Récit autobiographique poignant de la vie avec l'être aimé disparu, ce texte offre également une subtile réflexion sur le deuil et sur ce qui constitue un couple. Comment reprendre goût à la vie lorsque l'être aimé a disparu ? Dans ce roman autobiographique, Mathieu revient sur les années qui ont suivi la disparition de son mari, Benoît, mort d'un grain de beauté ayant dégénéré en cancer. Mathieu cherche à trouver un équilibre afin de prolonger leur relation fusionnelle tout en restant du côté des vivants. Il décide ainsi d'enquêter pour découvrir le Benoît qu'il ne connaissait pas. Dans une forme d'urgence, il consulte les écrits laissés par son mari, interroge des proches dont il n'avait jamais entendu parler, découvre que Benoît avait une personnalité beaucoup plus complexe qu'il ne l'imaginait. En parallèle, Mathieu se lie d'amitié avec des parents endeuillés au cimetière, déménage, modifie sa vie professionnelle, multiplie les relations sexuelles en espérant retomber amoureux. Avec vitalité et humour, Mathieu brosse un portrait intime, émouvant mais sans complaisance, de Benoît et de leur histoire d'amour de quinze ans. Tel un miroir, ce roman invite chacun à conquérir ce que Mathieu appelle la liberté du deuil, et livre une subtile réflexion sur ce qui constitue un couple.
Mathieu Simonet est né en 1972. Il est avocat et administrateur de la Société des Gens de Lettres (SGDL).
Son travail correspond à des « autobiographies collectives ». Il a publié quatre romans : « Les Carnets blancs » et « La Maternité » aux éditions du Seuil, « Les Corps fermés » aux éditions Emoticourt et « Marc Beltra, roman autour d’une disparition » aux éditions Omniscience. Mathieu a obtenu le Prix de L’ïle aux Livres en 2012 pour « La Maternité ». Il collabore avec le Magazine littéraire (il a notamment coordonné le dossier consacré à l’écriture de soi en avril 2013) et avec le Palais de Tokyo (il a organisé le grand atelier d’écriture des 50 ans de France Culture au Palais de Tokyo). Il co-dirige la collection « Littérature du réel » aux éditions Omnisicence (dont le premier roman, Conception d’Ariane Zarmanti, est sorti en mars 2014). Mathieu bénéficie, pour l’année 2014, d’une résidence d’écriture financée par le Conseil régional d’Île de France au sein des 37 hôpitaux de l’AP-HP : il a demandé à 1000 patients d’écrire leur adolescence sur des carnets. Ces carnets seront confiés à 1000 collégiens et/ou lycéens. Des lectures et performances seront organisées à partir de ce dispositif (notamment dans le cadre de la nuit blanche le 4 octobre prochain). Il est également membre de la Commission des contributions financières à la production de films de court-métrage du CNC. (source : http://www.ile-aux-livres.fr/simonet)
Il est difficile de "noter" et donner son avis sur des livres aussi intimes. L'auteur raconte la mort de son compagnon d'un mélanome et la période de deuil qui s'en suit durant 2 ans. Je dois avouer que j'ai toujours une curiosité morbide à la lecture de ce genre d'oeuvres car la question de la mort et de la gestion du deuil sont des sujets qui m'obsèdent depuis (trop) jeunes. Cela m'obsède à tel point que j'imagine moi même mes derniers jours ou ceux de mes proches régulièrement. Entre ma fiction et la réalité de l'auteur, il y a un énorme pas car lui il l'a expérimenté. Il questionne également l'écriture du roman, un peu comme David Thomas dans Un frère je trouve ce questionnement très sain et nécessaire à mon appréciation d'un tel texte. Je ne sais pas si c'est le genre de texte qui me restera longtemps en tête, mais c'est une lecture assez cathartique pour le moment et néanmoins très touchante.