Un passeport égaré devient le déclencheur d’un récit mordant où se mêlent dérive intime et chaos collectif. Dans un Montréal saturé de files d’attente et d’institutions fédérales défaillantes, une femme vacille entre l’usure de son couple, l’angoisse sourde du quotidien et l’ironie de l’époque. Sur les conseils insensés de Service Canada, elle se retrouve embarquée dans un train pour Jonquière sans bagages ni plan, comme aspirée par la logique d’une fuite à la fois improbable et inévitable. Dans cette échappée au parfum d’errance et d’excès, l’absurde prend des allures de destin : une nuit de fête devient la scène d’un possible recommencement, où l’évidence fragile d’un nouvel amour surgit au coeur du chaos.
En 188 pages, la narratrice nous parle de sa relation problématique avec son chum, de la mort de son père, de l’incompétence du gouvernement, du coût de la vie, des voyages, de l’anxiété, de nos systèmes administratifs défaillants, du sexe, de l'amour et de son métier d’écrivaine.
C'est trop et en trop peu de pages, c'était donc difficile de trouver un fil conducteur au récit.
C'est dommage car certains débuts de réflexions étaient intéressants, et c'est justement quand je voulais en entendre plus qu'on changeait de sujet.
C’est l’histoire d’Héloïse qui n’en peut plus de sa vie de couple et qui désire se sauver en Suisse, encore une fois. Mais nous sommes à l’époque de la crise de passeport Canada lors de la pandémie. On va la suivre à travers ses réflexions que ce soit, sa relation à sens unique avec son père maintenant décédé ou bien avec son chum qui bat de l’aile. Elle part sur un coup de tête à Chicoutimi dans l’espoir que l’attente des bureaux de passeport Canada sera moins longue…
On aborde la politique, la bureaucratie qui se fout de nous ainsi que l’envie de crisser le camp lorsque tout ne va plus. C’est lent, c’est long, c’est chiant par moment. Ça ne finit plus de finir et ça se termine en nous laissant en plan.
Vraiment j’ai perdu mon temps. Mais l’écriture est agréable et ça coule d’où pourquoi je l’ai terminé.
« Tout ce qui est beau finit toujours par s’effondrer : rien ne dure jamais dans la vie. Il faut en profiter davantage. Reculer dans la joie, cesser d’avancer quelques heures de plus. Saisir l’éblouissement avant qu’il ne se volatilise pour toujours. »
Je ne comprends pas les critiques si négatives. Pour ma part, c’était une lecture forte, anxiogène et libératrice à la fois, avec une narratrice très relatable. J’ai beaucoup aimé le ton cynique et amer propres à notre époque. Je partage avec Héloïse la frustration de la bureaucratie, du système qui s’écroule avec nous dessous. Je partage avec elle l’angoisse existentielle, le besoin de liberté, d’indépendance. Honnêtement, c’est un roman que j’aurais pu écrire. 🌠
Je pensais ne pas aimer ce livre au début… puis certaines réflexions ont commencé à m’accrocher, surtout dans les passages plus introspectifs.
Mais au final, ça n’a pas tenu.
Le roman aborde plusieurs enjeux sociaux intéressants (crise du logement, dépendance dans les relations, absurdités administratives), sans jamais vraiment les approfondir. Tout reste en surface, ce qui donne une impression d’éparpillement.
J’ai aussi eu beaucoup de difficulté avec le décalage entre la critique du système et la position du personnage, qui semble en bénéficier. Ce paradoxe — peut-être intentionnel — n’est pas assez travaillé pour être convaincant.
Je reconnais certaines pistes pertinentes, mais ça m’a surtout laissée frustrée.
Une lecture en demi-teinte qui, au final, m’a davantage agacée qu’autre chose.
Tsé quand t'as envie de dire "Ta yeule" au personnage principal, genre constamment.
Fack c'est l'histoire d'une Montréalaise gâtée pourrie et dépendante affective qui ne réussit pas à obtenir son passeport une semaine avant de partir en Suisse au temps de la Covid-19. Elle va donc à Chicoutimi dans l'espoir que ça aille plus vite. Elle embrasse un dude qui n'est pas son chum. Fin.
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D’emblée, ce roman m’a parlé: une protagoniste jeune trentenaire montréalaise semi en contrôle de son existence, ça me réjouit. La voix empreinte d’une poésie du banal m’a fait dévorer le récit en deux jours. Je me suis aussi beaucoup reconnue dans la propension de la narratrice à idéaliser/fictionnaliser les événements. Cela dit, j’ai été déçue du chemin parcouru une fois arrivée à la dernière page. J’ai le sentiment d’avoir assisté à une amorce, mais qu’il n’y a pas trop eu de destination.
J’ai beaucoup apprécié le concept, notamment l’utilisation de la crise des passeports comme élément déclencheur de la quête du personnage.
La protagoniste est d’ailleurs particulièrement intéressante et intrigante. Surtout qu’elle n’a pas sélénium ce qui nous pousse à croire que c’est une genre d’auto fiction de l’auteur.
Cependant, le roman souffre de sa brièveté, qui limite le développement de l’histoire et des personnages. La protagoniste semble peu évoluer, malgré certaines décisions qui la font sortir de sa trajectoire initiale. On a l’impression qu’elle n’avance pas réellement sur le plan personnel, même après son road trip qui «devait» la changer. J’aurais voulu en connaître plus et avoir un meilleur ’aboutissement.
Kafka rencontre les rom-coms du début des années 2000.
Une histoire dynamique, ensoleillée, qui défie l'injonction littéraire qui demande de « montrer au lieu de dire ». Raconté comme une histoire complètement folle par une vague connaissance qui avait soudainement besoin de parler après deux coupes de vin au bar, L'amour et la fête est un récit byzantin, parfois étourdissant qui passe par St-Jean-sur-Richelieu pour se rentre à St-Sauveur. C'est à la fois son charme et son problème. On y est passagers, mais pas copilotes.
Beaucoup aimé les derniers chapitres. J'ai été un peu frustré que ça finisse tout juste au moment d'aborder les zones plus douloureuses.
Quelle déception! Aucune évolution psychologique du personnage et le fil conducteur se remet à suivre une histoire de passeport inaccessible dans une époque post-pandémique. L’héroïne ne vit que des coups bas et est l’autrice de ses propres malheurs. On dirait qu’il manquait des bouts… le récit passe parfois du coq à l’âne comme si on avait enlevé un (ou plusieurs) paragraphes.
J’ai beaucoup aimé la narration. Mais la fin me laisse amer. On y voit un développement au courant de la lecture. J’ai comme L’impression que c’est elle qui est problématique mais pas son chum. Ni son père.