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Lâcher les chiens (La Grande Ourse)

Une cavale syncopée dans les Pyrénées, librement inspirée de faits réels.
Depuis près de dix ans, Valère fait le sale boulot. Dans le chenil d'une usine spécialisée dans la nutrition animale, il nettoie la merde des chiens sous la pression d'un patron intraitable.

Désormais, il se sait menacé : la nuit, dans le petit village où il vit avec sa femme et son fils, des hommes armés patrouillent autour de sa maison. Pour protéger les siens, il s'équipe et s'entraîne. Jusqu'au jour où l'irréparable se produit.

Valère prend la fuite avec, pour seule boussole, la carte de son père, un berger qui a quitté la montagne à regret. Au gré des sentes pastorales, un itinéraire mène droit à la terre promise. Là-bas, espère-t-il, une autre vie est possible.

Servi par une prose syncopée, ce premier roman librement inspiré de faits réels entraîne le lecteur dans une cavale syncopée à travers le massif des Pyrénées.

219 pages, Kindle Edition

Published January 8, 2026

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Displaying 1 - 4 of 4 reviews
Profile Image for Bruno Menetrier.
369 reviews5 followers
July 28, 2026
Cavale pyrénéenne - Voici l'étonnant premier roman d'un très jeune auteur à la plume rageuse et survoltée. Le récit d'une vie manquée, celle d'un jeune qui a voulu s'échapper de l'enfer industriel et regagner les montagnes de son enfance. Un témoignage implacable de la brutalité sociale de notre quotidien.

Allez il n'est jamais trop tard, voici encore un bouquin repêché de la précédente rentrée littéraire, celle de l'hiver 2026, avec Lâcher les chiens, premier roman du jeune français Antonin Feurté, paru en janvier aux éditions Paulsen et récompensé un peu plus tard au Festival Étonnants Voyageurs de Saint-Malo.
Antonin Feurté n'a que 23 ans, son héros à peine 25.

Valère, 25 ans, vient de péter un câble, sans doute poussé à bout, sans doute un brin parano.
« Neuf ans que je bosse à l’usine. Cinq ans que le père est parti. Trois ans que le petit est arrivé, trois ans que ça part en vrille.
[...] C’est nous, les victimes. C’est parce qu’ils ne font rien que j’ai dû me faire justice.
[...] Le truc, c’est que j’ai de bonnes raisons de me méfier d’un paquet de gens. »
On ne sait pas encore exactement ce qu'il a fait mais son revolver est encore chaud et il se retrouve en cavale poursuivi par les flics et « même une colonne blanche de 4×4 blindés du GIGN ».
Les chapitres du récit survolté alternent plusieurs timings, à la première personne, celle du “je”.
Avant, c’est le compte à rebours du burn-out à l’usine qui commence « 06:15 avant impact » quelques heures avant le coup de sang, le coup de chaud, le coup de feu.
Après, c’est l’altimètre de la fuite en montagne qui débute à « 1 250 mètres ».
Il y a aussi les souvenirs de la vie d'avant le drame. L'enfance, les parents disparus, un deuil difficile, une petite-amie et même un bébé.
Le gars est assez ambigu, tantôt jeune énervé plutôt sympathique, tantôt violent et paranoïaque, et le lecteur ne sait pas trop de quel côté va finir par pencher la balance car on découvre les faits par petites touches, par ce que Valère veut bien nous en raconter, au fil de sa cavale dans les montagnes.

Valère on le devine violent, instable, colérique, un peu speedé, il a la haine. Ses pensées sont au diapason de l'écriture hachée, nerveuse, rageuse.
« J’aurais jamais dû lâcher les chiens. J’ai merdé. »
Mais c'est aussi un jeune blessé, au propre comme au figuré, mal dans sa peau, malmené, humilié. Un jeune homme qui voulait juste vivre ses rêves inaccessibles de vie heureuse, apaisée. Alors nous aussi on a envie de lui dire « Calme-toi, Valère. Respire. ».
Peu à peu, on va cerner le bonhomme au fil de sa cavale en montagne et des souvenirs qui remontent. Jusqu'à ce qu'on sache enfin ce qui s'est passé à l'usine et comment tout cela va finir. Qu'on sache enfin qui se cache derrière le forcené paranoïaque que poursuivent les flics du GIGN.

Quand on entend tourner les hélicos, la cavale en montagne devient un sacré moment de nature-writing à la française, teinté de survivalisme, qui peut résonner avec les romans de Pierre Chavagné ou encore celui de l'autrichienne Marlen Haushofer.

Il ne faut pas manquer de souligner le travail et le talent d'un jeune auteur quand son premier roman vient bousculer le paysage littéraire, comme ce fut le cas l'an passé par exemple avec Marius Degardin et ses Mandragores.
Deux très jeunes auteurs qui présentent bien des similitudes tant dans l'écriture que dans les thèmes abordés et deux romans qui laissent des traces profondes chez le lecteur.

Je vous laisse découvrir l'enfer l'usine où travaillait Valère mais sachez que l'auteur a lui aussi travaillé ainsi dans une fabrique d'aliments pour chiens et chats, alors laissons lui le joli mot de la fin, tiré de sa postface :
« Il y a quatre ans encore, je travaillais l’été dans une usine semblable à celle de Valère. Je n’avais pas encore l’écriture pour traduire la fatigue de la tâche, la puanteur et les visages des hommes et des femmes qui résistaient depuis des années dans cet enfer industriel. Collègues d'usine, c'est d'abord à vous que je m'adresse. »
Profile Image for Bere.
60 reviews
June 8, 2026
Peut être c’est un avis biaisé vu que c’est antonin qui l’a écrit mais j’aime bcp comment le récit est raconté. Déjà que j’adore les histoires ou ya pleins de temporalités et en plus qnd c’est en menant vers un moment clé. En plus j’ai tjrs trouvé que anto écrit extra bien, et le livre en est la preuve. J’adore aussi le fait qu’il se soit inspiré de sa propre vie pour l’écrire (et que je connaissais viteuf le contexte de son job intérim, d’où le faite que je sois aussi peut être biaisée, mais bon les prix ont aussi leur mot à dire). Bref très bon livre qui m’a bien fait angoisser et j’ai très très bien visualisé tout le monde de Valere. Meme si il m’a bien fait chier tout le livre, c’est normal que je l’aime pas. Et l’épilogue m’as un peu fait pensé à aveux de faiblesses
Profile Image for Natasha.
35 reviews
August 7, 2026
Un premier roman introspectif qui nous plonge dans l’esprit d’un jeune homme tourmenté, abîmé par la vie, le deuil de ses parents et des conditions de travail déplorables. Au fil des chapitres, on découvre l’enfer de son quotidien à l’usine, les blessures marquantes qui l’ont construit et sa cavale dans une montagne à la fois protectrice et hostile. La plume est brute, recherchée et authentique… peut être parfois un peu trop ? À vouloir décrire le vrai, l’auteur partage surtout le laid, dans la nature humaine comme montagnarde. Ce roman manque à mon sens d’un peu de beauté et d’idéaux. Je regrette aussi que la condition animale ne soit qu’effleurée dans ce livre. A mon sens c’est une opportunité manquée.
Profile Image for Mo_.
47 reviews4 followers
March 14, 2026
Je ne doute pas que ce livre plaise, ce n’est pas un « mauvais livre ». J’ai juste eu l’impression de l’avoir déjà lu. D’avoir déjà lu cette histoire mille fois.
Un film Netflix quoi.
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