Jump to ratings and reviews
Rate this book

La Gardienne

Rate this book

432 pages, Paperback

Published February 5, 2026

Loading...
Loading...

About the author

Sonja Delzongle

24 books23 followers

Ratings & Reviews

What do you think?
Rate this book

Friends & Following

Create a free account to discover what your friends think of this book!

Community Reviews

5 stars
18 (43%)
4 stars
14 (34%)
3 stars
6 (14%)
2 stars
3 (7%)
1 star
0 (0%)
Displaying 1 - 7 of 7 reviews
Profile Image for Sonia Pupier Goetz.
894 reviews38 followers
February 28, 2026
« La gardienne » de Sonja Delzongle est un roman qui s’insinue lentement sous la peau, comme une humidité froide qui ne vous quitte plus. Un huis clos familial noir, profondément psychologique, où la nature devient décor, refuge… puis menace. Un roman d’atmosphère, de tension et de domination, où le malaise psychologique prime largement sur l’action.

Un huis clos au cœur d’une forêt menaçante

Dans une forêt dense et inquiétante du Morvan, près d’un lac aux eaux opaques, s’élève une maison en bois coupée du monde. C’est là que la famille Olsen s’installe, fuyant une société jugée dangereuse après une agression brutale.

Ce déménagement n’est pas un simple exil : il devient un projet idéologique, un fantasme de protection et de contrôle. Frode, le père, rêve d’une « Petite Norvège », un refuge autonome, pur, sécurisé. Mais très vite, le lecteur comprend que cette promesse de protection dissimule une dérive plus sombre : celle de l’isolement imposé, du repli autoritaire et d’une emprise psychologique étouffante.

La nature n’est pas neutre : elle devient complice du silence.

Un thriller psychologique sur l’emprise et la peur

Le roman explore la frontière entre protection et enfermement. Ce qui devait sauver la famille devient un piège. Le huis clos familial se transforme progressivement en terrain de tensions, de secrets et de violences. Sonja Delzongle dissèque la peur du monde extérieur, la construction d’une paranoïa, la manipulation au sein du noyau familial, la manière dont un parent peut façonner, voire déformer, l’identité de ses enfants.

Les filles Olsen ne tardent pas à comprendre que la menace ne vient peut-être pas seulement de l’extérieur, mais aussi de l’intérieur même de leur foyer.

Sonja installe un malaise progressif. Frode ne crie pas, ne frappe pas (du moins pas frontalement), ne s’impose pas par la force brute. Il agit autrement, sournoisement.

C’est une violence structurelle, une violence invisible, psychologique, insidieuse. Et c’est précisément ce qui rend le roman si dérangeant : rien n’est spectaculaire, tout est lent, progressif, normalisé.

Des personnages marqués par le trauma et le silence

Rune est l’un des personnages les plus troublants du roman. Élevée comme un garçon, blessée par la violence du monde, elle incarne une identité fracturée, tiraillée entre ce qu’elle est, ce qu’on attend d’elle et ce qu’on lui impose.

Chacun porte ses blessures, ses illusions, ses contradictions. Frode, notamment, est un personnage ambivalent : à la fois protecteur et tyrannique, aimant et inquiétant.

Ce qui frappe, c’est la progression psychologique : la tension ne repose pas uniquement sur l’intrigue, mais sur l’évolution intérieure des personnages, leur peur, leur lucidité progressive et leur désir de liberté.

« Chacun de nous a des parts obscures, et d’autres plus lumineuses. Parfois, c’est l’ombre qui l’emporte. »

Le refuge, promesse ou piège ?

La grande force du roman, c’est ce renversement symbolique : ce qui est censé protéger devient ce qui enferme, ce qui est censé sécuriser devient ce qui détruit, ce qui est censé sauver devient ce qui abîme.

La « Petite Norvège » n’est pas un refuge. C’est une bulle de contrôle. Un micro-monde où une seule vision est autorisée.

Une réalité unique, imposée, verrouillée.

Et c’est là que « La gardienne » devient profondément politique et sociologique : le roman parle de famille, mais aussi de radicalisation douce, de repli identitaire, de peur de l’autre, de construction idéologique par l’isolement.

Écriture, rythme et atmosphère

La plume de Sonja Delzongle est froide, tendue, sensorielle. Tout est dans l’ambiance, le non-dit, les silences, les regards, les tensions diffuses.

Le rythme est volontairement lent, c’est une lente descente, une pression continue, un étouffement progressif. Un roman qui n’explose pas : il asphyxie.

Ce que « La gardienne » raconte vraiment

« La gardienne » dissèque avec une précision glaçante les mécanismes d’une violence intime, invisible, profondément destructrice. Sonja Delzongle explore la domination familiale dans ce qu’elle a de plus insidieux : une autorité qui ne se revendique jamais comme telle, mais qui s’exerce au nom du bien, de la protection, de l’amour. Le contrôle parental devient ici un outil de pouvoir absolu, justifié par la peur du monde extérieur et par un traumatisme instrumentalisé. Peu à peu, cette peur est construite, entretenue, nourrie, jusqu’à devenir un cadre de pensée unique, un prisme à travers lequel tout doit être perçu.

L’isolement n’est alors plus seulement géographique, il devient idéologique. En coupant ses filles du monde, Frode façonne leur réalité, impose sa vision, verrouille toute possibilité de contradiction. C’est le cœur de l’emprise psychologique : faire croire qu’il n’existe pas d’alternative, que toute autre vie serait nécessairement dangereuse, violente, destructrice. Dans cet enfermement, les identités se dissolvent. Les filles Olsen ne sont plus libres de se construire ; elles sont remodelées selon une volonté qui n’est pas la leur. La dépossession identitaire est progressive, presque imperceptible, mais irréversible.

« La gardienne » raconte ainsi une manipulation sous couvert de protection, une violence qui ne crie pas, qui ne frappe pas, qui ne laisse aucune trace visible. Une violence lente, méthodique, normalisée, qui agit par le silence, la peur et la dépendance. C’est une violence qui ne fait pas de bruit.
Celle qui ne laisse pas de bleus sur la peau.
Celle qui, pourtant, détruit en profondeur.

La figure de la gardienne

Un autre niveau de lecture s’impose peu à peu, plus subtil, presque troublant : « La gardienne » n’est pas qu’un titre, c’est une présence. L’un des personnages endosse ce rôle, consciemment ou non, et veille sur quelque chose, ou sur quelqu’un. Garder, ici, ne signifie pas forcément protéger. Garder, c’est surveiller, retenir, préserver un ordre établi, empêcher le mouvement. Cette figure de la gardienne incarne cette frontière floue entre soin et contrôle, loyauté et soumission, protection et enfermement. Elle est à la fois rempart et verrou, témoin et actrice d’un système qui se perpétue parce qu’il est accepté, intériorisé, parfois même défendu.

Mon ressenti de lectrice

J’ai trouvé « La gardienne » puissant, sombre et dérangeant, dans le bon sens du terme. C’est un roman qui met mal à l’aise, qui pousse à réfléchir et qui interroge notre rapport à la protection, au contrôle et à l’éducation.

On n’en sort pas secoué par l’action, mais par la prise de conscience. Par ce que le livre montre de la famille, du pouvoir, de la peur, de la domination. C’est une lecture qui ne cherche pas à plaire. Elle cherche à déranger. Et, clairement, elle y arrive à la perfection !

Pourquoi je lis toujours les romans de Sonja Delzongle ?

Ce que j’aime profondément chez Sonja Delzongle, c’est sa capacité à ne jamais se répéter. À chaque nouveau roman, elle change de registre, de ton, de terrain, parfois même de manière radicale, prenant le lecteur à contre-pied là où il ne l’attend pas.

Elle explore d’autres thématiques, d’autres formes de noirceur, d’autres tensions, sans jamais s’installer dans une zone de confort. Et pourtant, malgré ces virages parfois à l’opposé de ses livres précédents, la magie opère toujours. Chaque lecture devient une nouvelle expérience, un nouvel enchantement, une promesse renouvelée. Lire Sonja Delzongle, ce n’est pas chercher à retrouver un schéma familier, c’est accepter de se laisser surprendre, bousculer, déplacer, et c’est précisément pour cela que je la suis, livre après livre, avec la même confiance et le même plaisir.

Pour qui ?

Les lecteurs qui aiment les thriller psychologiques
Ceux qui sont friands de huis clos
Les amateurs de romans lents, tendus, oppressants
Les lecteurs sensibles aux thématiques de domination, d’emprise, de violence invisible

Conclusion

« La gardienne » est un roman sombre, intelligent, dérangeant, profondément humain dans sa noirceur. Un roman qui laisse une trace. Silencieuse. Mais durable…

« Plus tu sais de choses, plus tu es libre. Ce que tu sais, on ne peut pas te l’enlever. »

Un grand merci à NetGalley et à Fleuve Noir pour cette lecture.

#Lagardienne #SonjaDelzongle #Fleuve #NetGalley
Profile Image for Hajer.
780 reviews
March 6, 2026
2.5
un texte dont le déroulement est aussi intéressant que la fin est décevante.
447 reviews10 followers
February 12, 2026
A la suite de l’agression au collège de leur plus jeune fille, les époux Olsen quittent la Norvége pour s’installer au coeur des forêts sombres du Morvan. Les filles seront descolarisées, le potager, la chasse et la pêche que Frod pratique avec excellence leur permettront de vivre en autharcie. Ainsi l’a t-il décidé, envers et contre tous. Tandis que Gerda, l’aînée est reléguée avec sa mère aux tâches ménagères, Rune la plus jeune, la préférée, est initiée à la nature sauvage, se forge un caractère de guerrière et survit aux côtés de son père… Mais la Petite Norvège, le hameau paradisiaque qui abrite ce microcosme familial, devient sous le joug du père un enfer. Par ailleurs, dans les environs disparaissent des jeunes filles à intervalles réguliers depuis plusieurs années…

Le récit s’étire sur plus de vingt ans et relate le destin de deux soeurs élevées sous l’emprise d’un père violent. Leur passage à l’âge adulte est marqué par un évènement horrible qui détruit la famille. Gerda, dont le prénom signifie « la gardienne », devenue gendarme sous une nouvelle identité, enquête sur une série de disparitions. Son père un temps suspecté est-il le coupable ?

En prologue, Sonja Delzongle mentionne le souhait d’écrire une forme de conte : sous sa plume, la nature grandiose, magnifiée se transforme en piège fatal. Mais ne nous y trompons pas, l’homme est à l’origine du marasme, l’homme par son arrogance et sa violence détruit les siens, femme et enfants, se condamne lui-même. Une morale actuelle et des thématiques sociales effleurent ce roman: les violences intrafamiliales, incestuelles, le harcélement scolaire, le survivalisme… Malheureusement, et en dépit des sujets évoqués, je n’ai pas adhéré… Le manque de cohérence entre les sujets évoqués qui partent dans tous les sens, le rythme alourdi par de longues descriptions, et par ce souhait de l’autrice de vouloir coller au conte avec une histoire qui s’étire sur plus de vingt ans. Les personnages n’ont éveillé en moi aucune empathie, pourtant les situations vécues par la mère de famille et les deux adolescentes sont très difficiles… L’électrocardiogramme est resté plat. Echec donc en ce qui me concerne, mais il vous convaincra peut-être. J’ai préféré Apnée, ma seule autre lecture de l’autrice, plus rythmé et divertissant. Merci aux Editions Fleuve via Netgalley pour cette lecture.
Profile Image for Creotivemedia.
1,332 reviews10 followers
Review of advance copy received from Goodreads Giveaways
December 23, 2025
Dans La Gardienne, Sonja Delzongle installe une tension sourde et implacable au cœur d’un décor en apparence protecteur. La forêt du Morvan, le lac sombre, la maison de bois : tout concourt à créer l’illusion d’un refuge, d’un retour à une forme de pureté originelle. Mais très vite, le roman démonte cette promesse pour révéler un huis clos inquiétant, où la nature ne protège pas, elle enferme.

L’autrice explore avec finesse les mécanismes de l’isolement familial, nourri ici par la peur du monde extérieur. Le père Olsen, figure autoritaire et ambiguë, impose sa vision de la sécurité au nom de l’amour et de la survie. En cherchant à soustraire ses filles à la violence sociale, il les place sous une emprise plus insidieuse encore, où les règles se durcissent et les libertés s’effacent. Cette tension entre protection et domination constitue l’un des axes les plus puissants du roman.

Le personnage de Rune, élevée comme un garçon après une agression traumatisante, incarne à lui seul les contradictions de cette fuite en avant. Delzongle interroge avec justesse la construction de l’identité, la violence faite aux corps et aux rôles imposés, sans jamais tomber dans le didactisme. Les points de vue, subtilement travaillés, donnent au récit une densité psychologique remarquable, où chaque silence devient suspect, chaque geste lourd de sens.

Maîtrisant parfaitement les codes du thriller psychologique, Sonja Delzongle distille une angoisse progressive, presque organique. Le danger n’est jamais frontal ; il se glisse dans le quotidien, dans la routine, dans les non-dits. La Gardienne s’impose ainsi comme un roman tendu et profondément dérangeant, qui questionne la frontière fragile entre protection et enfermement, et rappelle que les pires menaces ne viennent pas toujours de l’extérieur.
11 reviews
May 10, 2026
j’ai bien aimé l’intrigue et l’atmosphère glaçante globale.
Sonja Delzongle donne toujours naissance à des personnages complexes dont les mécanismes psychologiques rendent la lecture rythmée et fertile à la réflexion.
j’ai pourtant trouvé que ça manquait de vrais plot twists, le dénouement est finalement assez plat. la profondeur des personnages n’est, à mon humble avis, pas exploitée à son maximum me laissant un goût de « mouais » tout au long de mon voyage dans la petite Norvège…
Displaying 1 - 7 of 7 reviews