On dit que certains liens sont immuables, et que l'oubli a toujours un prix. Data scientist rationnelle, allergique aux prophéties comme aux souvenirs trop lourds, Moira n'a jamais cru aux dons de voyance de sa mère. Alors, à sa mort, elle n'a plus qu'une obsession : sceller à jamais la porte de l'agence de médium qui l'a vue grandir. C'était sans compter sur un objet étrange abandonné là… À son contact, les sensations affluent : des fragments du passé reviennent, précis, troublants, incontrôlables. Hallucinations ? Malédiction ? Lorsque surgit un duo énigmatique – un vieil homme au sourire démesuré, accompagné d'une adolescente à la pâleur spectrale –, les certitudes de Moira vacillent. Qui était réellement sa mère ?
Très sympathique et que j'ai lu d'une traite : une héroïne désabusée par instants mais pleine de ressources dans les moments difficiles (et lorsqu'on hérite des attentes de personnes versées dans la divination autant dire qu'on a l'occasion d'en vivre pas mal). Ses amis et connaissances gravitant autour d'elle méritent également une mention spéciale : ils sont perchés, à côté des priorités et chaotiques, mais attachants chacun à leur façon. On se croirait dans une ancienne comédie grecque absurde transposée dans le monde moderne. Tout et tout le monde est imparfait et perché mais cela fonctionne et on passe un bon moment de lecture !
Point bonus pour l'univers de mythologie grecque bien maîtrisé qui a comblé la grande fan que je suis ;)
Un premier roman addictif, des personnages attachants et originaux, une pointe de second degré très fine, une aventure rocambolesque… un grand bravo 🙌🏻
Avec Mœdium, Renée Zachariou s’inscrit dans une tradition du fantastique contemporain où le surnaturel ne surgit pas pour effrayer, mais pour révéler ce que les personnages refusent d’affronter. Derrière son intrigue teintée d’ésotérisme, le roman explore avant tout la mémoire, l’héritage familial et la difficulté de se construire face à un passé que l’on tente d’effacer.
Moira, héroïne profondément ancrée dans la rationalité moderne, incarne cette tension dès les premières pages. Data scientist, habituée aux chiffres et aux certitudes mesurables, elle a toujours rejeté les dons médiumniques de sa mère, qu’elle considérait comme une illusion embarrassante. À la mort de celle-ci, son objectif est simple : fermer définitivement l’agence de voyance familiale et tourner la page.
Mais le récit bascule lorsqu’un objet abandonné agit comme un déclencheur sensoriel. Les souvenirs affluent, non comme de simples réminiscences, mais comme des expériences physiques, presque invasives. Zachariou installe alors un fantastique ambigu, oscillant constamment entre perception altérée et intrusion réelle du surnaturel. Le lecteur, comme Moira, demeure suspendu entre explication psychologique et phénomène inexpliqué.
L’apparition d’un duo étrange — un vieil homme au sourire trop large et une adolescente spectrale — accentue cette impression d’inquiétante étrangeté. Plutôt que d’offrir des réponses immédiates, le roman cultive l’incertitude, transformant la quête identitaire de Moira en enquête intime : comprendre qui était réellement sa mère revient à interroger ce que l’on hérite malgré soi.
La grande réussite du livre réside dans cette confrontation entre science et croyance. Zachariou évite soigneusement le cliché du combat entre rationalité et mysticisme. Au contraire, elle montre comment les deux peuvent coexister, révélant que le besoin de sens dépasse souvent les cadres logiques que l’on s’impose.
L’écriture, précise et atmosphérique, privilégie une tension progressive plutôt qu’un spectaculaire immédiat. Le fantastique s’infiltre dans le quotidien par touches discrètes, rappelant davantage le réalisme magique ou certains récits psychologiques contemporains que le thriller paranormal classique.
Au fond, Mœdium parle moins de voyance que de transmission invisible : ces histoires familiales, ces traumatismes et ces silences qui traversent les générations. L’oubli, suggère le roman, n’est jamais une libération totale — seulement une dette différée.
Roman d’atmosphère et de questionnement intérieur, Mœdium séduira les lecteurs attirés par un fantastique introspectif, où l’énigme surnaturelle devient avant tout une exploration de l’identité et du deuil.
Un récit court qui m’a complètement fait sortir de ma zone de confort et ce avec mes thèmes de prédilections !
On va suivre Moira, une data analyste à l’esprit cartésien qui va devoir faire fasse au deuil de sa maman qui était médium. On ressent l’amour et les tentions entre ces deux femmes lors de souvenirs, un amour entremêlé au fait que Moira voyait ses activités s’apparentant à du charlatanisme.. jusqu’à jour où.
Entre les différentes phases du deuil elle va devoir gérer l’après, l’héritage et ce sur plusieurs plans. Lors de rangement dans les affaires de sa maman, Moira se perd dans les cartons, dans les différents objets et souvenirs jusqu’à croisé un mystérieux oeuf.
Au delà du fait que le récit prend des tournures qui m’ont complètement perdue. Un mélange très réussi où l’on se sent comme la protagoniste à douter du réel, de rechercher une sens à ce qui est ou pourrait être imagé, mais je vous avoue que j’ai de loin compris la moitié ! Malheureusement un style auquel je me suis révélée assez hermétique. Mais je tiens à souligner l’ingéniosité de la construction du récit qui m’a beaucoup plu et plus encore les personnages secondaires, les amis de Moira, avec leurs personnalités complément incroyable !
Ce récit est une véritable expérience qui je pense à plusieurs degrés de compréhension.