Dans le Montréal des années 1990, une série de meurtres sème la panique dans le milieu gai déjà ébranlé par l’épidémie du sida et la violence policière. Francis, Rachel et Mo, trois ami·e·s dans la vingtaine, se trouvent alors précipité·e·s dans des combats qui les dépassent, leur destin désormais lié à celui d’une communauté décidée à nommer la haine dont elle fait l’objet. Un thriller haletant qui prend racine dans la véritable histoire de la lutte pour la reconnaissance des droits des minorités sexuelles au Québec.
‘’ J’ai lu la pièce... C’était exactement ça : le fun, la fête, pis en même temps, le sida, les meurtres, les descentes, la police qui nous battait dans’ rue. C’était tellement gros. Quand j’en parle aujourd’hui, même les gens de la communauté LGBTQ me disent que j’exagère.’’
Ce livre, ou plutôt cette pièce, m’a été proposé par mon cercle de lecture et bien que je n’aie pas pu être présente à notre rencontre, j’ai quand même décidé de la lire (je suis une bonne élève que voulez-vous). J’ai malheureusement raté son passage au théâtre, il y a peu à Montréal et après avoir lu la pièce, je regrette vraiment de ne pas l’avoir vue! J’espère vraiment qu’elle va revenir!
J’ai vraiment beaucoup aimé cette pièce, je pense que c’est l’une des meilleures pièce moderne que j’ai lue récemment. Je l’ai trouvé très complète, mais surtout très profonde. Par moment j’ai trouvé que ça faisait même plus roman que théâtre et c’est pour cela que j’aurai été curieuse de la voir. C’était un mélange de documentaire historique pertinent sur la communauté queer des années 90 et de fiction sur des personnages à la fois complexe et attachant. Comme mentionner dans la citation dite par Edouard plus haut, on va y voir la brutalité policière, les meurtres haineux qui se succède en silence autant des autorités que des médias, le sida qui fait rage dans la communauté et les discriminations qui les empêchent de s’assumé, mais en même temps dans tout cette noirceur, il y a leur communauté, les fête, les voir se soutenir et continuer à se battre peu importe, les voir tomber en amour, se découvrir, avoir des rêves et se battre pour. On les voit exister alors que le monde entier essaye de les étouffer. Ce n’est pas que négatif, il y a de l’espoir. Surtout qu’en parallèle, on voit la fille de Sylvain, Marion, de nos jours, ouvertement lesbienne, marié à sa femme et heureuse dans son homosexualité, montrant ainsi le progrès de la communauté queer en seulement 30 ans.
Les personnages étaient très complexes, surtout pour du théâtre ou on tombe souvent dans des stéréotypes (c’est plus facile à jouer et à comprendre en peu de temps). Ce ne sont ni des saints ni des martyrs. Ils se battent pour leurs droits, mais ils ne sont pas parfaits non plus, ils sont humains. J’ai beaucoup aimé le passage où il dit je ne suis pas la maladie, je suis un humain qui a une maladie, parce que c’est un problème sur les livres qui aborde le sida, il ne parle que de ça réduisant un peu l’homme au sida. Ici, il y avait tellement plus. Francis n’était pas parfait, il voulait améliorer le droit des gens queer, mais pourtant n’a pas su soutenir Edouard, jugeait les gens trans et sans le vouloir entrainait les gens dans sa chute. C’était un personnage super intéressant et il va vraiment bien nous guider dans l’histoire. On y suivait plusieurs personnages, on allait alterner dans plusieurs points de vue, plusieurs visions de leur même réalité, mais j’ai trouvé que Francis apportait une bonne continuité dans l’histoire et liait bien chaque personnage. Les autres m’ont également beaucoup interpellé, principalement son cercle proche, Mo et Edouard, que j’ai trouvé très touchant et dont l’évolution apportait de l’espoir bienvenu dans cette histoire sombre.
C’était un texte très pertinent, qui couvre une partie de l’histoire qu’on essaye trop souvent d’effacer. C’est un texte dure écrit de manière franche et qui ne s’excuse pas d’exister. C’est cru et sincère, mais l’alternance entre les ellipses temporaires vont adoucir la dureté des années 90 avec un sujet un peu moins dure comme la recherche de la paternité perdu de Marion. C’était super bien écrit, j’ai beaucoup apprécié le franc parler des personnages, on avait réellement l’impression de rentrer dans leur intimité et d’être les témoins silencieux de leurs conversations. Ils ne s’appliquaient pas pour bien parler et c’est ce qui rendait le tout naturel. J’ai également trouvé tous les passages ou il y avait deux scènes ou deux dialogues qui se passait en même temps, écrit côte à côte très intéressant et artistique et j’ai aimé me l’imaginer comme au théâtre cela a dû se passer. J’aurai adoré avoir le visuel en même temps!
Bref, c’était un très bon texte que je recommande sans la moindre hésitation, je ne m’attendais à rien, mais je ne m’attendais définitivement pas à ça! J’adore le titre d’ailleurs, je trouve ça très évocateur de ce que l’histoire va être tout en étant très artistique à la fois.
J'ai eu l'immense honneur de lire cette pièce en avant-première, considérant que j'étais stagiaire pour la production lors de la création. Immense pièce phare pour la communauté LGBTQIA+. Pièce nécessaire, coup de poing. D'une poésie formidable, à lire absolument comme devoir de mémoire.
Une pièce de théâtre tellement mais tellement nécessaire sur l'histoire de la communauté LGBTQ+ et du sida au Québec/à Montréal. Des personnages attachants , une histoire qui semble être sortie tout droit de la fiction , mais qui est belle et bien basée sur une triste réalité. Je voudrais mettre ce livre entre les mains de tout les humains. Avec la montée des discours haineux des derniers temps , cette pièce est encore plus importante pour se rappeler d'où l'on vient.
Cette pièce fut un coup de cœur immense pour moi! Au point où je l’ai lue d’une traite, ce qui n’est pas peu dire pour un texte de théâtre de plus de trois cents pages!
Corps fantômes se lit comme un roman, alors qu’on suit une série de personnages issus de la communauté LGBTQ+ du Montréal du début des années 1990. Des parallèles seront tracés avec l’époque actuelle par l’entremise de la fille d’un des personnages, Marion, qui effectuera des recherches à la mort de son père qu’elle a peu connu.
L’histoire de Corps fantômes se déploie autour de la pièce du même nom, dont Marion a trouvé le texte dans les affaires de son père après sa mort. Dans cette pièce écrite par son amant Francis, l’auteur cherche à rendre visible la violence subie dans le milieu gai en racontant la vie des gens qui l’entourent au quotidien. Alors qu’une série de meurtres secoue cette communauté fragilisée par l’épidémie de sida et la violence policière, on suit un groupe de jeunes adultes révoltés à la recherche de vérité et de reconnaissance.
Corps fantômes est une pièce importante en raison de la qualité du texte, mais surtout en raison de la mise en lumière des traumatismes et des injustices vécues à une époque où la stigmatisation en raison de l’orientation sexuelle se vivait de façon décomplexée et au grand jour. Les personnages sont complexes et pertinents et l’activisme est bien présenté, mais sans prendre toute la place. Les dialogues sont vivants et crédibles, avec les registres de langue adéquats, selon le contexte. On embarque dans l’histoire et on comprend l’importance des gestes d’éclat et des revendications des personnages.
Corps fantômes éclaire un pan souvent oublié de l’histoire québécoise avec justesse et pertinence. Bravo pour cet ouvrage de grande qualité!
À lire absolument. L'une des meilleures pièces de théâtres LGBTQ+ que j'ai jamais lue ou vue! L'histoire d'évènements qui se sont passés à Montréal dont je n'avais jamais entendu parlé, mais qui sont pourtant extrêmement importants.