Des années 1960 à aujourd'hui, la narratrice raconte sa filiation problématique, entre sa mère, le père dont elle porte le nom et qu'elle surnomme le Loup, et le Mandarin, tous deux hauts fonctionnaires sous de Gaulle. Inséparables, ils sont au cœur de la " Françafrique ", ce système de politique énergétique et de l'armement des Trente Glorieuses, qui se soldera par un scandale politico-financier retentissant dans les années 1990. Occupant une place particulière dans sa famille pour des raisons qu'elle peine à saisir mais tentera d'éclaircir au fil de sa vie, la narratrice observe et décrit ce curieux trio. De qui est-elle la fille ? Du Loup ? Ou du Mandarin ? Une seule certitude traverse ce roman cruel et émouvant : être l'enfant du doute, c'est être celle qui doute – et dont on doute.
L’enfant du doute (SP) Un roman signé Cécile Desprairies aux éditions Julliard. Avec une écriture limpide, fluide, poétique et rythmée, on suit « Elle », la narratrice. Elle nous raconte son enfance difficile au début des années 1960. Elle nous décrit sa relation chaotique avec le Loup, son père, un homme autoritaire, qui parle d’une grosse voix et qui l’hérite. Il supporte mal sa présence, pourquoi ? Pourquoi est-elle tenue à l’écart de la famille ? Elle nous parle également de sa mère Hélène, qui fait des scènes incompréhensibles ainsi que Mandarin, un fonctionnaire et ami de son père. Qui est-il pour « Elle » ? Placement chez une nounou, la jeunesse de Loup, les vacances heureuses chez le Mandarin et sa femme, pétrole, nucléaire, bombe atomique… C’est un texte touchant, bouleversant et difficile à lire par moments. Le personnage de la narratrice est très bien travaillé, puisque tu ressens sa douleur, sa peine, sa rage, ses questionnements et l’inconfort qu’elle traverse à être dans cette famille. « Il m’ignore généralement — je suis une petite fille maigre à la peau mate, pas le genre aux cheveux de blé et regard de ciel. » « La violence est la norme, c’est la paix et la guerre, souvent la guerre et parfois la paix, mais la guerre dans cette famille, je la découvre chaque jour. » « Je passe une enfance difficile à l’appartement familial. Les appareils électroménagers ne sont jamais réparés, même s’il en est toujours question. Je mange peu, il y a de la haine dans les assiettes. » Un livre à ajouter dans votre PAL sans hésitation ! Bonne lecture Vanessa