Se libérer du mythe de l'IA, se garder des manipulations et prendre conscience de son impact social et environnemental. Un dossier essentiel, pour aider à la "désescalade numérique". Une citation de Celia Izoard : "Le capitalisme a inventé les pollutions invisibles... Cette invisibilité est la clé de son impunité : pas vu pas pris." (p. 46) Nous nous rendons coupables de l'écocide du fait de notre aveuglement ou de notre ignorance quant aux effets du numérique, de l'IA, du "cloud", etc. Ce principe d'inconséquence est une des clefs pour comprendre la situation de l'Humanité et, probablement, notre impuissance à résoudre les problèmes que nous avons créés. Autre sujet d'alarme : le prosulfocarbe. Encore un scandale sanitaire et écologique, encore un constat de la veulerie des pouvoirs publics. L'État, censé agir pour le bien commun et protéger la population, se commet systématiquement avec l'industrie, suivant un calcul économique complètement vicié. L'entretien fleuve avec Lucas Chancel, un des brillants "Picketti boys", porte sur le lien entre inégalité et énergie (notion de "régime énergétique"). Encore une belle livraison de cette revue !