Cette littérature historiographique, entachée de contrevérités, de mensonges, de calomnies, de dénigrements, n’avait en réalité pour but que de divertir le lecteur en le trompant, de dédouaner les criminels de leur forfait et de jeter l’opprobre sur la tête du nègre. Tous les auteurs qui ont rapporté des écrits à la mode, savaient bien qu’ils mentaient et, leur objectif caché était de justifier l’esclavage et la traite, autrement que par la nécessité économique de leur capitalisme barbare, allant jusqu’à culpabiliser directement les victimes : procès inique et abominable de tireurs sur une cible agonisante. « Des hommes qui ne consultent que leur bon sens, et qui n’ont pas suivi les discussions relatives aux colonies, douteront peut-être qu’on ait pu ravaler les Nègres au rang des brutes, et mettre en problème leur capacité intellectuelle et morale. Cependant cette doctrine, aussi absurde qu’abominable, est insinuée ou professée dans une foule d’écrits. Sans contredit les Nègres, en général, joignent à l’ignorance des préjugés ridicules, des vices grossiers, surtout les vices inhérents aux esclaves de toute espèce, de toute couleur. Français, Anglais, Hollandais, que seriez-vous, si vous aviez été placés dans les mêmes circonstances ? » (51)