt dont elle a fait son royaume, la tension monte. Et de découvertes macabres en révélations, la jeune fille trouvera le courage de s’arracher à la funeste destinée familiale.
J'ai adoré l'ambiance, mais c'était trop lent et trop contemplatif pour moi. A lire pour l'atmosphère, pas pour l'intrigue car c'est une histoire malheureusement assez banale en littérature d'anticipation légère. Intéressant comme univers, mais je n'ai pas réussi à m'immerger dommage.
J'ai beaucoup aimé. C'était encore très familial comme roman, à croire que c'est ce qui m'attire en ce moment, et c'était très fort. J'ai aimé cette dimension un peu mystique, avec la sorcière et la prophétie et ce rythme doux, qui avance petit à petit, nous délivre des infos au moment juste. J'ai été désolée pour Pilha, Dag et Mette tout du long, les pauvres girls. Et je trouve que c'est difficile de se positionner concernant Finn, d'un moment à l'autre, on change d'avis. C'etait très très bien, tout tranquille et pourtant hyper rude. Un mélange hyper intéressant et une thématique que j'ai adoré.
Je peux déjà vous dire que Ici tombent les filles est loin d’être un mauvais livre. Il dégage une certaine singularité de par sa plume, son émotion. Mais je n’ai pas réussi à me laisser embarquer par l’ensemble. Dès les premières pages on comprend où l’autrice nous mène et pourtant je n’ai jamais vraiment su saisir le pourquoi du chemin. Qu’est ce qu’elle a voulu transmettre, qu’est ce qu’elle a essayé de dire ? Pourquoi passer par la fantaisie pour traiter ce genre de sujet et jamais ne la remettre en question ? Je suis, malheureusement, passée complètement à côté du projet.
*Lu dans le cadre du Prix du métro Goncourt 2026* Quelle claque. TW violence, maltraitances, misogynie. Un roman haletant, dérangeant et dur mais pourtant dans lequel j’ai été emportée. L’écriture est juste, imagée, assez cinématographique. On suit l’histoire de Dag et de Finn, de l’institutrice, les personnages sont bien décrits et leurs dilemmes, leur force morale, l’évasion vers la nature et un monde imaginaire sont bien amenés. Entre roman dystopique et conte médiéval, ce premier roman est dur dans ce qu’il dépeint et m’a tenu en haleine. Il aborde la misogynie, la domination des hommes sur les femmes, boucs émissaires toutes désignées mais aussi la force des femmes, à travers le personnage de Dag et son lien à la nature qui l’aide à survivre. Une lecture marquante, possiblement dans mes coups de coeur de l'année.