Alors, c'est pas un essai parfait, ni novateur, mais les écrits par des personnes aroaces sont tellement rares qu'ils méritent d'être lu. J'aime moyennement le côté essai/autobiographie qui m'avait déjà dérangé avec Vieille Fille de Marie Kock (qui est souvent nommé dans cet essai sur le post-romantique et que je conseille), mais ici c'est plutôt pertinent. L'essai permet une réflexion claire sur le rapport romantique, la place du couple plutôt qu'à l'amitié dans notre société et l'autrice met en avant une lecture aromantique et asexuelle du rapport à l'amour. Dans le spectre lgbtqia+, les asexuels et les aromatiques sont parfois invisibilisés et parce qu’iels sortent des codes et des injonctions autour du couple, du sexe et de l'amour, iels vivent souvent en décalage et avec culpabilité. Cet essai remet les choses au clair, avec douceur et pertinence et mettent en avant le rapport d'amour au sens large, hors des normes qui nous enferme. Presque l'effet d'un gros câlin en somme. J'ai vraiment aimé cette ode à l'amitié, à ses nuances, au côté historique et contextuel qui fait que notre rapport a l'autre à changé depuis le moyen âge. La question de l'intime est si large, mais nos schémas enferme les possibilités. J'ai moins été emballé, cependant, par la partie sur la parentalité que j’avais déjà découvert dans d'autres essais et qui ne me concerne pas vraiment. En tout cas, j'ai beaucoup aimé cet essai et j'adorerai qu'il y en ait beaucoup d'autres qui parle ainsi de l'asexualité et de l’aromantisme.
Une ode aux relations humaines dans toute leur multiplicité. En tant que grande défenseuse des amitiés comme moyen de résistance face aux injonctions patriarcales et hétéronormatives, ce livre fut un pur plaisir et une confirmation que fuck le couple et vive la liberté.