Outre-espace. Temps futurs. Depuis des millénaires, Tay abrite une humanité parfaitement adaptée aux conditions d’un monde-océan. Pour le jeune Ptey, le moment est venu de rejoindre la Maison de Multiplication et découvrir les huit personnalités qui le constituent, ses Aspects — un rite de passage essentiel qui le changera à jamais. Mais dans le ciel de Tay, depuis des décennies maintenant, se presse la Communauté anpreen, huit cents vaisseaux titanesques à la coque de glace nanorenforcée en quête de ressources. Car aussi puissante que soit l’Anpreen, cette très vieille espèce du Clade, elle n’en est pas moins en fuite — et en ruine. En effet, l’armada anpreen n’est que l’écho d’un conflit immensément plus vaste, et l’Ennemi est sur ses talons, il approche, il sera bientôt là. Quel sort réservera-t-il au paisible monde de Tay une fois l’objet de son ire réduit à néant ? Pour Ptey reste la fuite, mais pour aller où ?
Ian Neil McDonald was born in 1960 in Manchester, England, to an Irish mother and a Scottish father. He moved with his family to Northern Ireland in 1965. He used to live in a house built in the back garden of C. S. Lewis's childhood home but has since moved to central Belfast, where he now lives, exploring interests like cats, contemplative religion, bonsai, bicycles, and comic-book collecting. He debuted in 1982 with the short story "The Island of the Dead" in the short-lived British magazine Extro. His first novel, Desolation Road, was published in 1988. Other works include King of Morning, Queen of Day (winner of the Philip K. Dick Award), River of Gods, The Dervish House (both of which won British Science Fiction Association Awards), the graphic novel Kling Klang Klatch, and many more. His most recent publications are Planesrunner and Be My Enemy, books one and two of the Everness series for younger readers (though older readers will find them a ball of fun, as well). Ian worked in television development for sixteen years, but is glad to be back to writing full-time.
Sur Tay, chaque adolescent doit passer par le rituel des Multiplications qui, s’il est réussi, leur permet de « déplier » leur personnalité en huit aspects. Nous suivons ici le jeune Ptey au moment où il passe le rituel, alors qu’un conflit avec les anpreens menace. ⠀ Bon, disons nous les choses franchement, je n’ai pas aimé cette novella dont j’ai trouvé le potentiel complètement gâché. ⠀ Pour moi, le premier gros souci c’est le format que l’auteur ne maîtrise pas du tout à mon sens. Son histoire était plutôt ambitieuse mais un peu trop pour un format aussi court. La conséquence est que tout va beaucoup trop vite sans être vraiment développé. Sauf que l’univers et le concept étant un peu denses, ça rend les choses souvent assez peu compréhensibles. Au final, j’ai trouvé que c’était survolé, précipité, et plutôt bancal dans l’ensemble. ⠀ D’ailleurs, je disais que c’était dense mais j’ai vraiment eu l’impression que c’était une densité assez artificielle, comme si l’auteur faisait en sorte que ça a l’air compliqué parce que ça fait « plus intelligent »… ⠀ Mon second problème, c’est que j’étais vraiment très hypé par ce concept d’aspects, cette idée que chaque personne a plusieurs personnalités qui peuvent s’exprimer selon le contexte, selon les besoins du moment. Sauf que dans les faits… ⠀ Le premier aspect de Ptey qu’on rencontre c’est celui qui correspond à la puberté et à l’éveil sexuel. Ses préoccupations sont donc essentiellement les seins d’une de ses camarades et sa propre « bite qui gonfle » (ça revient plusieurs fois parce que c’est important, vous imaginez bien). Bon, je me suis dit que c’était la puberté du personnage et que j’allais laisser le bénéfice du doute à l’auteur (en vrai j’étais déjà braqué parce qu’un homme, quinquagénaire au moment de l’écriture, qui s’emballe sur des corps adolescents, bon…). ⠀ Et puis ensuite on découvre d’autres aspects, et on comprend que finalement, les aspects sont juste une bonne excuse pour aller coucher à droite à gauche sans culpabilité : « c’est pas moi, c’est mon autre aspect, j’y peux rien ! ». Comment gâcher une super idée pour en faire un truc complètement trivial… ⠀ Après ça, j’avoue que j’ai pas mal décroché et que je n’ai plus tellement fait d’efforts pour m’intéresser plus à l’histoire. J’aurais vraiment du mal à vous conseiller cette novella mais je serais quand même curieux de voir si d’autres personnes ont réussi à en tirer du positif, peut-être en faisant abstraction de ces… aspects.
La description à plusieurs reprise et sans équivoque du corps pre-pubescent d’une jeune fille, puis des scènes sexuelles explicites entre elle et un autre enfant de 12 ans. Beurk. SF ou pas SF, humain du future ou pas, l’auteur a le choix des mots et a choisit de ne laisser aucun doute sur la maturité des corps pour évoquer une image spécifique. Cela n’aurait rien changé à l’histoire de (1) soit ne pas donner d’âge précis, (2) soit de leur donner 4 ou 5 ans de plus. L’auteur voulait évoquer exactement ces scènes entre enfants. Pari réussi, j’ai vomi.
Superbe expérience de lecture que cette novella de Ian McDonald à l'ambition démesurée. L'auteur fait preuve d'une telle inventivité dans les concepts que la lecture du premier tiers est assez ardu, tant le foisonnement des concepts, à peine esquissés, est permanent. L'ambition portée par ce petit texte d'une centaine de pages est impressionnante. On découvre un space opéra teintée de hard science, qui devrait normalement couvrir quelques tomes. J'ai par moment pensé à Alastair Reynolds.
6 ans après Le Temps fut, cet important auteur de SF britannique revient dans la collection »Une Heure Lumière » du Bélial, non plus pour une enquête pleine d’émotion, mais pour un sense of wonder renversant. Quel auteur multiforme !
Précédé de sa réputation de finaliste des trois prix, quand même !, Hugo, Sturgeon et Locus en 2009, j’étais très curieuse de découvrir la science fiction imaginée ici par McDonald. Et en effet, dès les premières lignes, il envoie du lourd : une nouvelle humanité, adaptée à un monde-océan, la possibilité d’abriter huit personnalités/aspects et dans le ciel la communauté des Anpreen et ses 800 vaisseaux titanesques en quête de ressources et en fuite suite à un vaste conflit dont on n’a pas conscience mais qui approche. Clairement le contexte envoie !
L’auteur fait pourtant un choix contre-intuitif. Il fragmente son histoire en 8 moments, un pour chaque Aspect, qui vont porter un regard très très extérieur à ce vaste univers, ou plutôt un regard intérieur comme celui de l’être qui vit sa vie sans se rendre compte de l’immensité de ce qu’il se passe autour de lui. Un parti pris qui m’a séduite et perdue à la fois. Je l’ai trouvé à la hauteur de ce que l’on vit nous-même. On a conscience des guerres qui ont lieu mais nous n’en sommes pas partie prenante et les conséquences ne viennent pas jusqu’à nous. C’est ce qui arrive également à Ptey, pardon Nejben, ou devrais-je dire Serejen, Torben, Jedden, Homme Rapide ou Oga. A chaque changement de personnalité, il découvre un aspect du monde qui l’entoure et nous avec lui, mais sans pour autant que lui ou nous en saisissent toutes les conséquences, toute l’ampleur avant qu’il ne soit trop tard. Une sorte de spirale paranoïque ou schizophrénique infernale, jouissive et perturbante où il faut accepter de se laisser tomber pour sentir le vertige de l’oeuvre.
En matière de SF, l’auteur m’a bien retourné la tête. Les pages où il décrit les changements de personnalités des habitants de Tay dans la Maison de Multiplication étaient magiques. J’ai également beaucoup aimé quand Ptey – Oga se fond dans son vaisseau et ne fait qu’un avec lui pour prendre en main l’arrivée de ce conflit sur eux dans une tentative posthumaniste extrême. C’est le genre de pages à me mettre des étoiles dans les yeux et la tête sans dessus dessous. Cependant petite frustration d’en rester là, face à des concepts qui auraient mérité au moins un tome entier à eux seuls, alors que là nous n’avons que des bribes de ce que ça pourrait donner. D’ailleurs je n’ai pas encore lu l’auteur dans ses textes longs, mais j’ai acheté son Fleuve des dieux donc je vais bientôt le découvrir dans ce format où j’espère ressentir moins de frustration, car décidément j’aime ses idées, moins ses formats à ce jour.
Découverte d’un nouvel aspect de la science fiction d’Ian McDonald, auteur très imaginatif, qui a les idées, qui sait les porter sur des lignes magiques, mais qui parfois peine ensuite à les nourrir et surtout les élaguer pour faire naître une histoire plus conséquente, cohérente et passionnante comme entraperçue. J’ai aimé son sense of wonder ici. J’aurais aimé un tome et non 100 pages sur la planète Tay, la Maison des Multiplications et ses Aspects, la Communauté Anpreen et ses vaisseaux, et le conflit immense dont les échos s’approchent et viennent nous prendre. Une envie de poursuivre, monsieur ?