"Ce qui importe à Juana Inés de la Cruz, c’est le chemin du labyrinthe, la vérité que le dédale cachait à Thésée, et que seul le fil d’Ariane pouvait révéler, puisque l’amour était au bout."
Dans ce récit lumineux, J. M. G. Le Clézio se penche sur trois figures mexicaines de son panthéon personnel : la poétesse sœur Juana Inés de la Cruz (1651-1695), génie méconnu et féministe avant l’heure ; l’écrivain Juan Rulfo (1917-1986), mythique auteur du roman Pedro Páramo et d’un seul recueil de nouvelles, véritable inventeur du réalisme magique ; et Luis González y González (1925-2003), historien de son village perché natal, qui est la première expression de ce qui deviendra plus tard la microhistoire. Par leur attachement à la terre, leur "mexicanité" instinctive et leur recherche d’authenticité dans l’écriture, Cruz, Rulfo et González illustrent des thèmes chers au plus mexicain des auteurs français.
J’avais envie de lire un Le Clézio depuis longtemps, et j’ai profité de la sortie de ce nouveau dispo sur les rayonnages de ma bibliothèque pour m’y essayer. Sans savoir de quoi il s’agissait. J’ai apprécié la plume de Le Clézio, qui saisit les paysages et les hommes. J’ai été intéressé par la découverte de deux auteurs: Soeur Juana de la Cruz, dont un des poèmes très féministe m’a paru d’une modernité affolante alors qu’il date du 18e (signe qu’on n’a pas tant avancé) et Luis Gonzalez dont l’idée de la microhistoire m’a intéressé (même si je m’interroge sur le sens que cela aurait aujourd’hui alors que les frontières ont été abattues par le numérique). J’ai été ravi d’en savoir plus sur Juan Rulfo (et j’ai eu envie de relire Pedro Paramo). Mais je me suis aussi un peu ennuyé. Par ailleurs, l’introduction laissait entendre des connexions entre les textes que je n’ai pas retrouvées. Et il m’a manqué un lien avec les Mexique d’aujourd’hui qui m’aurait intéressé (et que j’ai plus retrouvé dans Médée Mexico ou 2666, lus en ce début d’année - hasard qui place ce pays 3 fois en 2 mois dans les pages que je tiens entre mes mains). J’essaierai un autre livre de l’auteur car son écriture ne m’a pas déplu