(Adeline) Virginia Woolf was an English novelist and essayist regarded as one of the foremost modernist literary figures of the twentieth century.
During the interwar period, Woolf was a significant figure in London literary society and a member of the Bloomsbury Group. Her most famous works include the novels Mrs. Dalloway (1925), To the Lighthouse (1927), and Orlando (1928), and the book-length essay A Room of One's Own (1929) with its famous dictum, "a woman must have money and a room of her own if she is to write fiction."
Avec Baisers du singe : Correspondance, que j’ai pas lu un peu chaque jour, on découvre bien plus qu’un simple échange de lettres : c’est toute une vie qui circule entre deux sœurs, faite de confidences, de créations, de douleurs et d’affection. De 1904 à 1941, Virginia Woolf et Vanessa Bell s’écrivent presque chaque jour, construisant une conversation riche où l’intime rejoint l’histoire littéraire et artistique du XXe siècle. Cette correspondance naît dans le deuil. Leur mère est morte alors qu’elles étaient encore jeunes, puis leur demi-sœur disparaît à son tour. En 1904, l’année où meurt leur père, Virginia fait une première tentative de suicide. Ce passé douloureux, auquel s’ajoutent les violences subies dans l’enfance, semble avoir soudé les deux femmes dans un lien d’une rare intensité. Pendant quarante ans, chacune devient pour l’autre un refuge, un phare dans les tempêtes. Le livre s’ouvre d’ailleurs sur la fragilité psychique de Virginia et se clôt sur cette lettre bouleversante adressée à Vanessa quelques jours avant sa mort : « J'ai lutté, mais je n'y arrive plus ». Entre ces deux bornes tragiques, la vie déborde pourtant de partout. On suit leurs mariages, leurs amours, leurs voyages, leurs maisons successives, les drames familiaux et surtout leur travail artistique. Il est passionnant d’entrer dans les coulisses de la création, de voir naître les idées de romans ou de tableaux, morceau par morceau. J’ai davantage apprécié cette dimension créative et la tendresse sororale que les nombreux potins mondains, parfois interminables. Certaines longueurs auraient mérité une sélection plus resserrée. Derrière la liberté affichée (amants, maîtresses, cercles intellectuels du Bloomsbury Group) se dessinent aussi des angles plus sombres et une vision du monde marquée par les hiérarchies sociales, parfois teintée de condescendance. Mais cette édition reste fascinante, enrichie de photographies, d’œuvres de Vanessa et d’un remarquable appareil critique. Derrière les sarcasmes, l’humour mordant et les cancans apparaît surtout l’attachement indestructible de deux femmes libres, brillantes et profondément modernes.