Jana, une enfant libre et indocile, court les pâturages, s’allonge dans les fourmilières et voudrait vivre dans la forêt. Elle inquiète ses parents et suscite l’émerveillement d’Ivo, son demi-frère, qui fait de son mieux pour la protéger. Dans la petite ville des montagnes jurassiennes où vit la famille, des centaines d’ouvrières et d’ouvriers assemblent des caméras et boîtes à musique vendues partout dans le monde. Mais à la fin des années soixante, cette industrie de fine mécanique décline, et Jana, adolescente, est enfermée. Implacable, la société menace de broyer celle qui refuse d’en être un rouage.
Pour évoquer une page sombre et méconnue de l’histoire suisse, Roland Buti met en scène des personnages hauts en couleur, malmenés par l’existence, auxquels il donne vie par son écriture sensuelle et malicieuse.
´Les secrets sont impossibles. Elle n’a pas d’amies. C’est chacun pour soi. Alors, à force d’être seule, elle essaie de devenir sa meilleure alliée.´ C’est ce qu’on ressent quand on est enfermée dans un hôpital psychiatrique. On n’en sort jamais indemne. Histoire poignante d’une fille qui n’arrive pas à s’adapter au rythme fou de la vie ‘normale’.
« Elle se déplaçait avec une lenteur simple, avec le relâchement de celle qui a renoncé à comprendre le fondement des choses.
Roland Buti déploie dans Les petites musiques une prose délicate, riche de phrases à la fois simples et mélodieuses, et de silences qui pèsent.
Dans une petite ville ouvrière du Jura, l’auteur esquisse le portrait d’une époque qui se fissure. La fin d’un monde industriel engendrant l’enfermement des esprits, où la communauté observe, juge et décide sourdement. Et au centre, la jeune Jana incarne tout ce que la société cherche à tenir à distance : la différence, l’indocilité, l’essence brute et pure avant la conformité.
Mais là où Buti choisit la retenue, j’aurais aimé que sa réclusion forcée et ses conditions de détention soient plus développées. Surtout ce pan de l’histoire, marqué par des pratiques plus fréquentes et plus dissimulées qu’on ne l’imagine, mérite d’être mieux éclairé.
Un texte court, mais qui laisse une empreinte en abordant la peur, la violence et la manière dont un groupe peut isoler un individu, même et surtout à son plus jeune âge. Sous la douceur de l’écriture, l’écho des thèmes résonne encore fortement avec notre époque.
« Une âme ne trouve jamais la paix quand elle est libérée très loin de la terre qui lui a donné naissance. C’est ce que disent les vieux de mon village. »
« On nous oblige. Alors il suffit de jouer à ne pas être soi-même. Se transformer en une machine obéissante dépourvue de raison, en apparence sans liberté propre. »
*Lecture offerte dans le cadre du Club des Lecteurs Folio.
No es malo, pero siento que no te llegas a asentar en ninguna cosa. No te compenetra con todo lo interesante que tiene, y más allá de explicar a los personajes no los explora.
Une écriture délicate, une vraie empathie pour ses personnages, l’auteur nous emmène au cœur de ces âpres montagnes jurassiennes, où il est si difficile d’être différent.
Moi aussi, je voudrais m'allonger sur ces tertres douillets et me laisser envahir par les habitantes fourmis. Ce livre est un bijou de tendresse et sa tristesse me réconforte étrangement.