J’ai eu un peu de mal à rentrer dedans au début, la première partie était un peu laborieuse je trouve mais le récit trouve vraiment son rythme à partir de la deuxième. L’esprit de sororité est très bien amené et j’ai beaucoup aimé la description des processus de sélection et de mise en exécution des sentences. J’ai quand même eu plus de mal avec le ton utilisé par moments, chaque chapitre est centré sur un personnage différent et pour certains le ton est très vulgaire et brute de décoffrage, ce qui m’a un peu dérangée. Un genre entre la dystopie et l’enquête policière, je valide !
Alerte au GIGA coup de cœur et c’est du belge, en plus !
Si vous aimez les polars qui ont du chien – coucou Cléo – et les écrits féministes qui claquent, vous DEVEZ absolument vous procurer celui-ci. Sandrine Goeyvaerts s’empare de la trope rape and revenge et livre un petit diamant jubilatoire qui fera frémir la machosphère.
C’est bien connu : les institutions se font molles quand il s’agit de condamner les prédateurs sexuels. Alors imaginez un peu un groupe de guerrières vengeresses parfaitement organisées qui ont décidé de se faire justice elles-mêmes. C’est tellement improbable que la police passe complètement à côté. Sauf Alice qui, seule contre tous, va mener sa petite enquête perso.
C’est court, cru, percutant. On suit le quotidien des femmes : on les suit dans leurs salles de bains, leurs chambres, leurs assiettes. On les suit aussi dans la rue mais, pour une fois, on n’a pas peur. On se sent forte. On se sent épaulée. L’autrice nous plonge dans leurs tragédies mais on se sent étrangement reboostée par un espoir nouveau.
Cabale, c'est l'histoire de 5 femmes qui ont décidé de se faire justice elle-même. Victimes d'agressions, de violences, de viols, elles ont créé une organisation secrète visant à éliminer les hommes coupables de crimes passés sous silence. C'est un livre cru, qui nous plonge dans le quotidien de ces femmes ainsi que celle d'une policière qui va tenter de les retrouver. Les chapitres sont courts, efficaces, on passe d'un personnage à un autre au fil de leurs entreprises. Il faut se faire à ce style d'écriture qui n'embellit rien et reste très honnête à la vraie vie. Rien n'est romantisé. On apprend à connaître les têtes pensantes et exécutantes de Cabale (dont les noms de code sont géniaux), ainsi que leurs histoires toutes plus horribles les unes que les autres. J'ai trouvé ce livre très intéressant dans sa construction et dans ce qu'il essaye de mettre en valeur. Peut-on se faire justice soi-même ? Dans notre société actuelle, cette question pousse à la réflexion. J'aurais aimé que le livre soit plus long, quitte à nous en dire (encore) plus sur tous les personnages ainsi que leur mode d'opération. Cela aurait laissé plus de temps pour s'attacher réellement aux personnages, qui sont très intéressants, et pas seulement à les connaître au travers de leur historique traumatisant. J'aurais aussi préféré que le récit soit moins axé sur ce que les protagonistes mangent, car cela n'ajoute rien du tout à l'histoire. Cela nous coupe dans notre élan, surtout dans un roman aussi court qui demande à ce que les choses soient succinctes pour arriver au dénouement.
En somme, je recommande vivement ce polar si vous souhaitez lire des lignes qui changent et font réfléchir. Je serais ravie de lire un autre livre de cette autrice lorsqu'il sera disponible.
Peut-on parler de dystopie lorsque l’on évoque 𝒞𝒶𝒷𝒶𝓁𝑒 ? Certes, l’intrigue se déroule en 2027, mais il s’agit d’un futur proche, trop proche.
Qu’est-ce donc que « Cabale » ? Il s’agit d’une société secrète composée exclusivement de femmes victimes de violences conjugales et intrafamiliales. Lasses des injustices dont elles font l’objet au quotidien, elles décident d’exercer elles-mêmes la justice que les institutions, et la société tout entière, leur ont refusée.
D’aucuns diront que cette histoire appelle à la rébellion, à se faire justice soi-même. Pour ma part, j’y vois d’abord un hommage à toutes ces femmes qui, aujourd’hui encore, meurent sous les coups de leur conjoint, ainsi qu’à celles qui, bien que survivantes, tentent de se reconstruire et de vivre, tout simplement. Mais parviennent-elles vraiment à vivre sans peur ? J’y vois ensuite un hommage à la sororité et au féminisme. Mais qu’est-ce qu’être féministe ? C’est accepter le fait que, nées femmes, nous méritons toutes, sans exception, d’être traitées avec respect et égalité. Entendons par-là que personne, en raison de son genre, ne peut ni ne doit être rabaissé.
Tous les personnages, féminins, s’entend, sont à la fois fragiles et forts, qu’il s’agisse des membres de Cabale ou d’Alice, chargée d’enquêter sur la mort d’un chanteur célèbre, retrouvé sans vie dans sa chambre d’hôtel.
Bref, un roman policier, peut-être, mais avant tout d’actualité, qui mêle rythme et réflexion sociétale. L’écriture percutante et incisive de Sandrine Goeyvaerts nous tient en alerte permanente, tout en nous délivrant une leçon d’humanité et de résilience.
Lu en une journée, ce qui m'arrive rarement ces dernières années.
Les personnages, l'histoire, l'écriture, tout est à très haut niveau. J'ai plongé dedans et je ne pouvais plus le lâcher. Le livre aborde des sujets très durs mais Sandrine Goeyvaerts arrive à rester sur une ligne très compliquée qui dit les vérités des vécus tout en permettant une sorte de catharsis. Je suis ressortie de ce livre reboostée, là où beaucoup de thrillers me laissent plutôt démoralisée. Une vraie réussite.