Une lecture profondément bienfaisante, entre le rire et l'émotion, qui nous rappelle que, face à nos angoisses, il reste toujours la beauté du monde à observer.
Un roman puissant et réconfortant, à la fois hilarant et profond, qui explore les méandres de l'angoisse, de l'amour et de l'art comme médicament à l'existence. Au fil des consultations avec son psychiatre, aussi fascinant que troublant, la narratrice, une quinquagénaire divorcée qui vient de rencontrer l'amour sur internet et vit les premières crises de son nouveau couple, nous entraîne dans un voyage introspectif où chaque toile, chaque chef-d'œuvre observé dans les musées du monde devient une métaphore de sa propre vie. Et les étapes qu'elle subit ou surmonte, ce sont aussi les nôtres, d'où le côté universel de ce roman.
Thèmes abordé L'art comme thérapie et miroir de nos émotions L'angoisse du temps qui passe et de l'engagement La complexité des relations amoureuses La mélancolie et la solitude dans un monde hyperconnecté L'évolution personnelle face aux blessures et aux traumatismesStructure Le récit alterne entre les consultations psychiatriques et les épisodes de la vie de la narratrice (la pression qu'elle subit au travail, la maladie qui commence à faire des victimes parmi ses proches, ses virées animées entre amis ou encore ses rendez-vous amoureux), ponctués par des voyages dans des musées emblématiques où chaque tableau devient une clef d'analyse de sa propre histoire. Des œuvres telles que Le Cri de Munch, Le Radeau de la Méduse de Géricault ou encore Nana de Manet incarnent autant de guides spirituels et introspectifs pour la protagoniste.
Une œuvre à la fois intime et universelle, où l'humour caustique se mêle aux réflexions existentielles. Un récit joliment décapant, qui traite de sujets qui nous touchent le couple et ses crises potentielles, le monde du travail qui se durcit, la jeunesse qui s'éloigne, l'envie de profiter de la vie à fond avant que les ennuis de santé nous rattrapent. Une lecture profondément bienfaisante, entre le rire et l'émotion, qui nous rappelle que, face à nos angoisses, il reste toujours la beauté du monde à observer.
Martina Chyba arrive à Genève en 1968 à l'âge de 3 ans, ses parents ayant choisi l'exil à la suite des évènements du Printemps de Prague.
Ses parents tenant le restaurant du tennis-club Lancy Fraisiers, elle apprend ainsi le tennis, progressant jusqu'au niveau N2 (30 meilleurs suisses).
Elle poursuit des études de lettres à l’université de Genève où elle obtient une licence. Son mémoire est une étude sur Les Faux-monnayeurs d’André Gide.
Elle entre à la Télévision suisse romande en 1989 comme journaliste pour les émissions Table Ouverte, Tell Quel et Temps Présent. En 1993, elle présente l'émission À Bon Entendeur, puis Mise au point en 1996, Scènes de ménage en 2004 et enfin "'C'est la jungle!'" en 2012
Voilà une lecture bien agréable, drôle, intelligente, qui parle d’amour, de temps, d’art… et de nous. Il me fallait vraiment quelque chose de léger en ce moment et cela ne pouvait pas mieux tomber.
Il s’agit, sans trop de doutes, d’une auto-fiction qui démarre sur un rythme assez rapide et un ton un peu destabilisant, mais auquel j’ai fini par m’habituer au bout de quelques dizaines de pages.
La narratrice, une quinquagénaire divorcée qui entame une relation avec un homme rencontrée sur une appli, évoque la peur du temps qui passe, la pression sociale, ses désillusions amoureuses, son futur ex-boulot (c’est du caviar !), ses amis et ses blessures. Elle se questionne en permanence et son regard sur ses souffrances ultra contemporaines finissent par (nous) toucher juste. Comme elle le dit elle-même, ça « touche un nerf » !
Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce livre, c’est son regard sur l’art comme un outil d’introspection. Elle voit régulièrement un psy jeune, beau et passionné d’art (eh oui), qui lui prescrit un face-à-face avec certaines oeuvres situées dans divers musées en Europe et ailleurs (Hawaï par exemple). Une fois sur place, elle doit se questionner sur la façon dont chaque oeuvre peut lui apporter de la force pour affronter ses propres émotions et contradictions. N’étant pas familière des méthodes thérapeutiques de manière générale, je ne connaissais absolument pas cette approche. Existe-t-elle seulement ou est-ce une pure invention romanesque ? En tout cas, l’idée d’utiliser l’art comme fil conducteur du livre est bien trouvé.
J’ajoute un bémol : j’en veux encore à la narratrice d’avoir divulgâché la fin des souffrances du jeune Werther, qui se trouve actuellement dans ma pile à lire. Cependant, elle a tellement bien « vendu » Nana de Zola que c’est presque pardonné.
C'est une lecture que j'ai pu faire grâce à l’opération Masse critique de Babelio (le site "concurrent" !) et aux éditions Favre qui m'ont envoyé le livre. Au final, je ne suis pas déçue du tout !