La nouvelle vient de tomber : le dernier long métrage de Germain Cliche est finaliste à l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Tout le Québec retient son souffle. À 80 ans, Germain Cliche est un monument. Cinéaste de renom, artiste accompli, il enchaîne les succès et les honneurs. Figure majeure du Québec moderne, son nom s’inscrit parmi ceux qui façonnent l’histoire d’une nation. Mais voilà que son nom apparaît aussi sur une autre liste… Une bande dessinée percutante sur le pouvoir, la mémoire et le silence. Porté par une tension dramatique forte, ce livre s’inscrit dans la lignée des œuvres qui donnent voix aux non-dits. À travers le parcours d’un cinéaste célébré, il explore la mécanique de l’impunité et le coût du silence, en écho direct aux réflexions soulevées par le mouvement #MeToo. Après Memoria et La femme aux cartes postales, Jean-Paul Eid et Claude Paiement signent une nouvelle œuvre marquante. Leur maîtrise du récit graphique, leur sens du rythme et de la mise en scène donnent à cette bande dessinée une portée à la fois intime et universelle. Leur retour en tandem promet un livre aussi fort sur le fond que remarquable dans sa forme.
Jean-Paul Eid est né au Liban d'une mère belge, Sabine Martens, et d'un père libanais, Souhail Eid. Sa famille immigre au Québec en 1967 alors qu’il est âgé de trois ans
Après des études en arts plastiques et en dessin animé, il se lance, en 1985, en bande dessinée et en illustration.
wow! Une BD tellement d'actualité qui aborde la protection des violeurs, l'importance qu'on accorde à leur réputation alors que la vie des victimes est brisée. On y aborde aussi la culture de l'annulation. J'ai beaucoup aimé.
Les romans graphiques de Jean-Paul Eid sont toujours aussi excellents. Il a ce talent unique de montrer la vie telle qu’elle est, sans filtres. C’est le 3e que je lis de cet auteur, toujours aussi bouleversant!
Ça a pas grand chose a dire sur Me Too que ce qui a déjà été dit, ça recrache pas mal les arguments qui ont circulé sur les médias et les emballe dans une histoire fictive. C'est ben correct comme histoire bien qu'il y a quelques tics qui m'agacent comme des personnages qui se disent des choses qu'ils savent déjà pour les bienfaits de l'exposition dans le genre de "J'ai été ton perchiste à ton premier film et je suis producteur à ton dernier" (je cite de mémoire). Il reste que ça se lit bien.
C'est un récit merveilleusement intelligent. Le sujet est vraiment bien cerné, il y a beaucoup de messages entre les lignes qui amènent beaucoup de réflexions de société. Même si j'ai des opinions plutôt inébranlables sur le sujet, le pire dans cette histoire est que tout est mis en place pour qu'on s'attache aux personnages. Qui sont au fond tous pris en souricière... C'est profond, la narration est maîtrisée et la mise en scène parfaite. Eid est au sommet de son art, je n'ai jamais autant aimé son coup de crayon, alors que je le suis depuis "Les naufragés de Mémoria". Et on se reconnaît en tant que société québécoise, autant dans notre culture que dans nos jugements.
❤️ Roman graphique exceptionnel comme d’habitude avec Claude Paiement et Jean-Paul Eid. Les dessins sont d’une grande qualité, l’histoire très actuelle et importante. J’étais investie dans ma lecture et complètement captivée par les magnifiques dessins. Quel talent ! À lire !
Je suis pour toujours fan de ce duo qui produit des oeuvres toujours sensibles, cinématographiques. Je ne sais pas si on peut dire que ça amène la réflexion à un autre niveau, il aurait fallu que ça sorte il y a quelques années pour que ce soit percutant. Par contre, c’est beau. C’est fluide. Ça se lit comme un charme.
Décembre 2025. Tellement actuel. Pis c’est fou, une part de moi a figé aux mots de la biographe Novak à la fin de l’histoire:
Pensez au cauchemar que va vivre la pauvre Françoise. Pensez aux acteurs, aux producteurs qui seront privés d’un succès mérité. Personne fera la différence entre l’homme pis son œuvre. Tous ces films seront mis à l’index, plus jamais projetés, plus jamais disponibles. Combien de comédiens, de scénaristes, d’artisans vont voir leur travail sali, oublié, effacé! Mais ce qui risque pas mal plus d’arriver, c’est que les gens, ils voudront même pas y croire. Les deux témoins sont décédés! Pis le tribunal populaire finira par se retourner contre vous. Et c’est vous qui vous retrouverez sur le banc des accusés pour avoir voulu salir sa mémoire.
J’ai figé parce qu’on a internalisé ça. Cette façon de ne pas détruire le « pouvoir » parce qu’il a embarqué d’autres gens dans l’affaire, qu’il a fait rayonner, qu’il a ben du bel emballage doré. Et on l’aime notre confort autant matériel que moral. On a internalisé que la classe « au pouvoir » l’a mérité et que le bien qu’ils ont fait vaut plus que les quelques « erreurs » de parcours qui ne sont pas grand chose. Faudrait pas se faire retirer leurs « générosités ». Faque on protège nos privilèges.
Je travaille fort pour détricoter ces schémas mentaux pourris.
Excellente lecture et un travail artistique superbe.
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J’ai vraiment aimé cette BD. Coup de cœur total pour les illustrations de type cinématographiques de Eid.
L’histoire était super intéressante et portait à la réflexion. J’ai trouvé que c’était bien fait parce qu’à un certain point, je me suis demandée si le protagoniste avait vraiment quelque chose à se reprocher. Puis, je me suis sentie un peu flouée comme lectrice quand on découvre ce qu’a fait Germain. J’ai apprécié qu’on aborde le « narratif » qu’on peut se raconter à l’échelle nationale pour sauver la réputation de ceux qui nous font connaître et rayonner.
Je comprends ceux qui disent que post « me too » cette histoire a peu de pertinence. Je continue d’y trouver un certain écho et un intérêt de mon coté. J’espère que mon garçon la lira à l’adolescence.
Encore un chef-d’œuvre qui nous habitera longtemps après l’avoir lu. Une thématique controversée, un rythme qui nous pousse d’une page à l’autre. Ça se lit en un souffle et les images sont encore une fois magnifiques. Une bande dessinée à lire et relire.
Jean-Paul Eid, quel homme! Et Claude Paiement, belle découverte pour moi! J’ai eu besoin d’un petit 2 de temps en temps pour suivre la chronologie de l’histoire entre les tableaux, mais les fils se rattachent ensemble à la fin et tout s’éclaire. C’est merveilleux!
Intrigue solide. Scénario béton. Apporte une réflexion de fond et nuancée. Les regards des personnages sont tellement réussis. L'émotion passe à travers la page.
Excellente œuvre de Jean-Paul Eid ! Illustrations magnifiques, propos très actuels sur un grand artiste qui se retrouve dénoncé pour un abus à caractère sexuel.
Magnifique BD. Les illustrations de Eid me jettent à terre comme elles l'avaient fait dans Le petit astronaute. Thème intéressant, un viol dénoncé dans le mouvement #metoo (fictif).
« Mais les monstres, ça existe pas. C’est une image rassurante pour se convaincre que vous êtes une race a part. Comme si ça se pouvait pas que ce soit un frère, un ami, un amant… au fond, ce qui est monstrueux, c’est que vois êtes juste des gens ben ordinaires! » (Eid, Jean-Paul et Claude Paiement. Crue, p.145)
3.9 Pose les assises d’un débat extrêmement pertinent, d’un débat aussi frustrant qu’immoral.